L’héritage de Brian Gallant

Voilà un peu plus d’un an que Brian Gallant n’est plus à la tête de la province; une occasion pas plus mauvaise qu’une autre pour s’interroger sur ce que retiendra l’histoire au sujet du 33e premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Tout d’abord, on se souviendra de M. Gallant comme du premier ministre le plus progressiste qu’ait connu le Nouveau-Brunswick depuis de nombreuses décennies.

Ses programmes de scolarité et de garderie gratuite ou à moindre coût ont été une véritable extension du filet social comme on en voit peu de nos jours. Ces mesures ont d’ailleurs été tellement populaires que les progressistes-conservateurs n’ont pas osé y mettre fin complètement, se contentant plutôt d’éliminer la scolarité gratuite.

Ouvertement féministe, Brian Gallant a aussi mis fin à la règle dite «des deux médecins» en matière d’avortement chirurgical en plus de rendre la pilule abortive accessible sans frais malgré la présence d’élus pro-vie au sein de son caucus et de son cabinet.

M. Gallant passera probablement aussi à l’histoire comme un premier ministre dépensier. Après avoir fait campagne en 2014 en promettant de ne pas équilibrer le budget, les libéraux ont renoué brièvement malgré eux avec l’équilibre budgétaire durant la dernière année de leur mandat avant de s’engager à retomber en déficit s’ils étaient réélus.

Malgré son progressisme, on se souviendra également de M. Gallant pour sa propension néolibérale à faire plus de place au privé en santé. Pensons ici à la privatisation de la gestion de l’Extra-mural et à la construction de foyers de soins en partenariat public-privé.

Finalement, Brian Gallant aura été un premier ministre acadien déterminé à fuir la question du bilinguisme pour éviter à tout prix de se mettre à dos une majorité anglophone déjà sur la défensive. Le tout aura fini par lui exploser au visage et à celui de ses concitoyens francophones avec le retour d’un parti antibilinguisme à l’Assemblée législative. Pour ça, M. Gallant a au moins fait un mea culpa honorable avant de quitter la vie politique.