Danger: une élection peut en cacher une autre!

Si plusieurs analystes pensent que l’élection annoncée cette semaine par Justin Trudeau peut nous offrir des surprises, et bien il faudra repasser. Contrairement à l’élection de 2015 où trois partis aspiraient au pouvoir, celle-ci ramène la lutte à quelque chose de plus traditionnel, soit un combat entre le rouge libéral et le bleu conservateur.

Ici, au Nouveau-Brunswick, les analystes nous disent simplement que les électeurs (trices) vont retourner à leurs anciennes habitudes d’élire cinq députés libéraux (peut-être six) et cinq députés conservateurs. La surprise ne sera pas que le sud-ouest de notre province retourne aux conservateurs après une brève incursion libérale en 2015. La véritable surprise fut que ces comtés aient voté libéral la dernière fois.

Chose intéressante s’il en est une dans notre province, c’est bien la polarisation des électeurs selon une carte politique parfois linguistique, parfois géographique. De façon absurde, les électeurs des trois comtés entourant la région de Saint-Jean veulent voter pour un projet d’oléoduc qui ne verra jamais le jour puisqu’il ne fait pas de sens. De penser pour un instant qu’un gouvernement, qu’il soit rouge ou bleu, pourrait faire revivre ce projet relève d’un manque de réalisme et d’une imagination très fertile. Les régions acadiennes ne semblent pas prêtes à échanger leur députation actuelle, puisque depuis l’époque de Stephen Harper , les militants conservateurs francophones se sentent à tout le moins étrangers dans ce parti dogmatique et moralisateur.

Quant aux verts, ne nous faisons pas d’illusions, ils ne provoquent pas de vagues à l’heure actuelle. Ils ne font que prendre le vote progressif laissé là par un parti néo-démocrate qui, au moment d’écrire ces lignes, n’avait qu’un seul candidat de choisi dans la province. Sur la scène nationale, les électeurs généralement doivent répondre à deux questions avant de voter. Veulent-ils un changement de gouvernement (ce dont je doute) et existe-t-il une alternative acceptable? De toute évidence, le sort du gouvernement actuel repose sur deux prémisses; d’abord le vote progressiste libéré par les néo-démocrates ira-t-il aux libéraux ou aux verts, et l’avance des libéraux au Québec tiendra-t-elle jusqu’à l’élection?

La chose la plus intéressante, à suivre dans cette élection sera l’attitude de notre premier ministre Blaine Higgs, qui crie déjà haut et fort qu’il va se battre contre le gouvernement Trudeau, surtout dans sa région dit-il, comme s’il n’était premier ministre que de la région de Saint-Jean. Ce qui nous emmène bien sûr à la réflexion suivante: après la démission de Brian Gallant et le décès de Greg Thompson, Higgs voudrait-il dissoudre l’Assemblée et appeler des élections pour le mois de novembre? Voilà un scénario très plausible, devant le silence radio de Kevin Vickers qui commence à inquiéter un grand nombre de libéraux et des sondages qui sont favorables au gouvernement conservateur.

Électeurs et électrices néo-brunswickois, préparez-vous pour une saison électorale plus longue que vous le pensez. Et comme le dit si bien le dicton, votez bien et votez souvent!