Aux urnes citoyens!

Le spectacle un peu désolant que nous offre la campagne électorale cette semaine témoigne assez tristement de la difficulté de se lancer en politique à l’époque des médias sociaux. Si un déguisement d’Aladin qui date d’une vingtaine d’années peut produire l’effet observé ces derniers jours, il m’arrive de me demander ce que mes soirées festives du temps de ma jeunesse folle à l’Université de Moncton auraient pu avoir comme impact sur ma carrière politique. Ceux qui ont fréquenté la faculté des Arts dans les années 1970 savent de quoi je parle!

Ceci étant dit, je vais tenter de ramener cette campagne sur le plancher des vaches et d’analyser ce à quoi nous devrions s’attendre au Nouveau-Brunswick dans le contexte du cadre politique dans lequel nous vivons. Il est intéressant d’observer comment nos leaders politiques provinciaux réagissent durant cette campagne, préoccupés qu’ils sont devant leur propre avenir politique.

D’abord Kevin Vickers, un peu plus tôt cet été devant l’impopularité de Justin Trudeau a déclaré qu’il ne ferait pas campagne avec ses cousins fédéraux. Quand il s’est vu refuser le privilège de faire le Tintamarre de Dieppe avec le premier ministre Trudeau, il a vite compris que c’était une erreur et s’est ravisé, en réalisant que les rouges ne forment qu’une grande famille dans la province, que ce soit à Ottawa où encore à Fredericton. Cette semaine Vickers faisait du porte-à-porte dans sa Miramichi natale!

Encore plus pathétique, c’est le comportement de Blaine Higgs, qui devant quelques sondages intéressants en début de mandat a voulu, comme la grenouille se faire plus grosse que le bœuf. Il passe l’été dans l’Ouest canadien et en Ontario à côtoyer Jason Kenney, Rob Ford et Andrew Scheer, dont le seul objectif est de rallier ce que la droite canadienne à de plus mauvais à nous offrir, et tout cela pour espérer amener dans sa ville un oléoduc pour ses anciens patrons.

À force de trop regarder derrière, Higgs doit se rendre compte que d’abord son étoile pâlit ici dans la province, et qu’ensuite les libéraux semblent mieux faire qu’on l’aurait cru aussi bien dans le pays que dans des coins comme Saint-Jean et Fredericton, où certains sondages placent les libéraux en avance.

Pendant ce temps il ne fait rien pour énumérer devant les chefs nationaux tous partis confondus, ce dont la province s’attend d’un gouvernement fédéral pour les prochaines années. N’avons-nous pas un urgent besoin d’aide en santé, en environnement ou encore en immigration? Avons-nous vraiment les moyens de laisser sur la table les centaines de millions de dollars que nous propose le gouvernement fédéral pour mettre à jour nos infrastructures?

Ce message doit être reçu par les deux principaux leaders provinciaux.

Les électeurs du Nouveau-Brunswick ne sont pas dupes et réalisent que la seule façon de se protéger des abus d’un gouvernement provincial si peu progressiste est de voter de l’autre côté du spectre à Ottawa.

S’il est une chose dont la province n’a pas les moyens, c’est bien de bouder le gouvernement fédéral. Les Néo-Brunswickois comprennent cette réalité beaucoup mieux que le premier ministre!