Y’en aura pas de gagnant!

On a tous entendu l’histoire du concours de beauté où il n’y a pas eu de gagnant. Et bien c’est un peu ce à quoi on doit s’attendre quand les résultats de l’élection nous arriveront tard en soirée lundi. Et pour nous les électeurs du Nouveau-Brunswick, il n’y aura pas de surprises, car on va revivre exactement les émotions que nous a offertes l’élection provinciale de l’an passée.

D’abord, les deux partis traditionnels qui furent incapables de présenter aux électeurs une vision claire de leur programme. Ce fut l’élection de toutes les excuses, un peu comme la confession dans l’église nous permet soudainement de tout effacer… et de recommencer! S’en suivent des campagnes de dénigrement, où nous en apprenons beaucoup sur les erreurs de jeunesse des candidats mais très peu sur la vision d’avenir des partis.

Finalement, des tiers partis à qui l’on prédisait une mort certaine et qui soudainement avec des pourcentages de votes sommes toute relativement faible prendront une place démesurée dans l’exercice difficile qu’est la formation d’un gouvernement minoritaire. Avec seulement 6% du vote, le Bloc québécois, par exemple, pourrait détenir la balance du pouvoir et faire une alliance avec les conservateurs.

Dès lundi soir, si la tendance se maintient et que les résultats sont aussi serrés qu’on le prédit, libéraux et conservateurs vont crier à la victoire disant qu’ils sont les seuls à pouvoir assurer la stabilité du pays. De grâce, ayez un peu de retenu messieurs les leaders libéral et conservateur; vous n’aurez rien gagné dans cette élection si ce n’est que les deux tiers de l’électorat vous auront rejeté.

Rappelons-nous électeurs et électrices que l’an dernier ici dans la province libéraux et conservateurs se sont débattus sur la place publique pour réclamer le droit de gouverner. C’est le même scénario qui nous attend mardi matin.

Qui entre le parti qui obtient le plus grand nombre de sièges et celui qui peut obtenir le plus grand support des tiers partis a le droit de gouverner? D’abord sur ce point la tradition est claire, c’est le premier ministre sortant à qui on demandera en premier s’il pense pouvoir gouverner. Le cas du Nouveau-Brunswick et de la Colombie-Britannique est probant pour prouver cet état de choses.

Ce qui peut faire la différence entre un gouvernement conservateur et libéral, vous l’avez entendue toute la semaine c’est le vote progressif. Cette frange de l’électorat qui ne veut surtout pas voir l’élection d’un gouvernement conservateur. Va-t-elle voter stratégiquement pour les libéraux ou encore voter vert ou NPD? Ici, dans la province, verra-t-on les verts et les néo-démocrates brouiller les cartes dans quelques circonscriptions? Le sort du gouvernement Trudeau est entre les mains de personnes qui ont déjà décidé qu’elles ne voteraient pas rouge cette fois-ci, situation très difficile à corriger vous devez le comprendre.

Citoyens et citoyennes, restons calmes. Votons au meilleur de notre conscience et préparons-nous au pire! Quant à moi vous vous demandez surement pour qui je vais voter cette fois-ci? Désolé je ne vous le dirai pas, mais vous devez vous douter que ce ne sera pas conservateur.