Colère syndicale

La colère syndicale gronde au Nouveau-Brunswick après deux semaines très chargées sur le plan législatif à Fredericton. Le gouvernement du premier ministre Blaine Higgs a déposé n’ont pas un, mais deux projets de loi qui donnent des sueurs froides aux syndicats.

En quelques jours, les progressistes-conservateurs ont réussi à se mettre à dos les policiers, les pompiers et les infirmières, en plus des travailleurs des foyers de soins qui ne les portaient déjà vraiment pas dans leur coeur.

Le noeud du problème se trouve dans les conditions de l’arbitrage exécutoire pour ces groupes qui ont peu ou pas la possibilité de faire la grève. Le gouvernement insiste pour inclure dans le calcul des arbitres la capacité de payer de l’employeur, c’est-à-dire, des contribuables, ce que les syndiqués dénoncent comme une sombre manoeuvre pour les empêcher d’obtenir des salaires et des conditions de travail dignes de ce nom.

La situation ne semble pas sur le point de s’améliorer. Selon la Fédération des travailleurs et des travailleuses, une trentaine de conventions collectives sont en négociation ou sont sur le point de l’être dans le secteur public provincial. Par je ne sais quel tour de magie, le précédent gouvernement libéral avait réussi à convaincre ces groupes d’accepter des hausses salariales de 1% par année à répétition. Quatre ans plus tard, les travailleurs en ont assez des miettes.

Le cas du personnel des foyers de soins, des infirmières, des policiers et des pompiers risquent fort de se retrouver devant les tribunaux si le gouvernement réussit à faire adopter ces projets de loi. Pour les autres, c’est probablement la cour de l’opinion publique qui finira par trancher si Fredericton maintient le cap.

Le Nouveau-Brunswick n’a pas vécu de véritable conflit de travail dans le secteur public depuis belle lurette. L’appétit des citoyens pour ce genre d’hostilité pourrait toutefois s’avérer très limité. Blaine Higgs devra alors espérer que leur mécontentement sera dirigé vers les travailleurs et non vers son gouvernement.