Le PC en mode préélectoral?

Maintenant que la poussière des dernières élections fédérales est retombée, peut-on envisager des élections anticipées au Nouveau-Brunswick? Les sondages de la fin de l’été donnaient une bonne longueur d’avance aux progressistes-conservateurs dans les intentions de vote. D’où la tentation pour le premier ministre Blaine Higgs de prendre les partis d’opposition par surprise et de déclencher des élections hâtives.

Il faut toujours se rappeler que les sondages sont des photographies dans le temps et qu’une campagne électorale peut réserver plusieurs surprises. Lorsque l’ancien premier ministre Camille Thériault a déclenché des élections au printemps de 1999, son parti avait une confortable longueur d’avance dans les sondages. De plus, le chef du Parti progressiste-conservateur, Bernard Lord, était tout nouveau sur la scène politique. On connaît la suite de l’histoire. Le Parti progressiste-conservateur sous son leadership devait faire une importante percée dans l’électorat francophone et remporter la plus imposante victoire de son histoire.

Les résultats pour le Nouveau-Brunswick des élections fédérales d’octobre dernier ont donné une douche froide au premier ministre Higgs. Celui-ci a fait campagne plusieurs fois en compagnie du chef conservateur Andrew Scheer contre la taxe carbone et en faveur du projet Énergie Est. Cela n’a pas empêché le député sortant de Saint-Jean-Rothesay de se faire réélire. De plus, les résultats des élections fédérales d’octobre indiquent que le Parti libéral et le Parti conservateur ont obtenu à peu près le même score que lors des élections provinciales de 2018, soit respectivement 37 et 31 % des votes.

Après une année au pouvoir, le gouvernement de Blaine Higgs n’a pas réussi à rétablir les ponts avec l’électorat francophone qui se montre toujours méfiant à son égard. Il faut dire que l’appui du parti People’s Alliance à l’endroit du gouvernement progressiste-conservateur constitue un véritable boulet pour celui-ci. Les propos controversés de Kris Austin à l’encontre bilinguisme officiel ne font que de jeter de l’huile sur le feu.

Les libéraux avec un chef quasi invisible et qui n’a pas de siège à l’Assemblée législative ne sont pas également dans une situation enviable. Le couronnement de Kevin Vickers comme leader du Parti libéral en mai n’a pas permis aux libéraux de connaître une véritable course à la direction. Kevin Vickers n’a jamais été élu à une charge publique, et les libéraux ont maintenant un adversaire de taille sur leur flanc gauche qui est le Parti vert.

Avec la démission de Brian Gallant de son siège à la Chambre et le décès de Greg Thompson, des élections partielles devront avoir lieu d’ici le mois d’avril prochain. Avec un président de la chambre libéral, Blaine Higgs veut-il prendre le risque de voir deux autres libéraux, dont Kevin Vickers, faire leur entrée à l’Assemblée?

Un nouveau président du Parti progressiste-conservateur a été élu récemment par acclamation. La priorité de Claude Williams, un ancien ministre dans les gouvernements de Bernard Lord et David Alward, est de reconstruire la base du parti dans les régions francophones.

Le PC est-il en mode préélectoral?