Au N.-B., les candidats soignent leur image… médicale!

«Plus d’aide pour votre santé». C’est le slogan choisi par Andrew Scheer de passage à Saint-Jean, vendredi.

Pour arriver à cet objectif, le candidat conservateur au poste de premier ministre promet gros. Avec lui à Ottawa, vous aurez moins d’attente pour des examens vitaux. Et vos traitements commenceront donc plus rapidement.

Le chef de l’opposition officielle a annoncé le financement de l’achat de nouveaux appareils d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et de tomodensitométrie (TDM) pour remplacer l’équipement vieillissant. Plus précisément, un nouveau gouvernement conservateur investirait jusqu’à 1,5 milliard $ pendant son mandat afin d’acheter des appareils dernier cri.

«Des centaines de milliers de Canadiens attendent plus longtemps que le temps recommandé pour un scan d’IRM ou de TMD. Ça ne va pas», a dit Andrew Scheer. «Cet investissement va aider nos fournisseurs de soins de santé à offrir des services de qualité», a-t-il poursuivi. Même si les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, on ne peut que partager ce constat. Surtout chez nous.

En effet, cette promesse faite au Nouveau-Brunswick n’est pas anodine. On commence par le positif. Dans le sud-est de la province, 71% des patients passent leur examen d’IRM en moins d’un mois, selon des données récentes du Conseil de la santé du N.-B. Un chiffre élogieux puisque la moyenne nationale se situe à 56,7%.

Mais ce satisfecit est à nuancer. Pour certains Néo-Brunswickois, il est vrai que l’attente peut être longue… Très longue. Il y a quelques années, lors de la création de la clinique privée IRM Moncton MRI, le PDG avait affirmé que le temps d’attente pouvait atteindre 50 semaines… ou plus.

Une citation très inquiétante lorsqu’on sait que les habitants du sud-est de la province font figure de privilégiés en la matière. Car la situation est loin d’être homogène sur tout le territoire . Ainsi, seulement 51% des patients du Nouveau-Brunswick ont leur examen d’IRM dans un délai de 30 jours maximum.

Pire, la zone 6, qui comprend Chaleur et la Péninsule acadienne, a un taux encore plus bas, de 32%!

Ces populations ont de quoi être mécontentes étant donné que ces examens sont essentiels dans certains cas. Ils peuvent servir notamment à dévoiler si une tumeur est cancéreuse ou identifier la source d’un mal de dos chronique.

Pour enfoncer le clou en matière de santé, Andrew Scheer a également révélé le contenu d’une lettre envoyée à tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux en août 2019.

Dedans, il s’engage officiellement à maintenir et augmenter la formule de financement actuelle du Transfert canadien en matière de santé et celle pour les programmes sociaux.

À moins d’un mois des élections, cette sortie du député fédéral pour Regina-Qu’Appelle (Saskatchewan) était une réponse à la venue récente de Justin Trudeau au N.-B.. Soucieux de son image… médicale, le candidat libéral avait pour sa part tenté de séduire les aînés dans l’une des provinces les plus vieillissantes.

Sa méthode à lui: promettre une bonification des prestations aux aînés et aux personnes dont le conjoint est décédé.

La santé est plus que jamais un des enjeux de ce scrutin.

Tant mieux!