Un gouvernement minoritaire en vue

La dernière semaine de la campagne électorale fédérale s’annonce des plus intéressantes pour le Bloc québécois et le NPD.

Alors que les conservateurs et les libéraux font du surplace depuis le début de la campagne, le Bloc québécois renaît de ses cendres pour venir empêcher les libéraux de former un autre gouvernement majoritaire. La bonne performance de Jagmeet Singh lors des débats des chefs a permis au NPD de faire une remontée dans les sondages. Ces deux tiers partis semblent profiter d’un momentum au détriment des libéraux de Justin Trudeau. Cela pourrait éventuellement favoriser l’élection d’un gouvernement minoritaire conservateur.

On pourrait assister à une recomposition du paysage politique au pays où c’est maintenant le centre-gauche qui est divisé. Les libéraux de Jean Chrétien avait largement profité de la division de la droite pour former trois gouvernements majoritaires avec moins de 40 % du vote.

Le Parti libéral devrait perdre des plumes en Atlantique alors que les conservateurs vont y reprendre des sièges. Le NPD aimerait bien regagner la circonscription de St. John’s- Est à Terre-Neuve alors que le Parti vert pourrait faire une percée historique dans la circonscription de Fredericton. Le vote sur les campus dont ceux de UNB Fredericton et St. Thomas pourrait favoriser la candidate verte qui se faufilerait entre le libéral et le conservateur. Une bonne performance de celle-ci pourrait aussi aider le conservateur.

De toutes les provinces atlantiques, c’est au Nouveau-Brunswick que le Parti conservateur pourrait y faire le plus de gains. Toutes les sept circonscriptions majoritaires anglophones, à l’exception de Moncton-Riverview-Dieppe, sont à la portée des bleus. Les trois circonscriptions majoritaires francophones devraient rester aux mains des libéraux. On devrait assister à un clivage linguistique comme aux dernières élections provinciales où les francophones avaient voté en grand nombre pour les libéraux alors que les progressistes-conservateurs avaient bénéficié de la faveur des électeurs anglophones.

Comment expliquer que les conservateurs puissent faire davantage de gains au Nouveau-Brunswick que dans les trois autres provinces de l’Atlantique? Le Nouveau-Brunswick est la seule province de la région à s’être vue imposée une taxe sur le carbone par le gouvernement fédéral de Justin Trudeau.

Le plan proposé par l’ancien gouvernement libéral de Brian Gallant a été rejeté par Ottawa. L’enterrement de première classe du projet d’oléoduc Énergie Est par le fédéral est une autre source de frustration et de mécontentement pour plusieurs électeurs néo-brunswickois.

Comme les résultats des élections s’annoncent des plus serrés, les partis libéral et conservateur ne peuvent complètement lever leur nez sur les 10 sièges que compte le Nouveau-Brunswick à Ottawa. Ce n’est pas un hasard que les chefs des partis libéral, conservateur et vert vont visiter le sud de la province d’ici le 21 octobre.

Pour sa part, le chef NPD, Jagmeet Singh, aura fort à faire pour sauver les quelques meubles qui lui restent au Québec et faire des gains en Ontario et en Colombie-Britannique.

À moins d’une surprise, un gouvernement minoritaire est en vue.