Se sont-ils réellement Trumpés?

«Ils», mis pour Donald Trump et Boris Johnson. «Trumpés» employé ici pour souligner à la fois les suites de scandales et d’erreurs de jugements et les questions que ceux-ci soulèvent sur l’avenir politique des deux frères siamois à la tête de leur pays respectivement. Trump est devenu cette semaine le quatrième président dans l’histoire des États-Unis à faire formellement l’objet d’une procédure de destitution. Au Royaume-Uni, le Parlement a approuvé le plan du Brexit négocié avec l’Union européenne par le Premier ministre Boris Johnson mais, comme pour ne rien régler, s’en remet aux Britanniques convoqués aux urnes le 12 décembre.

Les démocrates ont-ils enfin la mesure de Trump?

Celui qui lui assène ce dernier coup n’est pas n’importe qui. Alexander Vindman, lieutenant-colonel de l’armée américaine, est un haut responsable de la sécurité nationale. Présent lors de l’appel controversé du président le 25 juillet, son témoignage devant le Congrès mardi était particulièrement embarrassant pour Trump. Homme réputé intègre, Windman a confirmé avoir entendu Trump faire appel au président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky pour enquêter sur son rival politique du camp démocrate, Joe Biden.

Deux jours plus tard, la procédure de destitution a été officialisée par un vote des législateurs américains. Des audiences publiques mettront bientôt fin aux témoignages à huis clos recueillis jusqu’ici. Avant Noël, le processus devrait se terminer par un vote à la Chambre pour destituer Trump, ce que les démocrates au Congrès devraient obtenir aisément.

Mais, au-delà de la légitimité de la démarche des démocrates, ce vote ne change guère la situation du président Trump au plan politique. Tout au plus, l’impeachment aura lieu, mais le président sera vraisemblablement acquitté au Sénat où les élus républicains continuent de lui vouer une insoutenable allégeance.

Dans l’histoire américaine, seuls deux présidents ont été sous le coup d’une procédure de destitution, Andrew Johnson au 19e siècle et Bill Clinton. Aucune des deux tentatives n’a abouti à une destitution. Quant à Richard Nixon, objet d’une telle la procédure pour le scandale du Watergate dans les années 1970, il a préféré démissionner. Trump n’a cependant pas seulement abusé de son pouvoir présidentiel dans l’affaire ukrainienne. Il a ensuite cherché à dissimuler ces actions et à entraver le travail du Congrès. Même s’il ne nie pas les faits, il s’en moque publiquement.

Est-ce le début de la fin de la tragi-comédie du Brexit?

Après plus de deux ans d’impasse sur le Brexit, les électeurs britanniques auront à nouveau leur mot à dire. Le Parlement a approuvé des élections générales pour le 12 décembre, qui pourraient être parmi les plus décisives depuis des décennies. Est-ce pour autant le début de la fin de la saga du Brexit? Si l’on s’en tient aux seules intentions de votes, elles démontrent que rien n’est moins sûr.

Les Conservateurs ont pour le moment une avance confortable de 11 points. L’ancienne première ministre Theresa May en avait presque le double en 2017 avant de perdre sa majorité parlementaire lors d’élections anticipées en juin. Or, des études ont aussi révélé que pas moins d’un tiers des électeurs britanniques ont changé de partis lors des deux dernières élections générales, ce qui rend les prochains résultats impossibles à prévoir. Le risque est donc bien réel qu’un Parlement totalement dysfonctionnel émerge du prochain scrutin.

Deux options claires s’offriront toutefois aux Britanniques. D’une part, ils pourront donner un mandat clair à l’actuel premier ministre Boris Johnson, qui lui permettrait de mener à terme le Brexit et de commencer à négocier des accords de libre-échange avec l’UE et les États-Unis. Le plus grand obstacle qui s’érige sur le chemin M. Johnson à cet effet s’appelle Nigel Farage. En attirant des partisans frustrés qui veulent un Brexit sans accord immédiat, le chef du parti Brexit pourrait en effet empêcher Boris Johnson d’obtenir la majorité qu’il convoite. La défaite des Conservateurs ouvrirait alors la voie à un probable second référendum sur le Brexit, après celui de 2016.

La deuxième option serait l’élection d’un gouvernement travailliste. Sur le Brexit, le Parti travailliste chercherait à renégocier un accord du Brexit plus souple avant la tenue d’un éventuel second referendum. Bien que cette approche attire de nombreux électeurs (y compris certains conservateurs), on s’inquiète de toutefois la volonté de Jeremy Corbyn de modifier radicalement l’économie britannique. Ainsi, loin de clarifier la question du Brexit, ces élections pourraient y ajouter une dose d’incertitudes encore plus grande.