Une étincelle nommée Anglehart

Pendant qu’une bonne partie de la planète hockey discutaille et pinaille encore au sujet de Don Cherry, une équipe qu’on croyait déjà éteinte pour la saison est en train de sortir de la grande noirceur dans laquelle elle s’était engouffrée depuis plus d’un an.

Je vous parle bien sûr du Titan d’Acadie-Bathurst, dont la récolte de cinq points dans leurs quatre dernières rencontres est un exploit que le club n’a pas réalisé depuis l’historique printemps de 2018.

Pour la première fois depuis longtemps, on peut voir une lueur d’espoir dans le regard des joueurs, des membres de la direction et des (rares) partisans qui persistent à encourager leurs favoris.

Comme quoi, aussi microscopique que soit la braise, il ne suffit parfois que d’une étincelle pour raviver le feu.

Et celui qui est venu rallumer tout ça est un Gaspésien qui a pour nom Rémy Anglehart. Si ça se trouve, on commence même à voir la fumée de son Port-Daniel natal de l’autre bord de la baie des Chaleurs.

Quand Sylvain Couturier est allé chercher Anglehart à Drummondville, il avait pourtant bien pris soin de préciser que le rapide attaquant était loin d’être un sauveur. Il voyait plutôt sa nouvelle acquisition comme un joueur capable de provoquer une petite étincelle dans ce club en manque d’inspiration à l’attaque.

Le DG aura vu juste. Mais je ne suis pas certain qu’il voyait l’étincelle allumer le feu aussi rapidement. En attendant, depuis l’arrivée d’Anglehart, le Titan a remporté ses deux rencontres au Centre régional K.-C.-Irving, lui qui était pourtant sans victoire à la maison depuis le 5 octobre 2018.

La présence d’Anglehart, auteur de deux buts et trois passes depuis son arrivée, coïncide aussi avec le réveil de l’avantage numérique qui a maintenu un impressionnant taux de réussite de 46% dans les quatre derniers duels. L’entraîneur-chef Mario Durocher doit être très content.

Mieux encore, la moyenne de buts par match du Titan affichait une gênante moyenne de 1,94 but par rencontre lors des 17 premières parties de l’équipe. Pour dire vrai, ce n’était pas gênant. C’était épouvantable!

Depuis qu’Anglehart est dans l’alignement, la moyenne est de 4,25 buts par rencontre.

Certes, Shawn Element n’avait pas nécessairement besoin d’Anglehart pour démontrer à quel point il ne connaît qu’une seule façon de jouer au hockey. Soit le pied dans le tapis et tant pis pour ceux qui se trouvent sur son chemin.

Par contre, Mathieu Desgagnés, lui est méconnaissable. Lors des quatre derniers duels, il a amassé deux buts et quatre passes pour six points. Il n’en avait que cinq à ses 16 matchs précédents. On voit enfin le Desgagnés en qui l’organisation comptait pour jouer un rôle essentiel à l’offensive.

On a aussi remarqué un regain de vie dans les coins de patinoire, où les coups d’épaule – à part ceux du capitaine Element – se faisaient plus rares ces derniers temps. Liam Leonard et Anderson MacDonald ont été particulièrement actifs à ce niveau dans les dernières parties.

Ce matin, j’ai raconté une petite blague à Sylvain Couturier. Je lui ai dit qu’avec une ou deux autres étincelles du genre pendant la prochaine période des transactions il allait mettre le feu à la ville. Il l’a trouvé bien bonne. Si jamais il vous la raconte dans les prochains jours, vous saurez que ça vient de moi. C’est drôle parfois un journaliste.

Ceci dit, ça ne reste pour l’instant qu’un petit feu et ça peut s’éteindre rapidement s’il n’est pas nourri.

Quatre matchs, ça reste encore un faible échantillon.

Peu de changements

La Ligue nationale de hockey a divulgué sa liste de novembre en vue du repêchage de 2020. Très peu de changements sur celle d’octobre en ce qui concerne la LHJMQ.

La plus significative est certes la présence de Dawson Mercer des Voltigeurs de Drummondville dans le groupe A (choix potentiels de première ronde). Il rejoint ainsi Alexis Lafrenière de l’Océanic de Rimouski, Hendrix Lapierre des Saguenéens de Chicoutimi, Justin Barron des Mooseheads de Halifax et Jérémie Poirier des Sea Dogs de Saint-Jean.

Notons aussi la belle montée du défenseur Thimo Nickl des Voltigeurs qui a désormais la cote B (choix potentiels de 2e et 3e ronde). Je vous avais justement parlé de Nickl en début de semaine.

Lukas Cormier des Islanders de Charlottetown a pour sa part conservé sa cote B malgré sa blessure à un pied. L’Acadien de Sainte-Marie-de-Kent m’a par ailleurs fait savoir qu’il ignorait encore quand il sera en mesure d’effectuer un retour au jeu. Il doit se montrer patient et prudent.

Deux gardiens qui n’étaient pas répertoriés en octobre ont fait leur entrée dans le classement avec une cote C (choix potentiels de 4e, 5e et 6e rondes). Il s’agit de William Grimard des Eagles du Cap-Breton et Fabio Iacobo des Tigres de Victoriaville. À l’inverse, les Néo-Brunswickois Dawson Stairs et Joshua Lawrence, tous deux des Sea Dogs, ont disparu de la liste. Heureusement pour eux, ils ont amplement le temps pour retrouver leur place.

Rappelons que Nicolas Savoie des Remparts de Québec possède lui aussi la cote C. Charlie DesRoches des Sea Dogs et Elliot Desnoyers des Wildcats de Moncton ont aussi la même cote.

Quinze joueurs très productifs

Quinze joueurs produisent actuellement à un rythme 1,5 point par match ou plus dans la LHJMQ. La dernière fois qu’on a vu un tel phénomène remonte à la saison 2005-2006, où 15 patineurs avaient maintenu une telle moyenne jusqu’à la fin.

Ça demeure néanmoins très loin du record de la ligue qui remonte à 1982-1983. Cette saison-là, Pat LaFontaine, Mario Lemieux, Sylvain Turgeon, Gerard Gallant, Ron Choules et Claude Vilgrain ont fait partie d’un groupe de 32 joueurs à avoir complété l’année avec une telle moyenne.

Plus près de nous, ils avaient été 24 joueurs à produire à un tel rythme en 1999-2000. Brad Richards, Ramzi Abid, Mike Ribeiro, Michael Ryder, Pascal Dupuis et Mathieu Benoit faisaient partie du lot.

McCormick dans un club sélect

Le défenseur Adam McCormick des Eagles est devenu récemment le 15e défenseur néo-brunswickois à atteindre le plateau des 100 points en carrière dans la LHJMQ.

Avec ses 106 points, le hockeyeur de Woodstock se joint à un groupe comprenant James Sanford (187), Jean-Claude Sawyer (185), Guy Dupuis (183), Kevin Gagné (173), Matt Murphy (166), Shane Doiron (161), Nathan Beaulieu (152), Dominic Cormier (132), Rémi Blanchard (124), Mathieu Labrie (117), Justin Haché (112), Ross MacDougall (109), Billy Bezeau (106) et Pierre Durepos (101).

Mika Cyr obtient son 150e point

En inscrivant le but vainqueur face aux Islanders jeudi soir, Mika Cyr a du même coup atteint le cap des 150 points en carrière.

S’il peut éviter les blessures, l’attaquant de Sainte-Anne-de-Madawaska devrait être en mesure de terminer sa carrière junior avec plus de 200 points.

Seulement 14 joueurs du Nouveau-Brunswick en ont fait autant dans la LHJMQ.

Il s’agit d’Andrew McKim (382), Todd Sparks (300), Alex Saulnier (268), Dean Ouellet (258), Yvon Vautour (251), Allain Saulnier (250), Kelsey Tessier (244), Dominic Noël (243), Mathieu Melanson (238), Brett Lutes (231), Jordan Clendenning (231), Sean Couturier (223), Zack Phillips (219) et Peter Trainor (218).

Vous conviendrez que Cyr se retrouverait alors en excellente compagnie.