Frozen II: encore plus spectaculaire que l’original!

On va s’entendre tout de suite sur une chose: je suis loin d’être le public cible de Frozen II. C’est donc avec un peu (beaucoup…) de réticence que j’ai vu la suite de l’extraordinaire succès populaire de 2013. À ma grande surprise, j’ai passé une très bonne soirée!

Il faut avoir vécu dans une grotte (de glace?) pour ne pas avoir entendu parler de Frozen (La Reine des neiges) au moins une fois au cours des six dernières années.

Cette adaptation très libre d’un conte du Danois Hans Christian Andersen s’est imposée dans la culture populaire comme bien peu de films pour enfants.

Réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee, le film des studios d’animation Disney a réalisé des recettes mondiales de près de 1,3 milliard $, un sommet en 2013 – et le deuxième meilleur total de l’histoire pour un film de Disney.

Les peluches, les vêtements, les costumes et les jouets à l’effigie des personnages principaux de la série sont encore immensément populaires auprès des enfants et il n’y a probablement pas une seule petite fille en Occident qui ne connaît pas les paroles de la chanson thème, Let It Go (Libérée, Délivrée, en français).

Devant un tel succès, une suite était inévitable.

En salle depuis jeudi soir, Frozen II charme autant, sinon plus, que le premier film. Les chansons y sont peut-être moins entraînantes, mais l’intrigue et les effets visuels sont de beaucoup supérieurs à l’épisode précédent.

Et le bon vieux Olaf (avec la voix de l’inimitable Marc Labrèche dans la version française) vole encore la vedette avec son humour unique.

L’appel du Nord

Six ans après les événements du premier film, la reine Elsa, la princesse Anna, le courageux Kristoff et le bonhomme de neige Olaf coulent des jours heureux au royaume d’Arendelle.

Un jour, Elsa – qui possède le pouvoir de contrôler et de créer de la glace – commence à entendre un chant qui semble venir du Nord.

Intriguée, elle met la voix au défi, ce qui déchaîne les éléments et force les habitants d’Arendelle à trouver refuge au sommet d’une falaise.

Consciente que pour récupérer son royaume, elle devra trouver l’origine des voix qui l’appellent, Elsa prend la route en compagnie de ses camarades.

La petite équipe pénétrera alors dans une forêt interdite, en pleine Laponie. Sur place, Elsa devra trouver le moyen de libérer son peuple, en plus d’enquêter sur la source de ses pouvoirs…

Spectaculaire

Si le premier film avait énormément innové sur le plan technologique – ce qui lui avait valu un Oscar -, le deuxième en fait tout autant, avec des résultats encore plus saisissants.

Les scènes qui se déroulent sur l’eau sont encore plus réussies que dans Moana (2016), un autre film des studios d’animation Disney qui détenait jusqu’ici – et de loin – la palme dans ce domaine.

La troisième dimension est également utilisée avec beaucoup d’efficacité, fait étrangement de plus en plus rare au cinéma.

L’animation frôle la perfection et les objets inanimés sont d’un réalisme saisissant.

Drôle

Avec sa récente tendance de tourner ses classiques en capture réelles, Disney s’est un peu éloigné de l’humour à la fois fin et enfantin qui fait son succès depuis près de 100 ans.

Frozen II marque un retour en force et réussi de cette facette pourtant primordiale du cinéma destiné à un jeune public.

L’humour d’Olaf est encore plus vif que dans le premier film. Ses répliques sont presque toujours à point et le personnage n’est plus uniquement utilisé comme source de soulagement dans les moments de tension.

J’ai aussi adoré la chanson de Kristoff, présentée comme un très kitsch vidéoclip des années 1980. Du génie!

Le très anthropomorphe renne Sven est toujours aussi drôle et un nouveau venu (qui n’est pas sans rappeler un Krokmou miniature de la série How to Train Your Dragon) ajoute une dose de mignonnerie à la franchise.

Seule déception: le personnage d’Anna adulte semble avoir perdu l’aigre-doux cynisme qui en avait fait mon favori dans le premier film.

Porteur

Plusieurs observateurs avaient loué Frozen pour son message féministe – les deux personnages principaux étant de courageuses jeunes filles.

Personnellement, j’ai toujours trouvé que cette observation était un brin (de neige?) exagérée, ce que ces gens ayant pris pour du courage étant en fait de l’insouciance – à mon très humble avis.

Dans Frozen II, par contre, on assiste vraiment à l’émancipation et à la transformation d’Anna et d’Elsa. D’hésitantes jeunes femmes, elles deviennent de véritables modèles de bravoure, de perspicacité et de détermination.

Si tout ce que le jeune public du film retient, c’est que les filles peuvent puiser au fond d’elle même pour trouver le courage et l’audace de faire face à n’importe quelle difficulté, toute la société en sortira grandie.

Enfin, pour répondre à LA question que tous les parents se posent: après avoir eu dans la tête le refrain de la chanson Libérez, Délivrée pendant quelques années, votre nouveau poison s’intitule Je te cherche.

Bon courage!

 

FICHE TECHNIQUE

En bref: Six ans après les événements de Frozen, Elsa, Anna, Kristoff, Sven et Olaf s’embarquent dans une aventure pleine de rebondissements.

Appréciation: Cette nouvelle histoire est supérieure en presque tous points au film original, adulé par la critique et le public.

Genre: Film familial d’animation
Version française: La reine des neiges 2
Réalisateurs: Chris Buck et Jennifer Lee
Scénario: Jennifer Lee
Avec les voix de: Kristen Bell et Josh Gad
Budget: non dévoilé
Durée: 103 minutes
Une production des studios: Walt Disney Animation

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 3
Qualités visuelles: 5
Jeu des comédiens: 4
Originalité: 3
Divertissement: 4

Total: 19 sur 25 (****)