Le moyen de ses ambitions

Blaine Higgs et son gouvernement voient grand. Au cours de la dernière année, les progressistes-conservateurs n’ont pas eu peur de s’attaquer à tout ce qu’ils ont détecté comme étant à leur avis de sérieux problèmes auxquels les gouvernements successifs n’ont pas eu le courage de s’atteler.

Les subventions aux entreprises, le régime fiscal, la gouvernance locale, la protection de l’enfance, l’arbitrage exécutoire dans les municipalités, le recrutement des infirmières, la foresterie et les terres protégées, la vaccination des élèves, l’aide sociale, les numéros de facturation des médecins, le système d’éducation au grand complet; à peu près tout y passe. Rien n’est trop gros pour ce gouvernement et ce n’est certainement pas un statut minoritaire à l’Assemblée législative qui va l’arrêter.

Qu’on soit d’accord avec lui ou non, on ne peut pas accuser le gouvernement Higgs de faire preuve de laxisme. Blaine Higgs semble d’ailleurs être le véritable moteur derrière cette volonté d’effectuer de vraies transformations dans l’appareil de l’État au-delà des changements cosmétiques auxquels nous sommes habitués. On se souviendra qu’il s’est déjà plaint de ne pas avoir pu aller assez loin dans les réformes lorsqu’il était ministre des Finances. Maintenant, c’est lui qui est aux commandes.

Jusqu’ici, toutes ces ambitions du gouvernement  se sont surtout traduites par beaucoup de bonnes intentions et énormément de travail en coulisse. C’est en partie pour quoi la première année au pouvoir des progressistes-conservateurs a été somme toute assez calme. Les propositions concrètes risquent toutefois de commencer à débouler avec la nouvelle session législative qui commence dans dix jours.

Au cours de cette session et des mois qui suivront, nous verrons si le gouvernement a  vraiment les moyens de ses ambitions ou si celles-ci ont dépassé son véritable pouvoir d’agir en contexte minoritaire. S’ils n’arrivent pas à aller jusqu’au bout sans d’abord se retrouver devant les urnes, les progressistes-conservateurs auront au moins des propositions claires à soumettre à l’électorat. Nous découvrirons alors si les Néo-Brunswickois ont véritablement l’appétit pour tous ces changements.