Cédric Boily, l’île de Cozumel et la mer des Caraïbes

Cédric Boily est un homme très occupé ces temps-ci. C’est comme s’il faisait du temps supplémentaire.

Alors que la quasi-totalité de nos triathlètes ont déjà remisé leur combinaison trifonction pour l’hiver, lui a décidé de prolonger sa saison de deux autres ironman.

Le bougre en a disputé un premier le week-end dernier à Panama City Beach, en Floride, où il a pris le 14e échelon chez les professionnels avec un temps de 8h29min58s.

Et là il est en train de récupérer en vue du Ironman de l’île Cozumel, au Mexique, qui aura lieu le dimanche 24 novembre.

Cédric était en verve lorsque nous avons fait la jasette, vendredi matin.

Par exemple, il m’a raconté avoir failli abandonner en fin de semaine dernière en Floride. La faute de ce drame évité revient à un salopard de pneu de vélo qui a eu la mauvaise idée de crever au 135e kilomètre. Sont parfois comme ça les pneus. Des pas fiables quand on a le plus besoin d’eux.

Heureusement que Cédric a décidé de continuer parce qu’il a finalement enregistré son meilleur chrono à vie sur cette distance, en plus également de courir (et de loin) son meilleur marathon en 2h50min25s, surpassant par près de sept minutes son ancienne marque de 2h57min3s établie en 2018 à Mont-Tremblant.

«Ç’a vraiment passé proche que j’abandonne, m’a juré Cédric. Cette crevaison m’a fait perdre environ 10 minutes et ç’a tué mon momentum. J’étais avant la crevaison en bonne position pour terminer dans le top 10. J’ai alors perdu le goût de continuer. Puis je me suis dit que j’étais en Floride et que je n’avais pas le goût de revenir à la maison la tête entre les jambes. J’ai donc continué et j’ai ensuite couru mon meilleur marathon à vie.»

«Je me suis moi-même donné une leçon pendant cette course. C’est important de ne jamais abandonner. Et finalement, je suis pas mal content de mon résultat», dit-il.

Même s’il n’aura pas droit à beaucoup de repos, Cédric soutient qu’il sera dans la meilleure des formes, le 24 novembre. Il ne veut toutefois pas s’avancer quant à un possiblement classement.

«Il va y avoir 55 professionnels à Cozumel et je suis classé en 51e place parmi eux. Je sais aussi qu’il va y avoir cinq ou six médaillés des dernières années aux Mondiaux qui seront là. Moi, tout ce que je veux, c’est vivre une belle expérience et tenter d’améliorer mon record. Je m’attends à ce qu’il fasse très chaud, mais c’est correct parce que j’aime beaucoup la chaleur. Le courant de la mer des Caraïbes est normalement favorable et le vélo se faire sur un parcours plat qui m’avantage», m’a-t-il expliqué.

J’ai profité de l’occasion pour demander à l’athlète de 36 ans s’il croit pouvoir continuer de s’améliorer dans les prochaines années. Cédric m’a répondu dans l’affirmative.

«Je dirais qu’il me reste encore quatre ans dans ma courbe de développement, puis ça va ensuite aller tranquillement sur la pente descendante. D’ici là, je veux me démarquer le plus que je pourrai chez les professionnels. Mon but ultime serait de me qualifier au moins une fois dans ma vie pour les Mondiaux en tant que professionnel. Mais pour ça, je dois gagner une épreuve ou encore obtenir un classement qui me permettait d’avoir mon laissez-passer. Par exemple, si je termine en deuxième place à Mont-Tremblant et que le gagnant est déjà qualifié, je pourrai y aller. C’est sûr que ce sera mieux de gagner, mais je ne cracherai pas dans la soupe si j’obtiens ma qualification d’une autre façon», m’a raconté le sympathique triathlète.

«Je crois que je peux y arriver. Je prends beaucoup plus au sérieux mon entraînement. Je mets les bouchées doubles. Par exemple, après Cozumel, je vais prendre une pause, mais je vais reprendre l’entraînement dès janvier.»

Cédric prend alors une pause au bout du fil, puis me dit: «J’ai peur d’avoir l’air du gars qui dit qu’il ne se forçait pas auparavant. Ce n’est pas ça du tout. Je dis juste que je connais maintenant mieux mon corps et mon sport. Je suis aussi dans une phase dans ma vie où tout va bien».

«Ce qui fait la beauté de mon sport c’est que tu travailles sur ta faiblesse pour qu’elle devienne ton point fort. À mes débuts, c’était la course mon point faible et je dirais que c’est devenu avec les années ma force. Maintenant mon point faible c’est le vélo. Il faut donc que je trouve une façon pour que ça redevienne une force», clame-t-il.

«Dans le fond, être un triathlète c’est un peu se battre continuellement contre soi-même», m’a résumé à la toute fin Cédric Boily.

Mentionnons par ailleurs que Vincent Légère de Dieppe (9h21min) et Jason Grover de Moncton (10h13min32s) ont pris respectivement les 3e et 18e positions en Floride dans leur groupe d’âge, soit 45 à 49 ans.

Le choix de Sophie

Sophie Black va représenter les Aigles Bleues de l’Université de Moncton aux Championnats canadiens de cross-country d’U Sports, samedi, sur le coriace parcours de la colline du fort Henry à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario.

La coureuse de Moncton, qui a pris le 19e échelon lors des récents Championnats universitaires de l’Atlantique grâce à un temps de 32min40s. Son entraîneur Steve LeBlanc croit qu’elle peut aller chercher top-100, elle qui avait pris la 155e place il y a un an à ces mêmes championnats.

Lorsque je lui ai demandé ses objectifs pour samedi, Sophie a choisi de ne pas jouer le jeu des prédictions.

«J’aimerais bien exécuter ma course et profiter du grand nombre d’athlètes qui prendront le départ pour courir un temps rapide», m’a-t-elle révélé.

Et comment se sent Sophie à la veille de sa course?

«J’ai vraiment hâte. Les entraînements se sont bien passés dans les dernières semaines. Puisque le cross-country n’est plus aussi nouveau pour moi, j’ai pu augmenter un peu le volume de mes entraînements et récupérer plus vite pendant la saison», dit-elle.

Fin prête alors?

«La majorité du travail important est déjà fait. Il reste à bien me reposer pour être en forme pour la course», a-t-elle conclu.

En passant, Sophie ne sera pas la seule Néo-Brunswickoise à Kingston puisque la Dieppoise Kamylle Frenette portera les couleurs des Tigers de Dalhousie. C’est sans oublier Hannah Cormier et Isaac Cull, tous deux de Fredericton, qui représenteront les Varsity Reds de UNB.

Vous pourrez voir tout ça de vos yeux en direct à compter de 13h. Vous n’avez qu’à vous rendre sur le site web de l’événement.

Le voyage dans le temps d’Erin

Saviez-vous que la jeune adolescente Erin Vringer, qui détient le record provincial du 800m au niveau midget avec un chrono de 2min13s47, détiendrait la marque mondiale sur la distance si elle avait l’opportunité de voyager à bord de la voiture de Marty McFly (Retour vers le futur)?

En fait, Erin serait la recordwoman mondiale si elle avait la chance de retourner dans le passé, plus précisément le 30 août 1945 à Stockholm, soit exactement trois jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La reine de cette distance, la Suédoise Anna Larsson l’avait emporté en 2min13s80. Anna avait 23 ans à l’époque. Erin, elle, n’a que 15 printemps.

Quand je vous dis que l’adolescente de Saint-Jean est une athlète à suivre, ce ne sont pas des calembredaines.

Au menu ce week-end

Une seule épreuve en fin de semaine au niveau de la course sur route, soit le 36e 5 km Memorial Arlene Donaher de Miramichi.

Vous pouvez vous inscrire sur place de 7h30 à 8h45 au Centre des loisirs Linden, ou encore en ligne sur la liste web de Course Nouveau-Brunswick. Le départ sera donné à 9h au coin de Newcastle Boulevard et Chaplin Island Road.

À noter que les records du parcours appartiennent à Jean-Marc Doiron (15min33s) et Anouk Doiron (18min33s), qui sont également un couple dans la vie de tous les jours.

Pour ceux et celles qui sont à la recherche d’un record personnel sur cette distance, voilà votre chance parce que le parcours en pente descendante est l’un des plus rapides de la province.