Fermeture du consulat de France: une décision définitive?

Le Consulat général de France dans les provinces atlantiques fermera-t-il ses portes en 2022, comme l’annonçait en primeur l’Acadie Nouvelle? Chose certaine, ça ne sera pas la première fois que le consulat de France dans la région est voué à disparaître.

À au moins deux reprises, le ministère français des Affaires étrangères a voulu mettre fin à son antenne diplomatique au Canada atlantique. Un consulat offre des services administratifs et a aussi trois principales missions qui sont politiques, économiques et culturelles. L’administration du Quai d’Orsay à Paris doit de manière tout à fait légitime évaluer la pertinence de maintenir une ambassade ou un consulat dans un pays ou une région en tenant compte des fonctions mentionnées plus haut.

La décision de transférer à Moncton le consulat de France d’Halifax en 1964 a été avant tout politique. On peut croire qu’elle a été avalisée le président Charles de Gaulle qui acquiesçait à une demande du premier ministre Louis J. Robichaud. Robert Pichette, dans son ouvrage pour souligner le cinquantième anniversaire du transfert du consulat à Moncton, relate très bien cet événement. Parmi les centaines de postes diplomatiques de la France à travers le monde, combien de ceux-ci ont fait l’objet d’un ouvrage d’un historien local pour en souligner et en louer la présence?

C’est dire l’importance du consulat de France en Atlantique pour l’Acadie. La visite historique des quatre Acadiens en 1968 a permis de renouer les liens avec notre mère patrie qui s’étaient effilochés avec le temps. Ce moment fort, voulu par la volonté politique du président de Gaulle, a été des plus bénéfiques pour l’Acadie. Plusieurs coopérants français sont venus enseigner à l’Université de Moncton. Le journal L’Évangeline a bénéficié de journalistes et d’une importante aide matérielle. Des centaines de jeunes Acadiens ont pu grâce à de généreuses bourses et faire des études dans les meilleures universités françaises.

Il serait fort regrettable qu’au moment où nos cousins québécois ont décidé d’augmenter les moyens et les effectifs du bureau du Québec en Atlantique, que la France décide de plier bagage. Au lieu de baisser pavillon, les autorités françaises devraient s’asseoir avec le gouvernement canadien, ceux des quatre provinces de l’Atlantique et les représentants de la société civile acadienne pour renforcer nos liens.

La visite historique du président Jacques Chirac auprès de la communauté acadienne à Memramcook en 1999, à l’invitation de la Société Nationale de l’Acadie, a permis la création d’une Alliance française à Moncton. Les deux visites du président François Mitterrand à Moncton et à Caraquet en 1987 ont contribué à consolider les liens entre l’Acadie et la France.

La mission de la SNA a été revue à la lumière de l’arrivée sur la scène communautaire acadienne de nombreuses associations de toutes sortes. C’est à ce moment que la SNA a reçu le mandat premier de représenter le peuple acadien à l’international et a intensifié ses relations avec la France. À quand une prochaine invitation d’un président français?