Qui veut danser?

Mademoiselle, voulez-vous danser,

la bastringue, la bastringue.

Mademoiselle, voulez-vous danser,

la bastringue va commencer.

Chaque fois qu’on s’approche de la période des échanges du temps des Fêtes, ça me fait immanquablement songer à cette chanson.

C’est comme ça depuis 1998, année où j’ai commencé à couvrir les activités de la LHJMQ.

En fait, c’est comme ça depuis que Léo-Guy Morrissette, qui n’avait pas son pareil pour illustrer ses propos, m’avait déclaré dans les premiers jours de décembre 1998 que ça prend toujours deux personnes pour danser. Il parlait bien sûr de transactions.

Justement, en décembre 1998, le coloré homme de hockey nous avait montré quelques pas de danse de son cru en allant d’abord chercher Roberto Luongo, Alain Charbonneau et Danny Groulx à Val-d’Or, puis un peu plus tard Mathieu Benoit, Ramzi Abid, Marc Bouchard, Jean-Sébastien Trudelle et Jérôme Dumont à Chicoutimi.

Vous connaissez la suite, le Titan a dansé jusqu’à la conquête de la coupe du Président.

Dans une douzaine de jours, quelques formations convaincues d’être à trois ou quatre joueurs près d’une participation au tournoi de la coupe Memorial se chercheront des partenaires de danse pour améliorer leurs effectifs.

D’autres, plus modérées, voudront plutôt mieux se positionner en vue de la prochaine saison. Enfin, il y a les équipes qui voudront profiter de ce marché plus généreux que de coutume pour liquider leurs vétérans de grande valeur afin d’enclencher (ou accélérer) leur reconstruction. (voir tableau)

Qui seront les véritables acheteurs? Quatre équipes sortent du lot, soit les Wildcats de Moncton, les Saguenéens de Chicoutimi, l’Océanic de Rimouski et le Phoenix de Sherbrooke.

Évidemment, elles ont toutes des besoins spécifiques. Certaines nécessités sont plus importantes que d’autres.

La seule chose qui soit certaine c’est que si ces équipes sont prêtes à danser sérieusement, elles trouveront ce qu’elles recherchent. Pour ceux et celles qui n’ont pas encore compris le concept de la danse, vous n’avez qu’à remplacer «danser sérieusement» par «à y mettre le prix».

Chez les Wildcats, par exemple, il ne fait aucun doute qu’on tentera d’ajouter du talent et du poids dans le top-9 à l’attaque. Jeremy McKenna, Mika Cyr, Alexander Khovanov et Jakob Pelletier ont des bonnes mains, mais aucun adversaire n’aura un torticolis en les regardant de face.

C’est la même chose défensive, où le top-4 gagnerait à être amélioré et grossis. Si on parvient à mieux encadrer Jordan Spence et Axel Andersson, les Wildcats seront en voiture.

À savoir si les Chats Sauvages ont les outils pour combler leurs besoins, la réponse est oui. Ils ont encore deux choix de premier tour et trois sélections de deuxième tour d’ici 2022, ainsi que le choix de 2e ronde de 2020 des Islanders), Zachary L’Heureux, Elliot Desnoyers et Julien Hébert.

Et si jamais les Wildcats décident d’y aller vraiment pour le tout, ils ont aussi l’option de sacrifier Jakob Pelletier ou Jordan Spence en juin (ou décembre) prochain pour s’assurer d’avoir la priorité sur la crème de la crème. Le Titan l’a bien fait avec Noah Dobson il n’y a pas si longtemps.

Les joueurs à prioriser: Benoit-Olivier Groulx, Raphaël Lavoie, Shawn Elément, Jérôme Gravel, Darick Louis-Jean, Leon Denny, Jared McIsaac et Samuel Bolduc.

Dans le camp de l’Océanic, un défenseur top-4 est une priorité, ainsi que trois attaquants top-9. On ne se comptera pas de menteries, après le premier trio composé d’Alexis Lafrenière, Cédric Paré et Dmitri Zavgorodniy, ça manque de vécu à Rimouski.

En défensive, le jeune quart-arrière Isaac Belliveau gagnerait à être entouré par des vétérans de plus grande envergure.

Heureusement, encore plus que les Wildcats, l’Océanic a ce qu’il faut pour se payer les meilleures danses. Non seulement Serge Beausoleil a-t-il deux choix de premier tour et six sélections de deuxième ronde pour les trois prochains encans, mais il a aussi des jeunes talents de grande qualité en Cole Cormier et Alexis Brisson, pour ne nommer que ces deux-là.

Les joueurs à prioriser: Samuel Bolduc, Darien Kielb, Shawn Elément, Benoit-Olivier Groulx et Gabriel Fortier.

Du côté des Saguenéens, il ne fait aucun doute qu’on voudra ajouter un marqueur ainsi que deux ou trois défenseurs de premier plan.

Yannick Jean est béni des Dieux, il est le mieux équipé des quatre puissances de la LHJMQ pour marchander. Imaginez, il possède cinq choix de première ronde d’ici 2022, de même que quatre sélections de deuxième tour. C’est sans oublier qu’il peut sacrifier en juin un joueur tel que Justin Ducharme, lui qui sera certainement l’un des bons marqueurs de 20 ans la saison prochaine.

Les joueurs à prioriser: Raphaël Lavoie, Benoit-Olivier Groulx, Anderson MacDonald, Tyler Hinam, Nicolas Guay, Charles-Antoine Roy, Justin Bergeron, Jérôme Gravel, Leon Denny et Samuel Bolduc.

Enfin, en ce qui concerne le Phoenix, un quart-arrière et un défenseur robuste à l’arrière, de même qu’un fabriquant de jeu et un gros ailier capable de marquer des buts sont à mon humble avis les principaux besoins de l’équipe.

À l’instar des trois autres puissances, ils ont quoi danser avec trois choix de première ronde et deux autres de deuxième tour d’ici 2022. Ajoutez à cela un bonhomme comme Benjamin Corbeil comme compensation en juin. Corbeil sera l’un des bons joueurs de 20 ans la saison prochaine dans la LHJMQ.

Les joueurs à prioriser: Jared McIsaac, David Noël, Leon Denny, Darick Louis-Jean, Luke Henman, Benoit-Olivier Groulx, Egor Sokolov, Nikita Alexandrov et Nicolas Guay.

Liste des principaux joueurs qui devraient se retrouver sur le marché à compter du 15 décembre:

Défenseurs de 19 ans: Xavier Bouchard (Baie-Comeau), Samuel Bolduc (Blainville-Boisbriand), Xavier Bernard (Charlottetown), Darick Louis-Jean (Gatineau), Jared McIsaac (Halifax), Justin Bergeron (Rouyn-Noranda) et Leon Denny (Shawinigan).

Défenseurs de 20 ans: Yan Aucoin (Acadie-Bathurst), Mathieu Charlebois (Drummondville), Darien Kielb (Québec), David Noël (Val-d’Or) et Jérôme Gravel (Victoriaville).

Attaquants de 19 ans: Shawn Elément (Acadie-Bathurst), Anderson MacDonald (Acadie-Bathurst), Gabriel Fortier (Baie-Comeau), Luke Henman (Blainville-Boisbriand), Egor Sokolov (Cap-Breton), Nikita Alexandrov (Charlottetown), Benoit-Olivier Groulx (Halifax), Raphaël Lavoie (Halifax) et Félix Paré (Victoriaville).

Attaquants de 20 ans: Charles-Antoine Roy (Gatineau), Maxim Trépanier (Halifax), Félix Bibeau (Québec), Tyler Hinam (Rouyn-Noranda), Louis-Philip Côté (Rouyn-Noranda), Vincent Marleau (Rouyn-Noranda), Nicolas Guay (Saint-Jean) et Nicholas Deakin-Poot (Saint-Jean).

Élément en forte demande

J’ai demandé à Sylvain Couturier cette semaine qui était le joueur le plus en demande parmi les siens en vue de la période des transactions. Sans surprise, le d.g. du Titan m’a fait savoir que l’agressif capitaine Shawn Elément revenait souvent dans les conversations.

«Shawn a la qualité d’être tout seul dans le genre de joueur qu’il est. Benoit-Olivier Groulx et Raphaël Lavoie sont deux excellents attaquants, mais ils n’apportent pas la même chose que Shawn. Notre capitaine est différent. Nous n’avons cependant pas encore reçu une offre concrète. Tout ce que je peux te dire que nous ne le donnerons pas.»

Je peux me tromper, mais à écouter Sylvain Couturier, je ne serais pas surpris que la demande du Titan pour son capitaine soit deux jeunes espoirs. À titre d’exemple, un club comme l’Océanic devra vraisemblablement inclure Cole Cormier et Alexis Brisson s’il veut mettre la main sur Elément qui, faut-il le rappeler, sera de retour comme joueur de 20 ans la saison prochaine.

Étonnamment, Couturier dit n’avoir reçu aucune demande encore concernant Anderson MacDonald. Le défenseur Yan Aucoin et l’attaquant Liam Leonard sont deux autres joueurs qui pourraient intéresser certains clubs de premier plan en quête de profondeur.

John Torchetti de retour

Le directeur des opérations hockey et entraîneur-chef des Wildcats de Moncton John Torchetti est de retour dans l’entourage de l’équipe.

Torchetti sera d’ailleurs derrière le banc de son club, jeudi soir, face aux Tigres de Victoriaville au Colisée Desjardins.

Rappelons que Torchetti avait obtenu un congé autorisé et qu’il a raté le match de dimanche contre les Eagles du Cap-Breton. Une dispute entre le pilote et le propriétaire du club Robert Irving serait semble-t-il à l’origine de l’absence de Torchetti.

Parlant des Wildcats, Jakob Pelletier n’a plus besoin que de deux points pour atteindre le cap des 200 en carrière.

Il deviendrait ainsi le 10e joueur de l’organisation à atteindre ce plateau après Conor Garland (328), Steve Bernier (313), Simon Laliberté (284), Sébastien Roger (271), Alex Saulnier (268), Allain Saulnier (250), Jeremy McKenna (227), Ivan Barbashev (225) et Marek Hrivik (204).

Isaac Belliveau écrit l’histoire

Dans toute l’histoire de la LHJMQ, seulement trois défenseurs recrues sont parvenus à terminer dans le top-3 des meilleurs pointeurs à cette position.

Steve Johnson, des Ducs de Trois-Rivières, a été le premier à réaliser l’exploit en 1969-1970 avec une récolte 46 points en 55 rencontres.

Philippe Boucher, avec les Bisons de Granby, y est également arrivé en amassant 67 points en 69 parties en 1990-1991.

Enfin, en 2008-2009, Dmitry Kulikov a réussi 62 points en 57 duels dans l’uniforme des Voltigeurs de Drummondville.

Johnson, Boucher et Kulikov ont tous en commun d’avoir terminé au troisième rang des meilleurs pointeurs parmi les arrières lors de leurs saison respective.

Ce qui m’amène à vous parler du jeudi surdoué Isaac Belliveau de l’Océanic de Rimouski.

Belliveau domine non seulement la colonne des pointeurs avec 31 points en 28 parties, mais il n’a de plus célébré ses 17 ans que mardi de la semaine dernière. Ce qui veut dire qu’il ne sera éligible qu’au repêchage de 2021 de la LNH.