Les inquiétudes de Blaine Higgs

Contrairement à l’ancien premier ministre Brian Gallant qui aurait lu l’ouvrage de l’économiste Richard Saillant, Au bord du gouffre, uniquement jusqu’au chapitre 3, Blaine Higgs semble l’avoir lu et relu. Le premier ministre Higgs a fait part récemment de ses vives inquiétudes quant à la situation précaire de notre province.

Le Nouveau-Brunswick fait face à une multitude de défis. On peut penser notamment au gonflement de la dette publique, au fardeau fiscal des contribuables de plus en plus lourd, au vieillissement à vue d’œil de la population, au manque criant de main-d’œuvre et à l’explosion anticipée des coûts en santé.

Blaine Higgs aimerait agir sur divers fronts. Le modèle de gouvernance locale ne serait plus tenable et il serait urgent de le revoir. Il faudrait aussi créer des pôles économiques afin d’inciter les municipalités à coopérer entre elles.

Le gouvernement de libéral de Louis J. Robichaud, grâce à son ambitieux programme de Chances égales pour tous, avait propulsé le Nouveau-Brunswick dans le 20e siècle. Le gouvernement progressiste-conservateur de Richard Hatfield a eu la sagesse de ne pas déboulonner les réformes de son prédécesseur. C’est une chance, car un autre premier ministre aurait pu très bien voulu faire table rase des importantes réformes du gouvernement Robichaud. Nous pouvons regarder au sud de notre frontière pour voir comment le président Donald Trump s’emploie à systématiquement effacer les programmes mis en place par son prédécesseur Barack Obama.

Comme nous avons à Fredericton un gouvernement minoritaire, Blaine Higgs ne peut lancer un vaste chantier de réformes administratives pour faire entrer le Nouveau-Brunswick dans le 21e siècle sans l’appui des partis d’opposition. La réaction du chef de l’opposition libérale, Kevin Vickers, a été des plus négatives. Selon celui-ci Blaine Higgs voudrait simplement faire des coupures et en prime son gouvernement et lui sont des «climato-sceptiques». Les chefs des deux autres partis d’opposition à l’Assemblée législative ne semblent pas faire le même constat que Blaine Higgs et surtout ne pas partager son analyse de la situation et les mesures à prendre pour y remédier.

Lors de la rentrée parlementaire en novembre, Blaine Higgs aura l’occasion d’inclure dans le discours du trône de son gouvernement une feuille de route pour s’attaquer aux grands défis de la province. Comme il y aura un vote de confiance à la suite de discours du trône, ça pourrait être l’heure de vérité pour le gouvernement minoritaire progressiste-conservateur.

Il faut se rappeler que Louis J. Robichaud, devant les vives oppositions des détracteurs de son programme Chances égales pour tous dont le propriétaire fondateur de l’empire Irving, avait décider de déclencher des élections anticipées afin de permettre à la population de trancher le différend.

On connaît la suite de l’histoire. Le gouvernement Robichaud a obtenu un deuxième mandat qui lui a donné la légitimité de mettre en œuvre ses réformes.

L’heure est peut-être arrivée où la population sera à nouveau appelée à donner à un gouvernement le mandat de réformer la province.