Un autre balayage libéral en Atlantique?

Les libéraux de Justin Trudeau vont-ils rééditer leur exploit de 2015 et remporter la victoire dans les 32 circonscriptions fédérales des provinces de l’Atlantique. Les différents sondages donnent une avance du Parti libéral dans l’ensemble de la région atlantique mais la lutte s’annonce plus compétitive au Nouveau-Brunswick.

Comme lors des élections provinciales de 2018, l’électorat néo-brunswickois pourrait voter en fonction de son appartenance linguistique. Les francophones devraient voter majoritairement pour les libéraux alors que les anglophones donneraient leurs appuis aux conservateurs.

Les trois circonscriptions majoritaires francophones – Madawaska-Restigouche, Acadie-Bathurst, Beauséjour – devraient rester libérales. Cinq des sept circonscriptions majoritaires anglophones – Fundy-Royal, Miramichi-Grand Lake, Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, Saint-Jean-Rothesay et Tobique-Mactaquac – pourraient retourner au Parti conservateur.

Une lutte à trois s’annonce dans Fredericton entre les libéraux, les conservateurs et les verts. La capitale provinciale est le fief du chef vert David Coon, et la chef nationale Elisabeth May devrait y faire plusieurs apparitions lors de la prochaine campagne électorale.

Une autre circonscription à surveiller est celle de Moncton-Riverview-Dieppe qui au cours des dernières décennies a été représentée successivement par des députés libéraux et conservateurs. Cette circonscription compte 75% d’anglophones et 25% de francophones. La présence de francophones pourrait aider la ministre Ginette Petitpas-Taylor à conserver son siège.

La manne électorale ne s’annonce guère bonne pour le parti NPD lors des élections d’octobre. Lors des élections de 2011 les troupes néo-démocrates dirigées par Jack Layton avaient obtenu près de 30% des votes au Nouveau-Brunswick. Ce taux est passé à environ 18% lors du scrutin de 2015. La dégringolade devrait se poursuivre.

Dans la majorité des 10 circonscriptions fédérales de la province, les verts sont bons troisièmes derrière les libéraux et les conservateurs. Comme au niveau provincial, l’effondrement du NPD fédéral semble bénéficier surtout au Parti vert.

Contrairement aux dernières décennies, le NPD ne peut pas compter sur le leadership d’un député comme Yvon Godin qui a détenu son siège de 1997 à 2015. Il a été élu à six reprises avant de décider de quitter la vie politique.

Les néo-démocrates et leur chef Jagmeet Singh semblent en mode défensive. Le NPD détenait six sièges en Atlantique en 2011 et tous ces sièges lui ont échappé lors des élections de 2015. Tout indique que les néo-démocrates ne pourront faire élire aucun candidat dans la région atlantique en octobre.

Quelle pourrait être la question de l’urne cet automne? L’imposition d’une taxe sur le carbone aux contribuables du Nouveau-Brunswick par le gouvernement Trudeau pourrait être un enjeu électoral. Les libéraux fédéraux ne pourront pas cette fois-ci compter sur l’appui d’un allié provincial au pouvoir. Brian Gallant ne va pas monter à bord de l’autobus de Justin Trudeau. Les candidats libéraux ne pourront pas bénéficier de la popularité de leur chef comme ç’a été le cas lors des élections de 2015.

Comme les élections d’octobre s’annonce serrées, les 10 sièges que compte le Nouveau-Brunswick pourraient décider qui des libéraux ou des conservateurs formeront le prochain gouvernement.