Terminator – Dark Fate: quand James Cameron réécrit l’histoire

C’est un secret pour personne, depuis 1991, la saga Terminator vieillit très mal. Heureusement, avec Terminator: Dark Fate (en salle depuis vendredi) la franchise retrouve un peu de sa superbe grâce à un retour aux sources tout en simplicité signé James Cameron.

C’est le cinéaste canadien qui, en 1984, avait mis au monde les machines à tuer venues du futur dans un petit film jumelant horreur et science-fiction aujourd’hui devenu culte.

Sept ans plus tard, il a remis ça, cette fois avec beaucoup plus de budget. Est alors né Terminator 2: Judgement Day, un des meilleurs films à grand déploiement de l’histoire.

Cameron a à ce moment abandonné la franchise pour se tourner vers d’autres projets (Titanic, True Lies et Avatar, notamment).

Depuis, trois films et deux saisons d’une série télévisée se sont succédé. Chaque nouvel opus a raconté un pan de la vie de John et de Sarah Connor, mais aucun n’est parvenu à s’approcher de la magie des deux premiers films.

Signe de la médiocrité des oeuvres post-Cameron, Salvation (2009) et Genisys (2015) devaient chacun être la clé de voûte d’une trilogie distincte, mais leurs insuccès aux guichets ont tué le projet dans l’oeuf.

C’est à ce moment que James Cameron a décidé de tenter de remettre son bébé sur le droit chemin.

Le vétéran cinéaste s’est donc appointé producteur du nouveau film, il a choisi Tim Miller pour le tourner et il s’est donné le dernier droit de regard sur le scénario.

Il a de plus sorti des boules à mites les vedettes des deux premiers films (Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger), en plus de renier complètement tout ce qui s’est produit dans la franchise depuis 1991 – pour Cameron, ces oeuvres se déroulent dans une «chronologie parallèle».

Les événements de Dark Fate se situent donc dans la continuité de The Terminator et de Terminator 2.

Le résultat est un film fidèle à ses racines, qui ne réinvente vraiment pas la roue, mais qui nous offre – et de loin – les meilleures scènes d’action de toute l’histoire de la franchise.

Une nouvelle cible

Nous sommes en 2020. L’holocauste nucléaire que devait déclencher l’intelligence artificielle Skynet n’a jamais eu lieu.

Malgré tout, une jeune femme du nom de Dani (Natalia Reyes) est la cible d’un Terminator nouveau genre venu du futur.

Heureusement, Dani peut compter sur une protectrice, Grace (Mackenzie Davis), une humaine «technologiquement améliorée» venue elle aussi du futur.

Grace ne fait toutefois pas le poids face à la formidable machine à tuer.

Elle devra donc s’adjoindre les services de Sarah Connor (Hamilton) et d’un vieux Terminator à la retraite depuis 20 ans (Schwarzenegger) si elle souhaite protéger Dani.

Car, à l’instar de John Connor, Dani joue un rôle primordial dans le conflit à venir entre une intelligence artificielle et l’humanité…

De l’action à revendre

Le développement des technologies aidant, Dark Fate est le film le plus spectaculaire de la saga Terminator.

Tim Miller a démontré dans Deadpool qu’il savait concocter d’intenses bagarres et il récidive dans Dark Fate. La bataille sur l’autoroute est particulièrement réussie.

Il faut dire que nouveau vilain est coriace et terrifiant. Pratiquement indestructible, il ressemble à un hybride entre le T-1000 du deuxième film et le bon vieux T-800 interprété par Arnold.

Les prouesses de la machine sont extrêmement impressionnantes et, à titre de film d’action et de divertissement, Dark Fate est une très belle réussite.

Trop de déjà-vu

Le hic – et il est gros -, c’est que le film ressemble à une immense mise au goût du jour des deux premiers épisodes.

La prémisse est exactement la même et à part modifier quelques éléments du futur (avec plus ou moins d’adresse), le scénario est surprenamment dépourvu d’originalité et d’imagination.

Le pire défaut du film, selon moi, est qu’il est totalement dépourvu de la dimension philosophique qui faisait que les deux oeuvres originales étaient bien davantage que des balourds films d’action.

Relativement nouvelles à l’époque, les notions de voyage dans le temps et des répercussions, sur le futur, des choix que l’on fait aujourd’hui, ne sont à peu près pas développées dans Dark Fate.

The Terminator et T2 nous faisaient réfléchir. On restait ébranlés devant tant de finauderie.

S’il est assurément supérieur à tous les films de la saga lancés post T2 (principalement en raison de la nostalgie qui l’accompagne et de ses qualités visuelles), Dark Fate n’a malheureusement pas l’intelligence et la finesse des deux films originaux.

 

TERMINATOR: DARK FATE

En bref: Aidée de deux légendes, une guerrière venue du futur doit protéger une jeune femme qui est la cible d’une machine tueuse.

Appréciation: Cette sixième entrée est la meilleure depuis 1991, mais n’a malheureusement pas la profondeur des deux premiers épisodes.

Genre: Science-fiction
Version française: Terminator: Sombre destin
Réalisateur: Tim Miller
Scénario: Collectif
Avec: Linda Hamilton, Arnold Schwarzenegger et Mackenzie Davis
Budget: 185 millions $US
Durée: 128 minutes
Une production des studios: Paramount et Twentieth Century Fox

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 3
Qualités visuelles: 4
Jeu des comédiens: 3
Originalité: 2
Divertissement: 4

Total: 16 sur 25