L’APÉCA sous les libéraux depuis 2015

En ce début de campagne électorale, l’heure est au bilan pour le gouvernement Trudeau, élu en 2015 avec, entre autres, la promesse d’en faire plus pour les provinces atlantiques. En fait, le chef libéral Justin Trudeau ne se gênait pas durant la campagne de 2015 pour accuser le gouvernement Harper d’avoir négligé la région Atlantique durant ses neuf années de pouvoir.

Que c’est-t-il donc passé dans notre région qui, rappelons-le, a élu 32 députés libéraux (sur 32) lors de la dernière élection fédérale?

Regardons de plus près ce qui s’est passé dans notre province dans deux dossiers où les libéraux promettaient de faire mieux.

D’abord, les libéraux avaient promis de mettre fin au trou noir pour les travailleurs saisonniers dont l’assurance-emploi expire quelques semaines avant que ne reprenne le travail dans les usines. Ils ont bien fait quelques changements mineurs au programme mais le trou noir existe toujours. Si ce n’était des programmes de création d’emplois temporaires des gouvernements provinciaux, les travailleurs saisonniers se trouveraient toujours sans revenu pendant plusieurs semaines à chaque printemps.

Ensuite, ils promettaient d’en faire plus pour relancer l’économie des provinces atlantiques. Le premier geste de Justin Trudeau a pourtant été de nommer un député de Toronto comme ministre de l’APÉCA et de nommer un ami du parti, Francis McGuire, à sa présidence.

Quatre ans plus tard, les demandes de projets émanant des bureaux de districts de l’APÉCA au Nord-Est et au Nord-Ouest de notre province se font rares alors qu’ils étaient les bureaux les plus occupés de la province avant 2015. Pas étonnant puisqu’aujourd’hui, les bureaux du Nord-Est et du Nord-Ouest n’ont plus que deux ou trois agents de développement alors que sous Harper, ils en avaient cinq chacun.

En faisant l’analyse des 50 dernières annonces de l’APÉCA aux provinces atlantiques, on constate rapidement que les grands gagnants ces jours-ci sont les régions où les libéraux sont en difficulté, soit en Nouvelle-Écosse et au sud de notre province. Pas beaucoup d’annonces au nord du Nouveau- Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard ou à Terre-Neuve où les sondages leur sont plus favorables.

De plus, les décisions autrefois prises dans les bureaux régionaux de l’APÉCA sont maintenant prises à Fredericton ou à Moncton. Alors que sous le gouvernement Harper les régions du Nord s’en tiraient assez bien, ce sont aujourd’hui celles de Saint-Jean, de Moncton et de Fredericton qui sont les grandes gagnantes.

Il faut se demander si la Stratégie de croissance pour l’Atlantique annoncée en grandes pompes par le ministre de Toronto, en 2016, n’avait pas pour objectif de favoriser le développement des grands centres urbains au détriment des régions rurales.

De sources bien informées, on apprend que les députés libéraux du Nord sont pas mal frustrés des décisions prises par le ministre de l’APÉCA de Toronto et son président partisan depuis leur nomination en 2015.

Par ailleurs, alors qu’il participait récemment à l’inauguration de l’Institut en gouvernance Brian Mulroney à l’Université St-FX, l’ancien premier ministre Frank McKenna a louangé et remercié M. Mulroney pour avoir créé l’APÉCA et situé son bureau-chef à Moncton.

Peut-être devrait-il maintenant rappeler à l’ordre son ancien bras droit ainsi que ses amis libéraux et leur rappeler que le N.-B. sera seulement fort lorsque toutes les régions de la province le seront, comme le disait si bien l’ancien premier ministre Bernard Lord.
Bonne semaine à tous.