Pas d’Halloween au Québec, pas d’élections au Nouveau-Brunswick!

Pendant que les Néo-Brunswickois s’épivardaient devant la trajectoire biscornue de la campagne électorale fédérale, quelque chose de bizarre se tramait dans les coulisses des officines politiques à Fredericton.

Et oui, fort des sondages du printemps et de l’été qui les plaçaient loin devant les libéraux, les stratèges conservateurs de Blaine Higgs ont résolument songé à déclencher des élections immédiatement après celles du fédéral.

L’hypothèse favorisant une telle décision reposait sur des sondages qui donnaient aux conservateurs fédéraux sept sièges: ne laissant aux libéraux que les circonscriptions d’Acadie-Bathurst, de Beauséjour et de Moncton. La réflexion se rendait assez loin pour que la date de l’élection soit fixée pour le 2 décembre, et que celle-ci soit déclenchée le vendredi 1er novembre pour une campagne de 30 jours.

Pour confirmer cette hypothèse, on nous dit que le gouvernement a complété la nomination des directeurs de scrutin des 49 circonscriptions provinciales la semaine dernière. Chez les conservateurs, selon mes sources, c’est le caucus qui voulait absolument en découdre avec les rouges pour mettre fin à la fragilité d’un gouvernement minoritaire où les troupes de Kris Austin semble posséder beaucoup plus de pouvoir que la majorité du caucus.

Le premier ministre Higgs quant à lui n’aurait pas été chaud à l’idée, plus intéressé qu’il est à amorcer les réformes qu’il juge nécessaires pour la province, plutôt que de partir en campagne.

Les libéraux bien certainement ne sont pas dupes et réalisent la forte possibilité d’une élection. Il n’en fallait pas plus pour que l’on organise le plus rapidement possible des équipes d’intervention visant à être prêt si la guerre est déclarée.

Ce faisant, on prépare des documents de politiques, on approche des candidats potentiels et on accélère les sessions de formation du nouveau chef que l’on a gardé en réserve pendant presque tout l’été.

Dès la mi-campagne, il devient évident que la prémisse d’une débâcle libérale est grandement exagérée tout au contraire, laissant l’équipe de Blaine Higgs gros jean comme devant alors que son parti n’a fait élire que trois députés aux élections fédérales. Qui plus est, des sondages récents replaceraient les libéraux provinciaux en tête dans les intentions de vote, coupant court au plan des conservateurs.

En jouant avec le feu pendant cette élection fédérale, le premier ministre Higgs s’est brûlé.

Rappelons-nous ce qu’il a fait. D’abord, il est parti en guerre contre Justin Trudeau. Toute l’année durant, il refuse de faire des annonces communes avec le gouvernement fédéral et laisse sur la table des millions de dollars en projets d’infrastructures. En attaquant constamment le Québec, il satisfait la frange politique antifrancophone qui nourrit sa base électorale.

Plus de 65% des Néo-Brunswickois ont voté pour des partis politiques favorisant la taxe du carbone. Les villes de Saint-Jean et Miramichi sont demeurées libérales pendant que Fredericton a rejeté elle aussi les avances conservatrices. Les Néo-Brunswickois savent pertinemment que Blaine Higgs n’a pas défendu les intérêts de la province durant cette élection, mais bien celle de son parti politique.

Devant une telle déconfiture, Higgs n’a pas d’autres choix que de reculer. On ne votera pas à nouveau cet automne!