En automne, dépistez le radon radioactif chez vous!

Le radon? Pour ceux qui méconnaissent encore ce mot, sachez que l’automne est la bonne période pour le dépister.

Petite leçon: le radon est un gaz radioactif provenant de la dégradation naturelle de l’uranium présent dans le sol et la roche.

Invisible, inodore et sans goût, il s’échappe dans l’atmosphère et, quand il est dilué, ne pose aucun risque. Cependant, dans les espaces clos, comme les maisons, il peut parfois atteindre des concentrations très élevées causant un risque pour la santé des personnes.

En chiffres, on estime que 16% des cancers du poumon au pays sont causés par l’exposition à ses rayonnements, entraînant plus de 3200 décès au Canada chaque année. Cela fait tout simplement du radon la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Pire, lorsqu’elle est conjuguée au tabagisme, l’exposition à ce gaz peut accroître très fortement le risque d’être touché par cette pathologie.

Mais au fait, comment le radon pénètre-t-il chez vous? La pression atmosphérique à l’intérieur de votre maison est généralement inférieure à celle du sol entourant les fondations. La différence de pression qui en résulte fait donc en sorte que l’air et d’autres gaz, dont le radon, sont aspirés du sol jusque dans la maison.

Ce poison insidieux peut ainsi s’infiltrer au sein de votre domicile par toutes les ouvertures en contact avec le sol: les fissures dans les murs de fondation et dans les dalles de plancher, les joints de construction, les espaces autour des tuyaux de branchement, les montants de support, les châssis, les siphons de sol, les puisards et les cavités dans les murs.

Bref, à moins d’être un as du colmatage dispendieux, difficile de s’en protéger…

Et malheureusement, l’Acadie n’échappe pas à ce fléau.

En effet, comme l’uranium est un élément présent partout dans la croûte terrestre, le radon peut se retrouver dans presque toutes les maisons de la province. Selon Santé Canada, les concentrations de radon dépassent, en moyenne, le seuil de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m3) dans 20,6 % des résidences au Nouveau-Brunswick. Ce chiffre s’élève à 40 % dans la région Chaleur et la Péninsule acadienne. Dans cette dernière, les taux de radon détectés à Paquetville figurent même au 2e rang à l’échelle nationale, selon une étude menée par ce ministère. Symbole du danger qui rode dans la communauté, le taux record de 5 590 Bq/m3 trouvé dans une résidence du hameau de Bas-Paquetville, soit environ 28 fois plus que la ligne directrice canadienne du radon actuellement fixée à 200 Bq/m3!

Alors, que faire? La seule façon de connaître les concentrations de radon dans votre maison est de réaliser un test. Vous pouvez vous y prendre de deux façons. Soit en vous procurant un détecteur de radon à installer vous-même (entre 30$ à 60$ en quincaillerie). Soit en embauchant un professionnel de cette mesure. Si vous optez pour la 2e option, assurez-vous d’abord qu’il est certifié et réalisera un test à long terme, sur une période d’au moins trois mois. La période idéale pour faire cela vient de démarrer car les fenêtres d’une maison sont souvent closes d’octobre à avril.

Enfin, si les résultats révèlent que les concentrations de radon sont trop élevées dans votre habitation, vous devrez embaucher un professionnel du radon certifié par le Programme National de Compétence sur le Radon au Canada (PNCRC). C’est lui qui déterminera la façon la plus efficace et économique pour atténuer le mal. Un système de ventilation peut par exemple être installé en 24h. Dans la plupart des maisons, il diminuera les concentrations de radon de plus de 80%. Sous peine de radoter, on vous le répète encore: n’hésitez plus, attaquez-vous au radon!