La couardise de la LHJMQ

Si vous suivez de près les activités de la LHJMQ, vous n’êtes pas sans savoir que Mikaël Robidoux des Cataractes de Shawinigan vient d’écoper d’une suspension de 10 matchs pour avoir projeté violemment le défenseur Antoine Leblanc dans la bande.

L’arrière de l’Océanic de Rimouski, que nous avons pu voir dans un rôle de réserviste chez le Titan la saison dernière, a été très chanceux de s’en tirer sans blessure. Parce que le taureau qui s’en venait à toute vitesse dans son dos n’a rien à voir avec un chaton courant après une balle de ping-pong.

Rien à voir non plus avec le populaire Robidoux des années 1990, Ginet celui-là, qui était en fait un personnage à perruque interprété par l’humoriste Jacques Chevalier.

Les images captées au Colisée de Rimouski le 17 novembre sont on ne peut plus claires. Elles démontrent que Robidoux voulait et tenaient à ce que ça fasse mal. Même le préfet de discipline de la LHJMQ Éric Chouinard l’a reconnu lors de l’annonce de la suspension: «Il n’a pas fait l’effort nécessaire pour minimiser la force de l’impact au contact physique».

Remarquez que j’ai déjà vu pire comme plaquage. Bien pire même. Mais le hic ici, c’est que le joueur fautif est un récidiviste. Et avec ce dernier fait d’armes, ça lui fait désormais neuf suspensions pour un total de 36 parties.

Le 17 novembre, Robidoux se foutait bien de la rondelle en fonçant sur Leblanc. Il voulait juste aller visser une autre tête dans la bande parce que c’est ce qui le définit. Il aime faire mal. Il y a des gens qui aiment chanter, certains adorent cuisiner et d’autres collectionner des timbres. Mikaël Robidoux aime faire mal.

Il y a un an, ce même Robidoux, alors un membre de Remparts de Québec, avait hérité d’une sentence de 15 rencontres à la suite d’une mise en échec dangereuse sur le pauvre Xavier Simoneau de Voltigeurs de Drummondville. Ce dernier avait dû être évacué de la patinoire sur une civière.

C’est pourquoi je considère que cette nouvelle sentence de 10 matchs à Robidoux est une farce. Les partisans de la ligue ont parfaitement raison de hurler leur incompréhension et leur colère.

J’ai bien sûr lu avec intérêt ce que le directeur général des Cataractes Martin Mondou avait à dire sur la situation. Mon constat est que Martin Mondou a perdu une belle occasion de garder le silence.

«Le jeune a fait du progrès. Un joueur qui joue physique et qui a une suspension par année, c’est assez normal que ça arrive. Il ne souhaite absolument pas blesser un joueur», a révélé Mondou à un journaliste du Journal de Québec.

Je me demande ce que ce même Martin Mondou dirait si son petit magicien Mavrik Bourque était victime d’un coup salaud du même genre.

Mikaël Robidoux ne devrait plus avoir le droit d’évoluer dans la LHJMQ. Il a eu ses chances, il les a toutes bousillées. C’est une question de sécurité pour les joueurs et de respect pour les parents de ces mêmes joueurs. D’autant plus que ça ne nuirait aucunement à l’image à l’image de la LHJMQ.

Hélas, au lieu de ça, la LHJMQ préfère taper encore une fois sur les doigts d’un bonhomme qui, j’en suis convaincu, est fort conscient du danger qu’il représente pour ses adversaires. Je le soupçonne de s’en faire une gloire. Je le soupçonne même d’avoir compris depuis longtemps que sa façon de jouer était la seule qui allait le garder pour longtemps dans la mémoire collective.

La LHJMQ avait toutes les raisons du monde de chasser ce multirécidiviste de ses terres, mais ne l’a pas fait.

Pourquoi? Par peur de se faire traiter de ligue de moumoune?

J’aimerais vraiment savoir pourquoi la LHJMQ s’entête sur ce dossier.

En attendant, Mikaël Robidoux pourra reprendre son poste le 14 décembre.

Maintenant, imaginez un instant que Robidoux, un soir de janvier ou février, décide sur un coup de tête parce que ça lui semble une bonne idée, de sortir le coude devant un adversaire juste pour voir si c’est possible de lui déménager le nez de six pouces. Le pauvre gars s’écroule inconscient sur la glace et on apprend quelques semaines plus tard que sa carrière dans le hockey est terminée.

À mes yeux, la LHJMQ serait alors aussi responsable que Robidoux et les Cataractes. Et même plus puisqu’elle a endossé le fait que Robidoux soit toujours là après tous ses écarts de conduite.

En terminant, savez-vous ce que fait souvent un récidiviste?

Il récidive.

Une pépinière d’immortels

Après le défenseur Danny Groulx le printemps dernier, le gardien Roberto Luongo deviendra le deuxième membre de l’équipe championne du Titan d’Acadie-Bathurst de 1998-1999 à faire son entrée au Temple de la renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec en avril.

Une sélection qui ne surprend guère compte tenu des succès de Luongo dans la LHJMQ et dans la LNH. Son numéro est même déjà hissé au plafond du Centre régional K.-C.-Irving depuis 2012.

Comme j’ai passé la semaine au lit, confronté à une grippe d’hommes tenace et sans pitié, j’ai occupé une partie de mes pensées en demandant combien de joueurs de cette formation championne pourraient un jour aller rejoindre Groulx et Luongo au panthéon.

Sans aucun doute Mathieu Benoit, récipiendaire du trophée Guy Lafleur au terme des séries éliminatoires. Benoit est le dernier joueur de la LHJMQ à avoir complété sa carrière avec trois saisons de plus de 50 buts.

Difficile également de ne pas penser à Ramzi Abid. Le Train Tunisien a connu une carrière junior phénoménale partout où il est passé. D’abord avec les Saguenéens de Chicoutimi, ensuite avec le Titan, puis enfin avec les Mooseheads de Halifax.

Jonathan Girard en est un autre qui pourrait se retrouver un jour avec le titre d’immortel. À la fin des années 1990, Girard était sans aucun doute le meilleur défenseur de la ligue. Et n’eût été un accident de voiture pendant l’été 2003 qui est venu ruiner une carrière florissante dans la LNH, Girard serait devenu un joueur étoile avec les Bruins de Boston.

François Beauchemin, qui a disputé plus de 1000 matchs dans la LNH, séries éliminatoires incluses, devrait lui aussi rejoindre à un moment donné Groulx et Luongo. Qui ne se souvient pas de son match de huit mentions d’aide le 14 novembre 1999, le même soir que Mathieu Benoit y était allé de huit buts et deux passes.

C’est sans oublier Marc Bouchard et Philippe Plante, mais je crois que leurs chances sont néanmoins plutôt minces.

Un Big Three qui promet

Les défenseurs des Sea Dogs de Saint-Jean Jérémie Poirier, William Villeneuve et Charles Desroches pourraient accomplir un exploit rarissime dans l’histoire de la LHJMQ.

Poirier (9-16=26), Villeneuve (4-19=23) et DesRoches (2-17=29) produisent actuellement à un rythme qui devrait leur permettre d’atteindre le plateau des 50 points cette saison.

Or, au cours des 35 dernières années, ça n’est arrivé qu’une seule fois qu’une équipe possède trois arrières d’au moins 50 points.

Il s’agit du Titan d’Acadie-Bathurst de 2017-2018 composé d’Olivier Galipeau, Noah Dobson et Adam Holwell. C’est facile de se le rappeler, ils ont remporté la Coupe Memorial.

Si le brio des trois défenseurs de 17 ans des Sea Dogs ne rapportera pas grand-chose cette saison, il ne fait aucun doute que ce Big Three risque de faire peur dès la saison prochaine.