Égalité Santé ou Égalité CHU Dumont?

Imaginons un instant que les travailleurs sociaux, les policiers, les gardes forestiers ou encore les évaluateurs fonciers embauchés par la province, aient la liberté de choisir leur lieu de travail!

C’est exactement ce que vont se passer avec l’élimination des numéros de facturations des médecins. Ils pourront décider là où ils veulent s’installer, sans égards aux besoins, aux pénuries ou encore sans aucune sensibilité aux régions.

Qu’ils l’admettent ou non, les médecins sont des employés de l’État. Ils retirent la totalité de leur revenu du gouvernement provincial et de leur laissé choisir leur lieu de travail repose sur un concept qui a long terme ne peut qu’avantager les grands centres. Je constate en discutant avec quelques-uns de nos médecins ici dans la Péninsule acadienne que ceux-ci ne semblent pas avoir été consultés sur cette question.

Rappelons à nos lecteurs que le système de numéro de facturation mis en place en 1992 visait essentiellement à assurer que toutes les régions de la province pouvaient attirer chez eux des médecins en garantissant des postes pour les régions.

Sans être parfait le système a permis d’augmenter le nombre de médecins en régions. En ajoutant à ceci l’ouverture des écoles de médecine à Moncton et Saint-Jean, on constate que depuis quelques années le nombre de médecins augmente plus rapidement que la croissance de la population. Seuls les médecins se sentent injustement traités par le système actuel.

L’élimination de ce système menace fortement d’attirer davantage de médecins vers les grands centres, rendant très fragile la couverture médicale en région.

Si on ne doit pas se surprendre de la position de la Société médicale dans ce dossier puisqu’elle n’est en fait qu’un syndicat qui défend ses membres, et du gouvernement qui a fait de cette question une promesse électorale, que doit-on penser de la position d’Égalité Santé qui supporte cette démarche?

D’entrée de jeu il faut préciser que son président Hubert Dupuis est en conflit d’intérêts puisqu’il est lui-même médecin à Moncton. Lui et les membres de son exécutif sont vites à se déplacer quand il y a crise à Saint-Quentin, à Grand-Sault ou encore à Caraquet. Mais quand sont-ils venus consulter la population des régions sur cette nouvelle politique, et comment entendent-ils attirer des médecins en régions sans que les municipalités ne soient obligées de se ruiner pour offrir des incitatifs aux nouveaux médecins?

Comment Saint-Quentin peut-il par exemple demeurer compétitif avec Moncton, ou encore comment Lamèque saura-t-il garder chez eux des médecins devant un système qui favorise les grands centres? Pire encore la région de Kent aura-t-elle maintenant à se déplacer à Moncton pour avoir accès à un médecin de famille? Ceci nous ramène loin derrière quand les conseils d’hôpitaux et les municipalités devaient acheter des maisons, des billets d’avion et offrir des incitatifs financiers aux médecins.

En plus tout ce système est aboli sans qu’il y n’y ait aucun plan pour les régions, comme si cela n’avait aucune importance. Au lieu de se plaindre de l’implication de Medavie dans la gestion de l’Extra-Mural, les biens pensants devraient se mobiliser cette fois-ci pour une vraie menace!