Les urnes attendront

La perspective d’une élection provinciale hâtive pour donner l’occasion aux progressistes-conservateurs de Blaine Higgs d’aller se chercher une majorité à l’Assemblée législative a été anéantie cette semaine par les résultats du scrutin fédéral.

En mettant la table pour la nouvelle session législative le mois dernier, M. Higgs semblait aussi être en train de préparer le terrain pour les prochaines élections. La province est en «crise», a-t-il dit, et des choix difficiles devront être faits pour la remettre sur le droit chemin. De là à demander un mandat majoritaire à la population afin d’affronter cette «crise», il n’y a qu’un pas. L’Alliance des gens s’est montré jusqu’ici un allié loyal du gouvernement minoritaire, mais rien ne garantit que ce serait toujours le cas si les progressistes-conservateurs décidaient de réduire drastiquement les dépenses ou de couper dans les services.

La confortable avance dont bénéficie le Parti progressiste-conservateur sur le Parti libéral du Nouveau-Brunswick dans les sondages depuis plusieurs mois pourrait d’ailleurs s’avérer une occasion à saisir.

Le scrutin de lundi ne s’est toutefois pas déroulé comme l’espéraient les progressistes-conservateurs. Au lieu des six sièges auxquels ils pouvaient légitimement s’attendre, les conservateurs fédéraux ont remporté seulement les trois circonscriptions du sud-ouest de la province qui leur sont généralement acquises.

Encore pire pour l’équipe de M. Higgs, les résultats des élections fédérales au Nouveau-Brunswick (Lib – 37,6%, Con – 32,8%) démontrent que l’opinion des électeurs n’a pas à peu près pas changé depuis les élections provinciales de 2018 (Lib 37,8%, Con – 31,9%). À ce rythme-là, les bleus pourraient même perdre leur minorité si un scrutin provincial avait lieu prochainement.

Le seul réconfort pour les progressistes-conservateurs, dans ces élections fédérales, c’est que les Néo-Brunswickois (tout comme le reste des Canadiens) n’ont rien voulu savoir du Parti populaire de Maxime Bernier alors que la gauche, elle, demeure très fragmentée. Il serait toutefois étonnant que cette mince consolation suffise à les convaincre de s’engager en campagne électorale avant la fin de l’hiver.