Et c’est parti!

Au moment d’écrire ces lignes, le premier ministre canadien venait de déclencher des élections générales au pays. Déjà, les analystes politiques prévoient une remontée des bleus en Atlantique, surtout au Nouveau-Brunswick.

Les conservateurs ont pour leur part choisi leurs 10 candidats dans la province alors que les libéraux peinent toujours à trouver un candidat dans la circonscription de Tobique-Mactaquac, le député sortant TJ Harvey ayant décidé de quitter la politique après un seul mandat. Peut-être voyait-il ses chances de réélection réduites par l’impopularité de Justin Trudeau et de son gouvernement dans cette province?

Le dernier sondage fédéral semblait effectivement indiquer des courses intéressantes dans 8 des 10 circonscriptions fédérales. Seules les circonscriptions de Beauséjour (Dominic LeBlanc) et Acadie-Bathurst (Serge Cormier) sembleraient acquises aux libéraux.

À Moncton, l’avocate Sylvie Godin-Charest pourrait donner du fil à retordre à la ministre Ginette Petitpas-Taylor. Les anciens députés battus en 2015, Rodney Weston (Saint John), Rob Moore (Fundy Royal) et John Williamson (New Brunswick Southwest) devraient reprendre leurs sièges sans trop de difficultés. Andrea Johnson pourrait bien faire dans Fredericton, tout comme Peggy McLean dans Miramichi et Nelson Fox dans Madawaska Restigouche.

Mes prédictions: 6 sièges aux conservateurs et 4 aux libéraux.

Par ailleurs, puisqu’il s’agit de ma première chronique cette année (pour laquelle je remercie la direction de l’Acadie Nouvelle), je voudrais revenir sur un dossier qui a beaucoup attiré l’attention des médias au cours des derniers mois, celui «du chantier naval de Bas-Caraquet».

À mon avis, que le Groupe Océan quitte ou non Bas-Caraquet, ce ne sont pas eux qui vont faire revivre l’économie de la Péninsule acadienne.

ce que je sache, ils n’ont pas gagné un seul nouveau gros contrat à part les deux (la cale sèche et un traversier) accordés par le gouvernement provincial à même nos poches.

Pendant ce temps, dans l’édifice juste à côté et dans des conditions beaucoup moins intéressantes que l’édifice neuf loué à la compagnie québécoise, Constuction Navale Atlantique et les Paulin, Dugas, Friolet etc., tous des entrepreneurs de chez-nous, construisent et réparent des bateaux pour les flottes de pêche au crabe, homard et crevettes de la province. Alors que Groupe Océan pourrait bien quitter la province sous peu, ces 6 entrepreneurs de chez nous, eux, vont continuer à fournir une cinquantaine d’emplois.

J’ai été un des premiers à croire à ce projet en tant que fonctionnaire provincial. Mais depuis ma retraite en 2009, le projet est devenu tout autre chose qu’un centre de construction et de réparation navale pour les flottes de pêche de la province, là ou un marché réel existe. Certains élus locaux ont voulu en faire un véritable chantier naval pour compétitionner avec les Davies au Québec et la Irving Shipbuilding à Halifax.
Le hic, c’est que l’infrastructure nécessaire n’existait pas et, pire encore, le tirant d’eau y est insuffisant pour accommoder la construction de barges, de navires de guerre, de traversiers ou autres gros bateaux du genre.

Ne trouvez-vous pas un peu drôle que le Groupe Océan ne puisse lancer à l’eau sa cale sèche que lors des très, très grandes mers? Même avec la rampe de 4 millions $ (mais qui finirait probablement par coûter 10 millions $) que le Groupe Océan réclame, il n’y aura toujours pas assez d’eau pour y lancer des gros bateaux.

À noter que les entrepreneurs locaux, logés juste à côté, peuvent mettre à l’eau leurs nouveaux bateaux de pêche ou ceux qu’ils viennent de retaper, sans avoir besoin de cette rampe de lancement.

Aussi, si le Groupe Océan quittait la province, ces entrepreneurs locaux seraient possiblement intéressés à déménager dans les locaux présentement occupés par l’entreprise québécoise et seraient en mesure d’y créer plus d’emplois que dans leurs locaux actuels, trop petits et inadéquats pour une expansion.

Bonne semaine à tous.