May quitte, Scheer et Singh restent… pour l’instant

Tel que je l’avais prédit, Elizabeth May a annoncé son départ de la chefferie du Parti vert du Canada et c’est la codirectrice du Parti, Jo-Ann Roberts, a été nommée à la direction par intérim du parti.

Ce changement à la tête du PVC lui donnera sûrement un nouveau souffle et pourrait lui permettre de faire des gains dans d’autres régions du pays. D’ores et déjà, le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrell, s’est dit intéressé par le poste. Par contre, la nouvelle député verte de Fredericton, Jenica Atwin, a fermé la porte à toute candidature à ce poste. Âgée de 32 ans et mère de deux jeunes enfants, elle dit vouloir consacrer son temps et ses énergies à sa conscription et à sa jeune famille. Qui pourrait l’en blâmer.

Les députés du Parti vert du N.-B., David Coon, Megan Mitton et Kevin Arseneau, ont également indiqué ne pas être intéressés par ce poste. Il faut bien comprendre que d’être choisi chef du Parti vert du Canada ne mettra pas de beurre sur leur table et que leur champ d’intérêt est différent de celui d’avoir à mener une barque nationale.

Quoi qu’il en soit, une course au leadership de ce parti émergent avec ses trois députés à la Chambre des communes et qui forme l’Opposition officielle à l’Île-du-Prince-Édouard en plus de codiriger la Colombie-Britannique avec le NPD, lui donnera certainement une publicité pan-nationale et pourrait l’aider à grimper les échelons lors de prochaines élections, autant fédérales que provinciales.

Dans ma région (Restigouche-Chaleur et Restigouche-Ouest), les candidats du Parti vert ont terminé bons deuxièmes lors des récentes élections provinciales. Une publicité nationale pour ce parti lors de son congrès à la direction nationale l’aidera certainement au niveau provincial également.

Quant à Andrew Scheer et Jagmeet Singh, chefs du PCC et du NPD respectivement, ces derniers semblent vouloir s’accrocher à leur poste. Dans le cas de M. Scheer, les partisans décideront de son sort lors du prochain congrès du Parti en avril prochain.

J’ai eu l’occasion de discuter avec un des députés conservateurs défaits au Québec lors des dernières élections fédérales. Celui-ci m’a admis que les positions ultras conservatrices de son chef lui ont nui et elles ont permis au Bloc québécois de raviver deux sièges de la région de Québec. En plus, les dix nouveaux sièges que le Parti conservateur comptait gagner dans la Belle Province ne se sont pas matérialisés pour la même raison.

La même logique s’applique aux autres sièges des Maritimes, là où les sondages prévoyaient des gains possibles pour le PCC en début de campagne. La contre-performance de M. Scheer dans les débats des chefs, et à plusieurs reprises durant la campagne, n’est certainement pas étrangère aux résultats de son parti dans la région atlantique, tout comme en Ontario et au Québec.

Après le départ des Peter McKay et John Baird de la scène fédérale, les conservateurs se sont retranchés dans des positions de droite impopulaires dans l’est du pays. Le temps est venu pour le PCC de faire un virage nécessaire vers le centre du spectre politique et de reprendre le terrain perdu à l’est du Manitoba.

Si M. Scheer ne peut diriger un tel parti, il devrait sérieusement songer à quitter la direction.

Sans l’Ontario, le Québec et les Maritimes, point de salut pour un chef conservateur ou de tout autres partis.

Bonne semaine à tous.