Countdown: ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

Le téléphone cellulaire contrôle de plus en plus notre vie. Mais s’il contrôlait également notre mort? Voilà, en gros, la prémisse du film d’horreur Countdown (en salle depuis vendredi).

Si vous vous attendez à une critique sociale brillamment ficelée sur l’omniprésence du téléphone dans nos vie, vous serez déçus.

Si vous vous attendez à un petit film d’épouvante efficace et débordant de subtilité, là encore, vous serez déçus.

Parce que Countdown est un thriller surnaturel générique, qui s’inspire de films qui lui sont largement supérieurs, dont la prémisse n’a absolument aucun sens.

En fait, ce qui résume le mieux la première oeuvre du réalisateur et scénariste Justin Dec, c’est que ses meilleurs moments sont ceux où il ne se prend pas au sérieux. Malheureusement, je suis incapable de vous dire si cette bienvenue légèreté est volontaire ou non…

Le téléphone qui tue

Quinn Harris (la toujours trop gentille Elizabeth Lail) est une jeune infirmière.

Un jour, elle télécharge sur son téléphone une application dont l’unique fonction est de prédire le moment du décès de son propriétaire.

Réalisant qu’il lui reste moins de deux jours à vivre, Quinn tentera d’empêcher la malédiction de se produire.

Du déjà-vu

Si le résumé de Countdown vous dit quelque chose, c’est probablement parce qu’une demi-douzaine de variations sur le même thème ont été lancées au cinéma au cours de la dernière décennie.

Il faut toutefois remonter à The Ring (2002) – où à son équivalent japonais paru quatre ans plus tôt – pour connaître la source de toute cette morbidité.

Dans The Ring, ceux qui visionnent une cassette vidéo (avis aux jeunes: on parle ici de l’ancêtre du DVD, qui était lui même l’ancêtre de Netflix) sont frappés d’une malédiction qui les conduit à la mort.

À la différence de The Ring, Countdown manque totalement de substance et d’originalité. Le film lancé vendredi plagie même certaines séquences entières de son ancêtre – je pense à un moment où Quinn se documente sur la malédiction et à un autre où elle tente d’éviter la mort de sa soeur qui a elle aussi téléchargé l’application.

Countdown emprunte également à la saga Final Destination, dont le premier de cinq films a été lancé en 2000.

Comme dans la franchise culte, dans l’oeuvre de Dec, personne ne peut tromper son destin et celui qui tente d’échapper à la mort finit toujours par trébucher devant la Grande Faucheuse.

Une risible malédiction

Pour moi, la grande force de The Ring aura toujours été de me faire croire que le film aurait pu se terminer par une explication rationnelle sur ce qui cause la mort des jeunes qui n’ont pu résister à l’envie de visionner la cassette maudite.

Dans Countdown, on sait dès la cinquième minute que le gros bon sens n’est pas au rendez-vous.

Attention. Je ne dis pas que tous les films d’horreur qui font appel au paranormal sont mauvais. Bien au contraire.

Le problème avec Coundown, c’est que le film ne fait absolument aucun effort pour rendre la malédiction crédible. Et, par exemple, contrairement à dans The Ring, ladite malédiction n’est accompagnée d’aucune ambiance glauque.

Dec nous propose bien une explication au fait que les détenteurs de l’application meurent, mais celle-ci est totalement risible. Figurez-vous donc qu’elle remonte à une bohémienne du Moyen-Âge qui avait remis un parchemin à un prince qui souhaitait savoir s’il allait mourir…

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je vais au cinéma, je n’aime pas être pris pour un débile profond…

Remarquez que cette stupidité est peut-être volontaire de la part du scénariste. Parce que plusieurs autres moments brillent par leur risibilité (dont la finale, totalement, mais alors là, totalement tirée par les cheveux).

Les meilleurs moments du film sont d’ailleurs ceux où deux personnages totalement disjonctés (un prêtre et un pirate informatique) tentent d’expliquer la malédiction de façon rationnelle.

Encore là, était-ce volontairement ridicule? J’avoue ne plus savoir.

Le plus absurde dans toute cette histoire? La sortie de Countdown a convaincu Apple de retirer de son magasin une application… prédisant la mort de ceux qui la téléchargent.

Comme le disait avec beaucoup de justesse le défunt magazine Croc: ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

 

COUNTDOWN

En bref: Une jeune femme ayant téléchargée une application apprend qu’il lui reste moins de deux jours à vivre. Elle tentera alors de déjouer la malédiction dont elle est frappée.

Appréciation: Ce film d’horreur qui multiplie les clichés et qui frôle le ridicule ne passera très certainement pas à l’histoire.

Genre: Film d’horreur
Version française: Application mortelle
Réalisateur: Justin Dec
Scénario: Justin Dec
Avec: Elizabeth Lail
Budget: 6,5 millions $US
Durée: 90 minutes
Une production des studios: Schiller Film Group

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 2
Qualités visuelles: 3
Jeu des comédiens: 3
Originalité: 2
Divertissement: 2

Total: 12 sur 25