Mes souvenirs de Sid the Kid

Comme plusieurs d’entre vous, j’ai été vivement impressionné par la cérémonie entourant le retrait du chandail numéro 87 de Sidney Crosby, vendredi au Colisée de Rimouski.

L’organisation de l’Océanic a tout fait avec classe et c’était touchant de voir Sid The Kid aussi ému.

Ça m’a d’ailleurs permis de plonger dans mes vieux souvenirs.

D’abord à l’époque des Jeux d’hiver du Canada présentés à Bathurst et Campbellton en 2003. Crosby était le cœur et l’âme de la formation néo-écossaise. Ne doutez pas une seconde, il était déjà une attraction avant même de jouer dans la LHJMQ. Son nom était sur toutes les lèvres.

Plusieurs autres excellents joueurs se trouvaient pourtant au tournoi, à commencer par les Québécois Guillaume Latendresse et Brent Aubin, le Néo-Brunswickois Luc Bourdon, ou encore le Britanno-Colombien Gilbert Brule qui était même comparé au 87 à l’époque. Pourtant, il suffisait de le voir un court instant pour savoir qui était le meilleur. Tout le monde le savait.

Peu importe l’aréna où Crosby se trouvait pendant le tournoi, c’était toujours plein. À craquer à part ça.

Tous les amateurs de hockey du nord-est du Nouveau-Brunswick voulaient voir le nouveau petit Mozart du hockey.

Et même si la Nouvelle-Écosse ne s’est pas retrouvée sur le podium, c’est Crosby qui avait terminé au premier des pointeurs avec 16 points, dont neuf buts, en seulement cinq parties. Il n’avait pourtant pas le loisir d’évoluer au sein de clubs paquetés comme l’Ontario et le Québec.

Un an auparavant, toujours à Bathurst, Crosby avait donné un avant-goût de son immense talent en menant la formation de Dartmouth jusqu’à la finale de la coupe Air Canada, qui deviendra plus tard la coupe Telus. Encore là, il avait été le champion pointeur du tournoi midget AAA, en plus d’être choisi le joueur le plus utile.

En février 2003, Doris Labonté, qui était alors le directeur général de l’Océanic, m’avait appelé deux ou trois fois pendant la semaine du tournoi masculin aux Jeux du Canada.

L’Océanic possédait cette saison-là la pire équipe de la LHJMQ et Doris Labonté ne tenait plus en place à l’idée de sélectionner Crosby au tout premier rang du repêchage de juin 2003.

Il m’appelait simplement pour savoir comment le surdoué de Cole Harbour s’était débrouillé pendant la journée.

En fait, il voulait tout savoir sur le 87.

Hésitait-il à faire des passes à ses compagnons de trio? Comment il se comportait avec les journalistes? Était-il patient avec les partisans qui voulaient son autographe? Etc. Et chaque fois, il me demandait si je trouvais que Crosby était aussi bon que tout le monde disait.

Avec le recul, je crois que Doris Labonté se savait tellement béni de pouvoir sélectionner cette perle rare qu’il devait parler avec le maximum de gens pour s’assurer qu’il ne rêvait pas.

Au lieu de se pincer le matin pour croire à la venue de Crosby dans le Bas-Saint-Laurent, Doris Labonté préférait s’abreuver de témoignages sur le futur premier choix de juin 2003.

Les visites du 87 avec l’Océanic

Je conserverai également toujours de beaux souvenirs des passages de Sidney Crosby avec l’Océanic au Centre régional K.-C.-Irving.

Il a marqué la première moitié des années 2000 de la LHJMQ comme personne d’autre. En 2004-2005, l’année du lockout de la LNH, la planète hockey au complet suivait le quotidien de Sid The Kid.

Chaque fois qu’il s’est pointé le bout du nez à Bathurst, l’amphithéâtre a affiché complet. C’était partout comme ça à travers la ligue. L’annonceur maison Luc Foulem annonçait 3524 spectateurs, mais je suis convaincu que nous étions bien plus. C’était vraiment électrique quand le 87 était là.

Il nous a d’ailleurs gratifiés de très bons spectacles, surtout à sa saison recrue à 16 ans.

Le 28 septembre 2003, Crosby avait inscrit deux buts et une passe pour mener l’Océanic à un gain de 6 à 3. Il avait été choisi la première étoile du match.

Moins d’un mois plus tard, soit le 19 octobre, il enregistrait deux filets et trois mentions d’aide dans une victoire identique de 6 à 3. Encore une fois, la première étoile lui avait été attribuée.

La saison suivante, le 3 décembre 2004, le Titan célèbre son retour au Centre régional K.-C.-Irving avec un triomphe de 5 à 4. Marc-André Côté, l’actuel entraîneur-chef des Aigles Bleues de l’Université de Moncton, avait joué les héros en enfilant le but vainqueur. Crosby, lui, s’était contenté d’une petite passe.

Il se reprendra toutefois le 18 mars 2005 en amassant deux passes dans un gain de 5 à 1.

La fiche de Crosby en quatre rencontres à Bathurst aura donc été de quatre buts et sept mentions d’aide pour 11 points.

Vraiment, les gens de Rimouski ont été extrêmement chanceux de vivre de près une partie de la riche histoire de ce grand hockeyeur.

Un seul hic

Cela dit, il y a un moment pendant la cérémonie de vendredi que j’ai moins aimé.

Je crois sincèrement que le commissaire Gilles Courteau a manqué de respect envers Guy Lafleur et Mario Lemieux en annonçant que le numéro 87 était désormais retiré partout dans la LHJMQ.

J’ai bien de la difficulté à croire que les 18 formations du circuit ont entériné cette décision.

Attention, je ne dis pas que Sidney Crosby ne méritait pas pareil honneur. La fierté de Cole Harbour a été un élément aussi important à cette ligue que ne l’ont été Lafleur et Lemieux. Si j’avais à vous donner mon top-3 de l’histoire de cette ligue, ils seraient mes trois choix.

Ce que je dis, c’est que Guy Lafleur et Mario Lemieux auraient dû recevoir ce même traitement bien avant Crosby.

Parce qu’eux aussi ont grandement marqué l’histoire de la LHJMQ. Eux aussi sont ensuite devenus à leur époque le meilleur joueur de la LNH.

Lafleur et son numéro 4 dans l’uniforme des Remparts de Québec, au début des années 1970, puis Lemieux et son numéro 66 avec les Voisins de Laval, une décennie plus tard, ont été le pain et le beurre de la LHJMQ à leur époque, comme Crosby dans la première moitié des années 2000.

Certes, Lafleur a déjà un trophée qui porte son nom (remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires), mais ça n’a rien à voir avec le retrait global d’un numéro. À ce sujet, comment se fait-il que Lemieux n’ait toujours pas de trophée en son nom?

En attendant, le message que la LHJMQ vient de passer, même si ce n’était probablement pas leur intention, c’est que Crosby a été plus important que Lafleur et Lemieux. Il faut avoir du front autour de la tête pour penser ainsi.

Déjà que le moment de faire une telle annonce était mal choisit, puisque Lafleur a subi en fin de semaine un quadruple pontage au cœur. Gilles Courteau et tous les dirigeants de la LHJMQ connaissaient pourtant depuis déjà quelques jours la condition du Grand Blond.

Pourquoi n’ont-ils pas eu la délicatesse (ou du moins la présence d’esprit) de repousser cette annonce?

Rien ne pressait.

Après tout, la cérémonie de vendredi était déjà une réussite sans même le retrait global du 87 à travers la ligue.

La semaine d’Anderson

Quelle fin de semaine que nous a offert Anderson MacDonald sur le plan offensif.

L’attaquant du Titan d’Acadie-Bathurst a outrageusement dominé les autres Néo-Brunswickois du circuit en compilant trois buts et trois passes en deux rencontres.

Un rendement qui permet justement au hockeyeur de Quispamsis de figurer au 12e rang des meilleurs pointeurs de la LHJMQ. La LHJMQ l’a d’ailleurs choisi au sein de l’équipe d’étoiles de la dernière semaine.

La recrue Dawson Stairs des Sea Dogs de Saint-Jean a lui aussi connu un bon week-end avec une récolte de deux filets et une mention d’aide en deux matchs. Le hockeyeur de Fredericton, qui totalise cinq points (3-2) jusqu’ici cette saison, n’est devancé que par Zachary L’Heureux (1-5=6) des Wildcats de Moncton parmi toutes les recrues du circuit.

Parlant de recrue, le Dieppois Cole Cormier de l’Océanic a complété sa dernière semaine avec un but et une passe pour deux points. Olivier-Luc Haché des Huskies de Rouyn-Noranda a compilé la même fiche, mais en trois duels.

Enfin, le défenseur Adam McCormick des Eagles du Cap-Breton a poursuivi son bon travail en ajoutant deux passes à sa fiche en deux parties. L’athlète de Woodstock occupe le sommet de la LHJMQ au niveau des points chez les défenseurs avec trois autres joueurs.

Des nouvelles de la Nouvelle-Écosse

Le jeune attaquant Luke Woodworth des Mustangs de South Shore connaît tout un début de saison dans la Ligue midget AAA de la Nouvelle-Écosse.

En six duels, le petit fabricant de jeu de 5 pieds 8 pouces et 138 livres totalise déjà trois buts et 11 mentions d’aide pour 14 points. Il trône pour l’instant au sommet des pointeurs du circuit.

Joseph Henneberry des McDonalds de Halifax en est un autre qui semble rempli de promesse avec ses neuf points (4-5) en sept parties. Idem pour son coéquipier Jarrett Todd, auteur de six buts et deux mentions d’aide en six matchs.

Et toujours au sujet des McDonalds, on y retrouve également le défenseur Josh O’Connor, qui montre un dossier de huit points (4-4) en six rencontres.

Qu’ont en commun Woodworth, Henneberry, Todd et O’Connor? Ils sont tous les quatre éligibles au prochain repêchage de la LHJMQ. Disons qu’ils ont pris les moyens pour attirer rapidement l’attention des recruteurs.

Et manifestement, les McDonalds de Halifax seront scrutés de près par les recruteurs puisqu’au moins deux autres de leurs joueurs nés en 2004 impressionnent en ce début de saison. Il s’agit de l’attaquant Leighton Carruthers et du défenseur Drew Maddigan.

Carter Murchison et Dylan Andrews du Wolfpack de Cole Harbour

Un espoir au Titan au sommet

Devinez qui est au sommet des pointeurs de la Ligue midget AAA du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard?

Si vous avez répondu Josh Nadeau vous avez tapé dans le mille. L’attaquant de Saint-François-de-Madawaska, qui évolue pour les Caps de Fredericton, totalise neuf points dont cinq buts en quatre matchs.