Un vote divisé linguistiquement

Comme lors des élections provinciales de 2018, les francophones au Nouveau-Brunswick ont largement favorisé le Parti libéral qui a pu faire réélire tous ses candidats des régions francophones à la Chambre des Communes.

Du côté anglophone, les libéraux ont pu conserver les sièges de Saint-Jean-Rothesay et de Miramichi-Grand Lake. Le député sortant de Saint-Jean-Rothesay, Wayne Long, est avant tout responsable de sa réélection. Justin Trudeau n’a pas mis une seule fois les pieds dans cette circonscription lorsqu’il est venu faire campagne dans la province. On peut penser que Pat Finnigan a pu remporter une courte victoire contre son opposante conservatrice en raison du vote francophone dans sa circonscription de Miramichi-Grand Lake qui compte 20% d’électeurs de langue française. Celui-ci est un agriculteur d’origine irlandaise qui a grandi dans la localité de Rogersville.

On ne peut pas dire que ça été une bonne soirée pour Andrew Scheer en Atlantique où il a fait élire un seul candidat en Nouvelle-Écosse et aucun à Terre-Neuve et à l’Île-du-Prince-Édouard. Celui-ci devra songer à son avenir politique.

Le Parti progressiste-conservateur et l’Alliance canadienne ont fusionné en 2003 afin d’unifier la droite au pays pour former le Parti conservateur, en laissant tomber le mot progressiste. Les résultats du vote d’hier indiquent que les partis du centre et du centre-gauche ont obtenu 63,2% des votes alors que le Parti conservateur et le Parti populaire ont reçu 35% des suffrages. Les conservateurs devront agrandir leur tente et redonner une plus grande place aux red tories s’ils comptent reprendre un jour le pouvoir.

Le Parti vert, qui a réalisé une percée historique à Fredericton, devra se donner un nouveau chef d’ici les prochaines élections. L’enjeu de l’environnement aurait dû lui permettre de faire élire davantage de candidats. Elizabeth May n’a pas su briller lors des débats des chefs et être une locomotive pour son parti.

Le NPD avec son nouveau chef Jagmeet Singh a moins bien fait que lors des élections de 2015 où il avait remporté une quarantaine de sièges. Ces résultats décevants en comparaison de 2011 où le NPD avait terminé deuxième et former l’opposition officielle à Ottawa avaient valu un vote de non confiance des militants à l’endroit de Thomas Mulcair qui s’était fait montrer la porte.

Cette fois-ci le NPD est arrivé quatrième derrière le Bloc québécois.

Le grand gagnant de ces élections est le Bloc québécois qui a pu faire élire une trentaine de candidats. La très bonne performance de son chef, Yves-François Blanchet lors des débats des chefs a permis à ce parti moribond de rebondir pour détrôner le NPD au Québec et empêcher les libéraux de Justin Trudeau de former un gouvernement majoritaire.

Encore une fois notre mode de scrutin a déformé les résultats des élections et a récompensé le Bloc québécois qui est un parti régional. Les verts avec 6,5% des votes n’ont obtenu que trois sièges alors que le Bloc québécois a fait élire 32 candidats avec que 7,7% des suffrages.