Un cabinet électoraliste représentatif des régions, mais l’Atlantique perdante

Le conseil des ministres assermenté à Ottawa mercredi comporte quatre ministres de l’Atlantique, dont un seul du Nouveau-Brunswick, Dominic Leblanc, qui devient président du Conseil privé. Il présidera désormais les réunions du conseil des ministres et demeurera un proche conseiller du premier ministre Trudeau.

La ministre précédente de la Santé et députée de Moncton-Dieppe-Riverview, Ginette Petitpas-Taylor, a été écartée du nouveau cabinet et aura uniquement une responsabilité parlementaire comme whip adjointe du gouvernement.

Malgré le poids politique du ministre Leblanc, plusieurs sont déçus que le Nouveau-Brunswick et l’Atlantique aient perdu un de ses ministres. Plusieurs souhaitaient que le premier ministre donne la chance à l’un de ses jeunes députés acadiens comme Serge Cormier ou René Arsenault, à accéder à la grande table où se prennent les décisions affectant nos communautés. Surtout que le dernier ministre fédéral provenant d’Acadie Bathurst (Gloucester à l’époque) fut Doug Young, en 1993-1997, alors que dans Madawaska-Restigouche, Bernard Valcourt fut ministre fédéral de 2011 à 2015.

De plus, le premier ministre Trudeau n’a toujours pas nommé un ministre de l’Atlantique comme responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. C’est la ministre Mélanie Joly, de Montréal, qui présidera les destinées des six agences de développement économique fédérales, dont l’APÉCA.

Toutefois, la ministre Joly a indiqué qu’elle sera appuyée par six secrétaires parlementaires, un (ou une) pour chacune des six agences fédérales. Il serait plus que souhaitable que le secrétaire parlementaire de cette agence soit du nord du Nouveau-Brunswick, la région ayant le plus besoin des investissements de l’agence fédérale pour appuyer ses efforts de développement économique. Serge Cormier, en particulier, a fait du bon travail comme secrétaire parlementaire des ministres de la Défense nationale et de l’Immigration. Le nommer secrétaire parlementaire de l’APÉCA enverrait un message important à la communauté acadienne de notre province.

Plusieurs analyses ont été écrites ou énoncées à la suite de l’annonce du nouveau cabinet composé de 36 ministres, un cabinet paritaire de 18 femmes et 18 hommes. Les médias nationaux ayant leurs sièges sociaux à Toronto ou à Montréal n’ont cessé de nous parler des grands gagnants de ce nouveau conseil des ministres, soit les villes de Toronto qui compte 11 ministres et celle de Montréal avec ses 6 ministres. En fait, les deux tiers des 36 ministres proviennent soit de l’Ontario ou du Québec.

Il est évident que Justin Trudeau a nommé son nouveau cabinet pour des raisons purement électoralistes étant donné son statut de gouvernement minoritaire. C’est en effet surtout en Ontario et au Québec qu’il peut aller chercher des sièges additionnels lors du prochain scrutin fédéral pour lui permettre de reprendre son statut de gouvernement majoritaire. Ces deux provinces comptent 121 et 78 sièges respectivement, contre 34 pour l’Alberta, 42 pour la Colombie-Britannique et 32 pour les provinces atlantiques.

La région Atlantique se retrouve donc avec 4 ministres, un de moins qu’avant les élections. Elle a fait élire 26 députés libéraux, 4 conservateurs, 1 vert et 1 NPD. Chaque province a son ministre, dont la ministre Bernadette Jordan, de la Nouvelle-Écosse qui dirigera Pêches et Océans et le Terre-Neuvien Seamus O’Regan, nouveau ministre des Ressources naturelles. Lawrence MacAulay, de l’Ile du Prince-Édouard, demeure ministre des Anciens combattants et ministre associé de la Défense nationale. Le poids politique de la région Atlantique est moindre que dans le cabinet précédent, mais ces postes constituent quand même des promotions pour les ministres Leblanc, Jordan et O’Regan.

Dans l’ensemble, le nouveau cabinet fédéral comprend une réprésentation de chaque région du pays et des francophones hors Québec (Dominique LeBlanc, Mona Fortier de l’Ontario et Dan Vandal du Manitoba). Même si l’Ouest n’a pas fait élire beaucoup de députés libéraux, le premier ministre a nommé Jim Carr, député de Winnipeg, comme son conseiller spécial pour les Prairies et Chrystia Freeland, qui a grandi en Alberta, comme vice-première ministre. Aussi, la Colombie-Britannique comptera deux ministres, Jonatan Wilkinson, ministre de l’Environnement, et Joyce Murray, ministre du Gouvernement numérique. Le ministre Wilkinson a aussi déjà travaillé en Saskatchewan.

Bonne semaine à tous.