Au secours!

Le jour se lève, ce matin, sur un paysage féérique. Le soleil brille sur la neige bien blanche et sur les vagues de la baie. Tout semble si net, si propre, dans l’air froid, purifié par une tempête de neige un peu trop précoce. En regardant par la fenêtre, face à la mer, on a l’impression d’une nature vierge, préservée de toute pollution. Comme si on «abordait au premier jour du monde». Belle illusion!

Sous cette nature généreuse et harmonieuse se cachent, en effet, beaucoup de déchets, de crasse, de plastique, de bouteilles cassées, de mégots et j’en passe. On le sait, tous et toutes.

Cette semaine, c’est Lamèque qui déplorait ouvertement ces dépotoirs sauvages où certains citoyens vont jeter leurs déchets quand on ne les regarde pas. J’ai vu ça à Terre-Neuve, au détour d’un sentier, d’abord bucolique, jusqu’au moment où on se trouve nez à nez avec une carcasse de voiture, une vieille batterie ou une baignoire en morceaux. Et je parie que chaque lecteur ou lectrice connaît un tel coin aux alentours de son village.

Et la question se pose: pourquoi certains de nos concitoyens et concitoyennes pensent-ils que la nature leur appartient au point de pouvoir la salir au quotidien? Alors que, dans le même temps, des associations comme Verts Rivages dans la Péninsule acadienne ou Caillou Tou’Propre à Saint-Pierre et Miquelon, pour ne citer que deux exemples que je connais bien, s’évertuent à nettoyer l’environnement, à enlever la crasse à la tonne et à éduquer les populations sur la nécessité de ne plus jeter à tout vent, de recycler, de nettoyer, de préserver.

Pourquoi le message ne passe-t-il pas? Pour moi, il y a là un mystère. Voilà aussi des années que le système scolaire éduque sur le sujet de l’environnement, des années que des campagnes nationales et internationales martèlent leurs messages sur le sujet et il reste encore du monde à ce point ignorant!

Alors si c’est le cas, il ne faut pas s’étonner qu’on n’arrive pas à convaincre une bonne partie de la planète (et nombre de nos élus) de prendre les changements climatiques au sérieux. De s’attaquer au gaspillage, au plastique, à la contamination des océans, bref à la crise environnementale. Parce que quand on se sent libre de dégrader son arrière-cour on ne pense certainement pas à sa planète.