Jérémie Haché: 18 ans et déjà parmi l’élite

Levez la main ceux et celles qui voyaient un kid de 18 ans parmi les trois meilleurs buteurs de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur après trois semaines d’activités?

C’est pourtant là où se trouve Jérémie Haché des Acadiens de Caraquet avec six buts en cinq rencontres.

Seuls Luc Williams des Marchands de Shippagan et Bryce Silliker des Ice Dogs de Miramichi-Néguac, deux bonshommes avec beaucoup plus d’expérience, ont fait mieux que lui avec huit et sept réussites jusqu’ici.

En fait, le brio du jeune attaquant n’est pas étranger à l’excellent début de saison des Acadiens.

S’il est très heureux de son départ canon, Haché demeure toutefois prudent.

«C’est sûr que je veux que ça continue, mais pour l’instant je récolte des buts au-delà de mes espérances. Et puis il faut dire que ça aide beaucoup de jouer avec deux excellents joueurs comme Francis Thériault et Jean-Samuel Lagacé», dit-il.

Jérémie Haché avait pourtant un curriculum vitae déjà fort intéressant avant de se présenter au camp d’entraînement des Acadiens.

L’ancienne vedette des Acadiens de Louis-Mailloux a même remporté le championnat des pointeurs de la Ligue des écoles secondaires de la Conférence Nord lors des deux dernières campagnes avec des récoltes de 65 (27-38, 2017-2018) et 62 (31-31, 2018-2019) points.

«À mes débuts, j’ai tout de suite vu la grande différence au niveau de la force des joueurs. Les gars sont aussi plus grands et plus gros, le jeu est plus rapide et les lancers sont plus forts. Ce sont des hommes. Moi je me suis dit que j’allais jouer comme je le faisais avec Louis-Mailloux, soit de travailler fort dans les coins et d’aller me positionner devant le filet pour prendre les retours de lancer», raconte-t-il.

«Il y a tout de même des choses que je ne peux plus faire dans cette ligue. Par exemple, il m’arrivait souvent de monter la rondelle d’un bout à l’autre dans le hockey scolaire. Dans le senior, ça ne marche pas comme ça», mentionne-t-il.

Bien entendu, Jérémie Haché a eu vent des difficultés qu’ont vécues les Acadiens la saison dernière en raison des blessures et de quelques problèmes à l’interne. Il soutient cependant n’avoir rien vu de tel depuis son arrivée.

«C’est selon moi l’un des meilleurs esprits d’équipe que j’ai vu dans un club depuis que je joue au hockey, confie-t-il. Nous avons une équipe qui peut rivaliser avec toutes les autres formations.»

Par ailleurs, Yan Rail ne tarit pas d’éloges à l’endroit du jeune Haché.

«Je te dirais bien qu’il me surprend, mais Jérémie n’a pas arrêté de me dire cet été au baseball qu’il allait faire l’équipe senior. Il me disait qu’il était très confiant. Et à cause de ça je suis moins surpris», indique le vétéran des Acadiens.

«Je suis content pour lui. C’est très plaisant de voir la jeunesse performer. Lui et Samuel Roy sont deux très belles additions à l’équipe», souligne Rail.

Le capitaine des Acadiens avait toutefois un bémol quant à l’arrivée du jeune Haché dans l’équipe.

«Quand est venu le temps de choisir son numéro de chandail, Jérémy m’a fait savoir qu’il voulait le numéro 9. Je lui ai dit que tu l’auras si tu m’achètes une Rolex. Il m’a demandé: “Quel modèle?”», raconte le numéro 9 des Acadiens en éclatant de rire.

Questionné à ce sujet, le numéro 16 a fait savoir qu’il avait abandonné l’idée de la Rolex.

«C’est un peu trop cher pour moi», a-t-il révélé en riant.

Outre Jérémie Haché et Samuel Roy des Acadiens, Alex Basque des Alpines de Tracadie est le seul autre patineur âgé de 18 dans la LHSAC. Alex est le jeune frère de William Basque qui a évolué pendant trois saisons avec les Olympiques de Gatineau dans la LHJMQ.

Alpines de Tracadie

Depuis son retour au jeu lors de la saison 2017-2018, Yannick Devost a été un exemple de régularité exemplaire sur le plan offensif avec les Alpines.

Avec ses 53 buts et 58 passes pour 111 points en 66 rencontres, séries éliminatoires comprises, Devost est l’une des raisons pourquoi les Alpines sont considérés l’équipe à battre.

Les champions en titre des deux dernières saisons connaissent encore un excellent début de campagne, eux qui sont invaincus après quatre parties.

«Nous avons encore une très bonne équipe avec beaucoup de profondeur, indique le numéro 8 des Alpines. Cela dit, même si nous n’avons pas encore perdu, je ne crois pas que nous jouons notre meilleur hockey. Ça fait trois matchs de suite que nous devons revenir de l’arrière en troisième pour gagner. Nous jouons avec le feu.»

«Sommes-nous toujours l’équipe à battre? Je ne le sais pas. Nous n’avons pas encore affronté toutes les équipes de la ligue. Il y a une belle parité cette saison. Ça va rendre les matchs plus intéressants pour les partisans. Le match de dimanche contre Chaleur va être un bon test pour nous. C’est une partie à ne pas manquer», révèle Devost.

La vedette des Alpines est par ailleurs d’avis qu’il peut en donner plus malgré ses cinq buts et sept points en quatre duels.

«Je rate beaucoup trop de chances de marquer. Je vois quand même ça d’un côté positif parce que toutes chances font en sorte que je parviens quand même à m’inscrire à la marque de temps en temps», dit-il.

Ice Dogs de Miramichi-Néguac

Pour une multitude de raisons, les Ice Dogs peinent à mettre des points au classement malgré un alignement plutôt bien nanti.

Le directeur général Olivier Savoie a toutefois confiance que les choses sont en train de se mettre en place.

«Malgré les deux défaites, je vois des signes encourageants, indique-t-il. Allan (Menzies) est en train de montrer aux gars comment gagner et perdre en équipe. Pour la première fois, les gars jouent dans un système.»

Le vétéran Jeff Wilson est lui aussi convaincu que les Ice Dogs vont rebondir.

«L’équipe a fait quelques ajouts importants pendant la saison morte avec les arrivées de joueurs comme Billy Gaston et David Brewer. Ce sont des gars qui pourraient aider n’importe laquelle équipe de la ligue», révèle Wilson.

«Je sais que notre fiche ne l’indique pas, mais je nous crois vraiment capable de compétitionner avec toutes les équipes de la ligue. Nous avons disputé un bon match contre Tracadie dimanche, mais encore une fois nous nous sommes battus nous-mêmes en écopant de pénalités en fin de match alors que nous avions l’avance», dit-il.

«Si nous pouvons corriger cette partie de notre jeu, nous serons très difficiles à battre. Je crois sincèrement que nous allons dans la bonne direction. Nous avons juste à continuer de nous améliorer», ajoute Wilson.

Les Ice Dogs pourraient compter sur deux nouveaux joueurs pour les parties du week-end, soit Brian Dunn et Austin McKay. Les deux bonshommes participeront d’ailleurs à l’entraînement de jeudi soir.

Marchands de Shippagan

Parmi les recrues qui ont bien tiré leur épingle du jeu depuis le début de la saison, il y a le défenseur Frédéric Blanchard chez les Marchands de Shippagan.

Le charpentier de carrière, qui est âgé de 26 ans, revient au hockey avec contact après une pause de près de sept ans. Il a disputé trois matchs avec le Au P’tit Mousse de Lamèque dans le Circuit Nord-Est en 2012-2013.

«J’ai joué quelques parties avec Lamèque, mais je suis encore une recrue», lance Blanchard en riant.

Auteur de deux mentions d’aide en quatre parties, l’arrière de 5 pieds 8 pouces et 170 livres donne également un bon coup de main dans les coins de patinoire.

«Je suis de taille moyenne, mais j’aime bien aller dans les coins, mentionne-t-il. Jusqu’ici, je suis satisfait. Le niveau de jeu est très bon dans la ligue. C’est du bon hockey solide. Tout le monde peut surprendre tout le monde.»

Malgré la perte de plusieurs joueurs d’impact, Frédéric Blanchard croit néanmoins les Marchands en mesure de faire un bon bout de chemin cette saison. Notons que l’équipe a pris part à la finale lors des deux dernières campagnes.

«Oui les Marchands peuvent espérer se rendre loin encore. Il y a encore un bon groupe de vétérans et ces derniers guident les recrues à pousser plus chaque match. L’esprit d’équipe est très bonne. Et selon moi, ce sont les équipes avec du caractère qui vont chercher les victoires importantes», ajoute le numéro 21 des Marchands.

Mooseheads de Chaleur

Le directeur général Brian Landry et l’entraîneur-chef Mike Nadeau avaient promis de présenter un club compétitif et ils n’ont pas menti.

Les Mooseheads n’ont d’ailleurs toujours pas subi la défaite en temps réglementaire cette saison.

Pour un, le jeune vétéran Jessey Aubé-Roy était aussi de ceux qui croyaient que les Mooseheads allaient connaître du succès.

«Je ne suis pas surpris parce que nous avons une équipe très complète autant à l’avant qu’en défensive, sans oublier nos gardiens qui font un excellent travail», affirme le hockeyeur de 23 ans, qui a vécu les deux campagnes des Rameurs de la baie des Chaleurs.

«Les gars sont motivés à chaque match, dit-il. C’est plaisant de voir que plusieurs joueurs contribuent à nos succès offensifs. Nous avons une belle profondeur dans l’équipe. N’empêche que ça se joue sur la glace et c’est à nous de nous présenter chaque soir. La compétition est élevée cette année. Il y a plusieurs bonnes équipes», souligne Jessey Aubé-Roy.

As de Saint-Basile

Les As n’ont toujours pas abandonné l’idée de convaincre Casey Fox de joindre les rangs de l’équipe.

«Nous travaillons sur le dossier de Casey, ainsi que sur ceux de David Carrier et Christian Racine», m’a confié Bernard Chiasson.

«Ça regarde plutôt bien dans le cas de Casey. Nous comptons beaucoup sur lui afin qu’il fasse partie du noyau de notre équipe pour les années futures. C’est avec des jeunes comme Casey que les As vont devenir une très bonne équipe», a ajouté l’entraîneur-chef des As.

Chiasson estime à environ 75% les chances de convaincre Casey Fox de devenir un membre à part entière des As.

Dynamo de Kedgwick

Le Dynamo est toujours invaincu après deux week-ends et ce n’est certainement pas le vétéran Phil Nazair qui va s’en plaindre.

Selon Nazair, les entrées en scène de joueurs tels que Mathieu Labrie et Eddie Banville, des défunts Castors de Saint-Quentin, et Nicholas Schaus, apportent une nouvelle dimension à l’équipe.

«Nous avons un bon début de saison et je crois que nous pouvons jouer encore mieux, dit-il. La direction a fait du bon travail pour mettre sur pied un club pouvant aller chercher le championnat. Le Dynamo n’a jamais gagné dans cette ligue et nous avons cette fois-ci les éléments pour y arriver.»

Pour ce qui est du duo explosif qu’il compose avec son bon ami Mathieu Haché, Phil Nazair dit ne pas trop comprendre pourquoi ça clique encore autant entre les deux joueurs.

«Mathieu a toujours été le compteur et moi le patineur. Pour je ne sais trop pourquoi, on se voit bien sur la glace. On sait toujours où l’autre va être. Nous avons commencé à jouer ensemble dans le hockey mineur et nous nous sommes ensuite retrouvés ici et là dans plusieurs équipes», indique Nazair.

– En passant, quel est ton numéro cette saison?

– Le 69, qu’il me répond.

– Le 69?, que je réplique.

– Oui le 69, poursuit-il en riant. C’est moi le plus vieux de l’équipe et ils m’ont donné ce numéro. Je me fais taquiner avec ça par les gars.

La conversation s’est terminée dans le rire général.

Draveurs du Bas-Madawaska

Comme je le fais chaque semaine, j’ai demandé au directeur général des Draveurs Wayne Fortin s’il y avait du nouveau dans son équipe.

Wayne m’a répondu que ce n’était pas pour tout de suite.

– Pas pour tout de suite? Es-tu en train de me dire que tu travailles sur un grand coup?», que je le questionne.

«J’aimerais bien après avoir perdu 8-1 contre les Panthères la semaine dernière», m’a rétorqué Fortin avec humour.

Justement, au sujet des Draveurs, j’ai eu l’occasion de jaser un brin avec le vétéran Éric Moreau. Je voulais surtout savoir ce qu’il pensait jusqu’ici de son équipe.

«Nous avons beaucoup de potentiel et les autres équipes ne pourront pas nous prendre à la légère, a-t-il dit. Les retraits des Castors de Saint-Quentin et des Ambassadeurs de Saint-Jacques nous ont permis d’ajouter beaucoup de profondeur à notre équipe.»

Thunder de Perth-Andover

Dans le Circuit régional de hockey, le gardien Stéphane Lavoie fait partie des meubles comme le sont aussi les John Nadeau, Norbert Roy, Alexandre Violette et quelques autres joueurs à avoir déjà une quinzaine de saisons derrière la cravate.

Le portier âgé de 37 ans a cependant cru que sa carrière senior était terminée quand les Ambassadeurs de Saint-Jacques ont fermé les livres.

«Je suis vraiment content et appréciatif de l’opportunité de jouer avec le Thunder. J’étais conscient qu’avec le départ du propriétaire des Ambassadeurs pour joindre les Panthères du Haut-Madawaska, ça allait peut-être être la fin pour moi. À 37 ans, une année sabbatique aurait rendu les choses difficiles pour un éventuel retour par la suite», explique Lavoie.

«Heureusement, les choses se sont bien alignées et j’ai pu avoir ma libération des As de St-Basile, eux qui compte déjà sur un numéro un solide en Jonathan Connely. Je remercie aussi les As de ne pas avoir demandé une somme exorbitante au Thunder», dit-il.

«Nous avons une bonne équipe à Perth-Andover. Ce que je vois jusqu’à présent, c’est une groupe de joueurs qui ont la volonté d’aller gagner ce premier championnat. Ils sont aussi conscients que le hockey senior vit des cycles et qu’ils approchent tranquillement de la fin du cycle. Pour eux, c’est maintenant ou jamais si tu me permets l’expression», révèle Lavoie.

«Globalement, je crois que les ingrédients sont en place pour aller chercher un championnat. Cela étant dit, de ce que j’ai vécu dans le passé avec les Eskimos d’Edmundston et les Draveurs du Bas-Madawaska lors de conquêtes de championnat, ça prend l’équipe, la chimie et de la chance côté blessure. Je dirais aussi que ça prend un ajout d’impondérables qui ne s’expliquent pas toujours», ajoute le vétéran gardien.

JC’s de Bouctouche

Le directeur général des JC’s Mike LeBlanc est un sacré numéro.

Nous discutions de la Ligue Beauséjour quand il m’annonce qu’il a presque endossé l’uniforme dimanche soir. Je vous signale que Mike est un ancien gardien.

«Les deux autres d-g ont joué samedi (Lucky Millier, Elsipogtog; Sullivan Cullen, Cap-Pelé) et j’ai presque décidé de jouer le lendemain», me dit-il.

«J’ai pas joué depuis 1983 et c’était ma première et dernière partie dans le bantam. Finalement, j’ai compris qu’Alex (Collette) est plus solide que moi. De toute façon, j’aurais eu peur des slap shots», a poursuivi LeBlanc.

Visiblement en grande forme, il a ensuite tenu à me parler de Michael LeBlanc, des Pêcheurs, qui évoluait auparavant avec les JC’s.

«J’aimais ça avant quand Michael comptait des buts avec les JC’s. Ça me permettait d’entendre mon nom dans l’aréna. Mais là, je ne veux plus qu’il marque maintenant qu’il est avec Cap-Pelé. Il m’a dit que s’il comptait un but dimanche contre mon équipe il allait me chercher du regard dans la foule», raconte le sympathique d.g. des JC’s.

L’ancien boxeur professionnel Julien Collette m’a par ailleurs confirmé que les chances qu’il endosse l’uniforme des JC’s sont très minces.

«Je suis trop vieux pour jouer. Ça fait trois ans que j’ai pas mis les patins même pour le fun. Ils veulent mon expérience, mais moi je trouve que les jeunes sont trop vites. J’ai peur de me faire mal. Je ne suis plus le Julien Collette d’il y a 20 ans ou même 15 ans», indique Collette en riant.

Collette a cependant laissé la porte un brin ouverte peu de temps après.

«J’ai dit à Jérémy (LeBlanc) que je ne veux pas aller jouer juste pour me battre. Si c’est juste ça qu’ils veulent, je n’irai pas. Jérémy m’a dit que je n’étais pas obligé de me battre si je ne veux pas. Il m’a dit que je devais laisser ça aux jeunes», a ajouté Collette qui a disputé son dernier match de hockey senior en 2015-2016.