Pistolets jouets: une mauvaise idée de cadeau de Noël!

À l’approche du temps des Fêtes, de nombreux parents n’ont qu’une idée en tête: faire plaisir à leur(s) enfant(s). Mais ce souhait bien correct n’empêche pas de gâter sa famille de façon sécuritaire. Pour y arriver, évitez de tomber dans les pièges des armes à feu… factices bien sûr. Dans un film d’action regardé par un adulte disons que ça passe, mais entre les mains de nos plus jeunes, cela n’est pas sans risque.

C’est ce que révèle malheureusement une étude récente sur le danger des pistolets jouets.

Publiés dans la revue scientifique américaine Pediatrics, ces travaux informent qu’entre 1990 et 2016 pas moins de 364 133 enfants âgés de moins de 18 ans ont été pris en charge dans un service d’urgence américain à la suite d’une blessure causée par une arme factice. En moyenne, cela correspond à 13 486 enfants américains touchés chaque année par ces accidents. Bref, il ne s’agit pas de faits isolés et rarissimes. Bien au contraire.

Bonne nouvelle toutefois, durant ces quasi trois décennies, le nombre de ces blessures a sérieusement chuté. Et on espère que cette chronique aura le même effet en Acadie. Pour cibler le danger, lisez attentivement les lignes qui suivent et voyez si le portrait correspond à votre enfant.

La plupart de ces blessures ont été enregistrées sur des enfants âgés de 6 à 12 ans (47,4%  des cas), suivis de près par la classe d’âge des 13-17 ans (40% des cas).
Côté sexe, les garçons représentent presque 90% des blessés! Sur ce sujet, il y aurait aussi beaucoup à dire s’agissant des stéréotypes véhiculés par la société. Très tôt, ils incitent  les futurs hommes à être friands d’armes à feu. Grâce à ces travaux, on mesure donc l’ampleur de la tâche qu’il nous reste à accomplir pour déconstruire les travers sexistes dictés par la «norme». Mais c’est un autre débat…

Concernant les armes utilisées, les pistolets à air comprimé, souvent appelés «pistolets à bille», sont les plus incriminés dans ces accidents.

Par ailleurs, même si ces blessures diminuent en général, certaines d’entre elles continuent d’augmenter. C’est le cas notamment des lésions oculaires, dont le nombre est en hausse significative sur la période étudiée: + 50%!

Et près d’un quart d’entre elles ont nécessité une admission à l’hôpital.

«La sévérité et l’augmentation de ces blessures est inquiétante», admet le Dr Gary Smith, principal auteur de l’étude.

«Les armes à feu sans poudre peuvent causer une invalidité grave et permanente, voire la mort», martèle ce médecin qui travaille au Nationwide Children’s Hospital (Colombus, Ohio).

Pour comprendre, celui qui est aussi Directeur du Center for Injury Research and Policy (CIRP) explique que bon nombre de ses jouets sont «plus puissants que beaucoup de gens le pensent» si bien qu’ils peuvent parfois atteindre «une vitesse initiale similaire à celle d’une arme de poing».

Heureusement, dans la plupart des cas, les blessures soignées sont des abrasions de la cornée, des hyphèmes (c’est-à-dire la présence de sang dans la chambre antérieure de l’oeil), des ruptures du globe oculaire ou des présences de corps étranger.

Pour toutes ces raisons, l’équipe de scientifiques recommande vivement le port de lunettes de protection pendant ces jeux, ainsi qu’une surveillance constante par des adultes, afin d’éviter tout dommage corporel aux enfants… voire aux adolescents.

Enfin, même si ce n’est pas dit dans cette recherche, le mieux reste encore de ne pas acheter ces armes à vos enfants. L’occasion aussi de partager un Noël zen, tranquille, sans danger autour de la table. Soyez-en sûrs, le Père Noël qui aime les enfants sages est on ne peut plus d’accord!