Enfin, Monsieur Vickers!

Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, s’est fait une immense faveur cette semaine en annonçant finalement qu’il sera candidat lors de l’élection partielle dans Baie-de-Shediac-Dieppe.

Son refus de s’engager à le faire depuis la démission de Brian Gallant était à la fois incompréhensible et très gênant. Le nouveau chef d’un parti d’opposition qui n’est pas déjà député est censé mourir d’envie de faire son entrée à l’Assemblée législative à la première occasion pour pouvoir enfin en découdre avec son adversaire le premier ministre. Le manque d’enthousiasme de M. Vickers à cet égard ne faisait pas très sérieux pour quelqu’un qui prétend vouloir gouverner la province.

Kevin Vickers affirme que c’est le discours du Trône du gouvernement Higgs qui l’a finalement convaincu de se lancer. L’indifférence des progressistes-conservateurs envers les plus démunis, leur manque de considération pour le Nord et les régions rurales et leur laisser-faire en matière de développement économique auraient été la goutte qui a fait déborder le vase.

Il est cependant permis de croire que la mauvaise presse qu’a reçue M. Vickers ces dernières semaines en raison de son hésitation concernant sa candidature lors d’une partielle y est aussi pour quelque chose. La question était véritablement devenue un boulet au pied du chef qui le suivait à chacune de ses activités médiatiques.

Kevin Vickers demande maintenant au premier ministre Blaine Higgs de déclencher des élections partielles dans Baie-de-Shediac-Dieppe et dans Sainte-Croix, la circonscription du défunt ministre Greg Thompson, «aussi tôt que possible».

Peu importe quels étaient les motifs de la réticence de M. Vickers à se porter candidat dans une partielle, le chef libéral peut probablement dormir sur ses deux oreilles. Il y a fort à parier que M. Higgs prendra tout le temps dont il dispose avant de déclencher ces élections. Même si les chances de son parti sont plutôt bonnes dans Sainte-Croix, l’enjeu est extrêmement élevé puisqu’une défaite pourrait signifier la fin de son gouvernement minoritaire.