«La violence a coutume d’engendrer la violence.» – Eschyle

Imaginez-vous des jeux vidéo, populaires parmi les jeunes, qui promeuvent la paix, les beaux gestes, l’acceptation, la résolution de problèmes mondiaux, la moralité, l’engagement à la crise climatique, le partage des biens, l’ingéniosité, etc. Sans passer par la violence. On obtiendrait des points en collaborant avec son prochain plutôt qu’en l’achevant. Quel en serait l’impact à long terme sur la jeune génération?

Utopique vous pensez? Peut-être. Et peut-être que les jeux seraient moins stimulants et on y passerait moins d’heures à jouer. Mais réflexion faite, cela en soi serait un exploit à applaudir.

Les jeux vidéo violents sont-ils anodins?

Bien qu’il n’y ait pas de consensus sur la question et que je n’aie pas fait une recension des écrits portant sur ce sujet, je doute que les jeux violents puissent être salutaires. Je tiens à préciser que lorsque je me réfère à la violence, j’inclus le sexisme, le racisme et d’autres idéologies discriminatoires.

Le simple fait que la série de jeux vidéo «Mortal Kombat» (qui signifie «combat mortel») soit, depuis plusieurs années, un excellent vendeur me fait frissonner. D’une extrême violence, ce jeu a même été banni dans quelques pays. Ici au Canada, les jeunes jouent. Loin de moi cette idée de lutter pour l’interdiction des jeux de vidéo violents ou de les diaboliser; or, je propose tout au moins une réflexion sociétale sur leur influence et sur le respect de la classification par âge de ces jeux.

En ce qui à trait aux effets nocifs de ces jeux sur la santé mentale des jeunes, Monbourquette, professeur et auteur, affirme: «Plusieurs jeux vidéo dépeignent le monde comme un endroit dangereux dans lequel l’autre n’est qu’un ennemi à abattre […] Elle [la violence que l’on observe dans les jeux vidéo] tend à faire voir comme normale l’agressivité dans les rapports aux autres et continue à relâcher les ressorts de compassion dans la vie réelle.»¹

Jeux vidéo prosociaux

J’ai une collègue qui raffole des jeux vidéos et qui possède de solides connaissances dans ce domaine. J’ai de la chance, car mon expérience personnelle ici se résume à avoir fait le tour du jeu «Super Mario» quand j’étais enfant. Cela tempère quelque peu ma prétendue compétence. Attendez! J’ai aussi joué à Tetris! Ça compte?

Euh… Je reviens à ma collègue. Elle propose des jeux bénéfiques tels que «Animal Crossing», un jeu vidéo prisé par les enfants et les adolescents. Dans ce jeu, vous êtes un nouvel habitant dans un village où les objectifs sont d’être heureux, de créer, d’être responsable, de planter des arbres, d’apprendre sur les constellations ou sur la faune, etc. Pour ma part, je préférerais que mes enfants m’implorent de jouer à ce jeu au lieu d’arriver de l’école en parlant de Fortnite.

Remettons en cause nos choix de jeux!

J’invite respectueusement vos partages et questions.

¹Monbourquette, J. (2004). Pour des enfants autonomes. Ottawa: Novalis, p.69.