Révision des programmes, prise 2

Les observateurs de la politique néo-brunswickoise se souviendront à coup sûr de la révision stratégique des programmes, cette montagne d’austérité de l’ancien gouvernement de Brian Gallant qui a fini par accoucher d’une souris.

À l’époque, les libéraux avaient ressassé pendant des mois que «tout était sur la table» pour sauver la province de la banqueroute avant de se contenter d’augmenter la TVH de 2%. Après coup, les adversaires des libéraux, dont le premier ministre Blaine Higgs, avaient qualifié la démarche de simple exercice de peur afin de faire avaler une hausse d’impôt à la population.

Cette semaine, M. Higgs a dévoilé sans la nommer ainsi sa propre version de la révision stratégique des programmes. Durant son discours sur les priorités du gouvernement, il a mis en garde la population contre les mois et les années difficiles qui pointent à l’horizon. Certains n’aimeront pas les décisions qu’il s’apprête à prendre, a-t-il prévenu, mais l’avenir de la province en dépend.

«Nous allons évaluer chaque (programme) pour établir des priorités en fonction de ceux qui connaissent véritablement du succès», a-t-il dit. Le système de santé est notamment dans sa mire. Son vice-premier ministre, Robert Gauvin, a répété le même message vendredi devant le Conseil économique à Dieppe en y allant même d’un bon vieux «tout est sur la table».

Les progressistes-conservateurs auront-ils l’audace d’aller là où les libéraux n’ont pas osé? Disons qu’entre Brian Gallant et Blaine Higgs, il est assez facile de deviner lequel possède les convictions les plus profondes en matière de compressions budgétaires. Il est moins certain toutefois que les députés de l’Alliance des gens suivront le premier ministre jusqu’au bout. Les populistes ne sont jamais friands des décisions impopulaires. De plus, ce genre d’aventure se termine en général plutôt mal pour le partenaire junior d’une coalition gouvernementale.

Qu’à cela ne tienne, le premier ministre Higgs semble déterminé à aller de l’avant, quitte à devoir défendre ses décisions devant l’électorat. L’automne s’annonce intéressant!