Un débat pénible et le «rêve vert»

Je dois m’en confesser, je n’ai pas pu finir d’écouter le débat des chefs en français mercredi dernier. Les deux chefs anglophones, Andrew Scheer (PC) et Jameet Singh (NPD), réussissaient difficilement à faire passer leur message alors que les deux chefs francophones, Justin Trudeau (PL) et Yves-François Blanchet (BQ), ne cessaient de les interrompre et d’injecter leur point de vue sans écouter celui de leurs adversaires. Pour citer le chef du BQ, ils s’en donnaient à cœur joie à «casser du sucre sur le dos des Québécois.» Parce que ce débat sur les ondes de TVA, ne se le cachons pas, s’adressait d’abord et avant tout aux Québécois.

Pour les petits bouts que j’ai réussi à écouter avant de changer de canal, MM. Scheer et Singh ont réussi à marquer des points à quelques reprises. Oui, M. Trudeau promet de réduire les gaz à effets de serre (GES), nous a rappelé M. Scheer, mais il fait campagne avec deux avions.

. Singh a lancé qu’il défendrait nos droits avec toutes ses forces probablement pour faire contraste avec M. Trudeau qui refuse d’accepter les candidats pro-vie au sein de son équipe et M. Blanchet qui appuie la Loi sur la laïcité au Québec.

Il est vrai que de tels débats ne favorisent jamais les premiers ministres sortants, mais de toujours revenir sur les vieux discours de M. Scheer n’a certainement rien pour faire avancer le Canada comme le dit son slogan. «Choisir d’avancer» ne doit pas s’appliquer aux discours du chef libéral qui parle toujours du passé, tout comme sa promesse de réduire les gaz à effets de serre ne doit pas s’appliquer aux deux avions de son parti.

Assez parlé du débat. Je voudrais aussi traiter du programme électoral des Verts dévoilé la semaine dernière. Intitulé: «Un leadership honnête, éthique et bienveillant», la chef Élizabeth May y mise sur le désenchantement des Canadiens et des Canadiennes envers les partis traditionnels pour arracher des votes et faire élire plus de députés. Leur programme ne fait aucune promesse électorale et propose plutôt «une vision pour le Canada de 2030.»

On y retrouve beaucoup de balivernes pour nous faire rêver d’un monde meilleur avec comme première dirigeante la déesse Élizabeth May. Pas moins.

Voici de quoi les candidats et les candidates de son parti vous parleront durant cette campagne, nous promet-on, et je cite: «La sagesse écologique; Le développement durable; La justice sociale; Le respect et la diversité; La non-violence; et La Démocracie participative.» C’est comme si les autres partis n’avaient rien à vous offrir pour faire du Canada un pays meilleur où il fait bon vivre et élever une famille. En fait, ce sont pour la plupart des valeurs que partagent les autres partis et la plupart des Canadiens.

Le même soir que le débat, Mme May participait à un face à face avec des électeurs canadiens sur la chaîne anglophone CBC. Répondant à une question sur l’importance des nouvelles technologies dans le développement de notre économie, elle a dit s’inquiéter du jour où les robots remplaceraient les humains dans les usines et les chaînes de montage. Que ferons les Canadiens et les Canadiennes pour occuper leur temps, s’est-elle demandée sans y répondre. Quelle sagesse…

Des lunatiques en politique, on en a déjà vu. Mais ne pas offrir autre chose qu’une «vision verte» d’un monde meilleur, c’est pas mal proche des rêves idéalistes de notre jeunesse: une province acadienne, un pays québécois, un monde sans riches et sans pauvres… Et surtout: plus de guerre!

Avant de voter pour un parti qui ne vous promet rien et qui veut simplement vous faire rêver d’un monde meilleur, prenez la peine de vérifier les programmes des autres partis qui, eux, vous offrent des solutions concrètes adressant vos réalités de tous les jours.

Bonne semaine à tous.