Un monde coupé en deux

La rencontre de l’OTAN en Grande-Bretagne, cette semaine, valait le détour. Surtout quand le clown de la Maison-Blanche s’est fait remonter les bretelles publiquement par le président français Emmanuel Macron ou quand les divers chefs d’État se sont mis à en rire en douce. La réplique de Trump? Que le premier ministre Trudeau était un être à deux faces. Voilà bien la poêle qui se moque du chaudron, lui qui dit tout et son contraire à longueur de journée! Mais cette déclaration m’a fait réaliser que dans notre triste monde, tout, en ce moment et plus que jamais, a deux faces.

Il y a, depuis peu, deux réalités: les faits et la réalité alternative. Armés des deux, on peut à la fois poursuivre un président pour corruption et dire qu’il n’a rien fait de mal; ou bien prouver que seule la vaccination peut éviter les maladies infectieuses, tout en maintenant que les vaccins sont plus dangereux que bénéfiques. On peut même constater que le climat de la Terre se dégrade tout en maintenant qu’il ne s’y passe rien de grave.

Il y a aussi deux poids et deux mesures: pour les riches et les pauvres, les ultra-riches et les ultra-pauvres surtout! Pour ceux et celles qui vivent sur les rues de nos villes, pour les femmes et les hommes qui les battent, les agressent, les violent, les rabaissent. Pour les pays en paix et ceux en guerre, pour les démocraties et les autocraties.

Et, bien sûr, il y a les deux côtés de la proverbiale médaille: pour chaque problème qu’on aimerait régler, il y a celui qu’on risque de créer. La lutte au changement climatique en est un exemple tristement parfait : pour tenter d’enrayer ce fléau que nous avons créé, quels emplois, économies et vies faudra-t-il sacrifier?

Vous me direz que cette envolée philosophique n’a ni queue ni tête et que cette opposition de toute chose a toujours existé! Sans doute, mais cette fois, notre humanité est face à un mur qui sépare deux temps. Dans le premier, tout reste encore possible: un meilleur partage des richesses et de la responsabilité de la survie de notre espèce, une meilleure concertation et entente entre les peuples. Dans l’autre il sera trop tard. Pour tout.