CRH: ne sous-estimez pas Paul Pelletier

Je suis de ceux qui croient que derrière la plupart des athlètes se cache une histoire intéressante.Prenons par exemple le cas de Paul Pelletier, un attaquant des Draveurs du Bas-Madawaska.

Jeudi de la semaine dernière, Paul Pelletier n’était pour moi qu’un joueur parmi tant d’autres dans le Circuit régional de hockey.

Pour tout vous dire, ma connaissance du bonhomme se résumait au fait que je voyais de temps à autre son nom parmi les marqueurs d’un match impliquant les As de Saint-Basile, son ancienne équipe.

Comme je ne suis les activités du CRH que depuis deux saisons, et à distance puisque j’habite dans la Péninsule acadienne, je n’étais pas conscient qu’à une époque pourtant pas si lointaine, Pelletier était considéré comme l’un des meilleurs joueurs offensifs de la ligue.

Même qu’en 2014-2015, il avait pris le quatrième rang des pointeurs avec un total de 56 points, dont 21 buts. Ce n’est pas rien.

Mais ça, c’est du passé. Au cours des quatre dernières campagnes, ça s’est plutôt calmé au niveau des chiffres pour lui. D’ailleurs, il n’a même pas été en mesure de conserver une moyenne d’un point par partie au cours de ces quatre campagnes.

Bref, vous m’auriez demandé quel genre de joueur était Paul Pelletier et je vous aurais dit que c’est un hockeyeur marginal comme il y en a des tonnes.

Ça aurait été une grave erreur de ma part. Une chance que vous ne m’avez pas posé cette question parce que j’aurais été un excellent candidat pour me joindre dans le groupe des: «J’aurais dû, ben dû, donc dû, farmer ma grand’yeule».

Car voyez-vous, depuis que j’ai commencé à présenter les équipes du CRH, il y a une semaine, le nom de Paul Pelletier est celui qui revient le plus souvent dans les discussions. Chaque fois que je demande à mon interlocuteur, peu importe l’équipe, qui sont les prétendants sérieux pour le titre et les Draveurs sont immanquablement cités. Et aussi Pelletier.

De ce que j’ai pu comprendre, sa valeur ne se résume aucunement par des chiffres. Paul Pelletier est plutôt un guerrier comme il y en a peu dans le CRH. Surtout un guerrier de sa taille. Le gaillard mesure 6 pieds 2 pouces et fait osciller le pèse-personne à 230 livres.

Dean Ouellet, le capitaine des Panthères du Haut-Madawaska, m’a dit de Pelletier qu’il était un attaquant de puissance qui cogne dur dans les coins de patinoire, en plus d’être un joueur de centre contre qui il est extrêmement difficile de jouer contre. Son entraîneur François Caron m’a confié sensiblement la même chose.

Nick Jessome, son ancien coéquipier chez les As, m’a mentionné que le départ de Pelletier fait très mal à l’équipe. «C’est tellement un grand leader et un grand motivateur par sa façon de jouer», m’a-t-il révélé.

Le DG du Dynamo de Kedgwick Denis Couturier, que tout le monde à part moi appelle Bucket, m’a aussi raconté que du bien au sujet de Pelletier.

Bref, la coupe était pleine et j’ai eu le goût de connaître davantage ce gros bonhomme qui inspire tellement le respect auprès de ses adversaires.

Paul Pelletier a fait ses débuts dans le CRH à l’âge de 19 ans. Étrangement, il ne faisait que 5 pieds 11 pouces et 180 livres lorsqu’il a donné ses premiers coups de patin dans la ligue. Ç’a pris deux ou trois ans avant qu’il ne devienne vraiment la pièce d’homme qu’il est aujourd’hui.

«Je me suis mis à grandir sur le tard», m’explique simplement Pelletier, qui dit avoir calqué son jeu sur Danny Gagnon, un gros attaquant qui a évolué pendant plusieurs saisons avec les Draveurs.

«C’était mon idole quand j’étais jeune. Je pense qu’il sait que j’aimais sa façon de jouer. Même que je lui ai déjà demandé de me signer un autographe dans le temps. Depuis que je joue dans la ligue, j’ai toujours tenté de jouer comme lui», dit-il.

– Et jouer comme Danny Gagnon et Paul Pelletier, ça consiste à quoi au juste?

«De bien jouer dans les deux sens de la patinoire. De terminer ses mises en échec. D’être un bon coéquipier. Et de respecter les décisions des arbitres même s’ils ne sont pas toujours bons», me lance-t-il d’un bloc.

On rigole un peu de sa vision des arbitres, puis je lui dit:

– Et c’est vraiment vrai que tu cognes dur dans les coins de patinoire?

«Quand un gars a la rondelle, il sait si je suis sur la glace», réplique-t-il en riant le hockeyeur âgé de 30 ans, qui était surnommé Le Train à Saint-Basile.

J’ai ensuite voulu comprendre pourquoi il avait quitté les Draveurs après deux saisons, agrémentée d’une conquête de la coupe Gérald-Martin à sa deuxième campagne.

«C’était pour des raisons familiales. J’habitais désormais à Saint-Basile et avec ma famille c’était plus facile pour moi. Et si j’ai décidé de revenir après huit saisons avec les As, c’est parce que je veux terminer ma carrière là où elle a commencé», résume-t-il tout en prenant soin d’ajouter que sa retraite n’est pas pour demain.

Comme je voulais en apprendre le maximum sur lui, je lui ai demandé de m’expliquer sa baisse de régime sur le plan offensif.

«Il y avait des joueurs comme André Mercure et Michel Lavoie dans le temps avec les As. C’était facile de ramasser des points avec ces gars-là», indique-t-il.

La discussion se termine sur la saison en cours. J’étais curieux de savoir jusqu’à quel point le calibre de jeu avait changé depuis ses débuts dans le CRH en 2009-2010.

«Dans le temps, c’était plus robuste et tu avais même droit à deux bagarres avant d’être chassé du match. Aujourd’hui, tu n’as même plus le droit de te battre et les coups de cochon sont plus nombreux. Le jeu est toutefois beaucoup plus rapide. Tu as plus de gars qui ont joué du gros hockey comme Dean Ouellet, Mathieu Labrie et Adrien Lemay, entre autres», a ajouté le fort sympathique colosse.

Voilà, vous en savez maintenant autant que moi sur le nouveau train des As.

J’en profite d’ailleurs pour rappeler aux joueurs du CRH qu’il faut avoir des yeux autour de la tête quand Paul Pelletier est sur la glace.

Paul Pelletier est l’un des joueurs les plus costauds du CRH du haut de ses 6 pieds 2 pouces et de ses 230 livres. Il a récemment été photographié alors qu’il effectuait des travaux à la maison. Selon ce qu’on nous dit, il est nettement plus menaçant une fois qu’il a endossé son uniforme de hockeyeur.-–Gracieuseté

Les matchs du week-end

Vendredi
Caraquet c. Shippagan (20h)
Chaleur c. Néguac (20h30)
Kedgwick c. Saint-Basile (21h)
Perth-Andover c. Témiscouata (20h – hne)

Samedi
Haut-Madawaska c. Perth-Andover (19h30)
Témiscouata c. Bas-Madawaska (19h30)

Dimanche
Bas-Madawaska c. Kedgwick (14h30)
Saint-Basile c. Haut-Madawaska (14h30)
Dalhousie c. Tracadie (19h)

Ici et là dans la province

  • – Luc Williams connaît tout un début de saison chez les Marchands de Shippagan avec cinq buts et quatre passes en deux rencontres. Il occupe bien sûr la tête dans la colonne des pointeurs de la LHSAC. S’il poursuit à ce rythme, Luc terminera la campagne avec 50 buts et 40 passes pour 90 points. Des plans pour rendre les bons vieux vétérans Martin McGraw et Yan Rail un brin jaloux.
  • – Les Alpines de Tracadie ont appris une bien bonne nouvelle avec la décision de l’excellent Lucien-Carl Losier de revenir au jeu après avoir laissé entendre qu’il voulait prendre une pause de hockey. J’imagine que l’entraîneur Brian Basque doit avoir le sourire facile ces jours-ci.
  • – Les Acadiens de Caraquet seraient actuellement en pourparlers avec un attaquant et un défenseur. Bien hâte de voir de qui il s’agit. Le directeur général Mike Rail, aussi cachottier que l’était Sam Pollock dans les années 1970 avec les Canadiens de Montréal, n’a pas voulu m’en dire plus si ce n’est que rien n’était coulé dans le béton. J’ai eu beau le tanner en le bombardant de questions, il n’a rien voulu savoir. C’est têtu un DG quand ça veut.
  • – Comme je vous l’ai annoncé il y a quelques semaines, la Ligue de hockey senior Beauséjour entamera ses activités le 15 novembre avec trois formations, soit les JC’s de Bouctouche, les Hawks d’Elsipogtog et les Pêcheurs de Cap-Pelé. Le calendrier n’a toujours pas été dévoilé. J’aurai cependant l’occasion de vous présenter chacune de ces formations au cours de la semaine prochaine.
  • – Au total, il y a 15 équipes de hockey senior cette saison dans la province. Étrangement, seulement deux d’entre elles sont établies dans des municipalités anglophones, soit le Thunder de Perth-Andover (CRH) et les Hawks d’Elsipogtog (LHSB). En fait, je devrais plutôt dire trois clubs puisque les Ice Dogs de Miramichi-Néguac (LHSAC) ont désormais un statut bilingue.
  • – Les Ice Dogs pourront compter sur les retours au jeu des attaquants David Brewer et Brett Young en fin de semaine. Ce sont deux pièces importantes de l’équipe.
  • – Toujours au sujet des Ice Dogs, j’ai discuté un brin avec Matthew Doherty quelques minutes avant le match opposant les Bruins de Boston aux Canadiens de Montréal au Centre Bell, mercredi, où il était présent et avec des bons billets m’a-t-il confié. Ce grand amoureux des Oursons m’a ainsi révélé qu’il était très peu probable qu’il se joigne aux Ice Dogs cette saison. C’est bien dommage. Mais qui sait, peut-être que le directeur général Olivier Savoie saura le convaincre de tenter un retour. À 36 ans, cet élégant patineur a sûrement encore du bon hockey à donner.
  • – Depuis que j’ai présenté les Mooseheads de Chaleur, ces derniers ont ajouté trois éléments importants à leur équipe, soit MacKenzie Gray, Neil Coombs et Riley Scott. La troupe de Mike Nadeau sera vraiment très coriace cette saison.
  • – Les fils d’anciens joueurs étoiles sont nombreux dans le hockey senior. Un rapide regard sur les alignements de chaque équipe m’a permis de trouver les progénitures de Bernard Chiasson (Danny avec les Panthères et Andy avec les As), de Sylvain Couturier (Charles avec les Mooseheads), de Claude Lagacé (Jean-Samuel avec les Acadiens), d’Yves Sarault (Chris avec les As), d’Edgar Mallais (Jesse avec les Alpines) et de Peter Thorne (Stephen avec les Maraudeurs). Il doit sûrement y en avoir d’autres, d’autant plus que je n’ai pas encore vu les alignements des trois clubs du Circuit Beauséjour.
  • – Les Maraudeurs pourront compter sur les services du vétéran Ryan Mockler, dimanche. Voilà une bonne nouvelle pour l’équipe du Restigouche. Le capitaine Éric Mockler, le frère de Ryan, devrait quant à lui faire ses débuts la semaine prochaine.
  • – Alors qu’il était censé évoluer pour les Ice Dogs, Brandon Kenny portera finalement les couleurs des Alpines. J’espère qu’il ne se mettra dans le trouble comme il l’avait fait il y a quelques années avec le Au P’tit Mousse de Lamèque. Le jeune David Basque a également décidé de se rapporter à l’équipe de Tracadie.
  • – Je dénombre 13 anciens porte-couleurs des Aigles Bleus de l’Université de Moncton dans les équipes du CRH et de la LHSAC. Le nombre sera bien sûr revu à la hausse une fois qu’on connaîtra les alignements des formations de la LHSB. C’est sans oublier qu’il n’est pas exclu que d’autres viennent s’ajouter aux équipes des deux autres ligues. Mais pour l’instant, ils sont Jean-Sébastien Fournier, Patrick Huard, Adrien Lemay et Mathieu Labrie du Dynamo, Dean Ouellet, Alex Émond, Danny Chiasson et Alexandre Soucy des Panthères, Jonathan Connely des As, Rémi Doucet des Mooseheads, Luc Williams des Marchands, Kent-Erik Frees des Maraudeurs et Daniel Basque des Alpines.