Croire

Tous les ans, l’arrivée imminente de Noël et des fêtes de fin d’année, me jette dans une sorte de trépidation au moment d’écrire ma chronique. Le reste de l’année, j’écris avec bonheur, au gré de l’actualité et de mes envies, mais dans les premières semaines de décembre, je me questionne: Quoi dire? Comment le dire?

Le moment est aux réjouissances, au bonheur, à la joie, à la famille et à l’amour mais, on le sait, la guerre, le désaccord, la tristesse et la grosse méchanceté se disputent la place. Le moment est propice à une réflexion sur l’année qui s’achève alors que collectivement nous semblons nous embourber, de plus en plus, dans nos problèmes.

Alors que vous dire? Que vous souhaiter, fidèles lectrices et lecteurs? De quoi parler, sans avoir l’air de travailler pour une compagnie de cartes de vœux jetant à tout-va poudre aux yeux et messages vides de sens? Ou alors, sans passer pour une Mère Fouettard, une moralisatrice ou une «Casseuse de veillée»? C’est tout un dilemme, croyez-moi!

Ces derniers jours, j’ai des enfants en visite à la maison et tous les soirs je leur raconte des histoires de Noël. Leurs yeux brillent d’une joie simple et du brûlant désir que le 24 décembre arrive avec le Père Noël, ses rennes et sa hotte remplie de cadeau. Aucun questionnement.

Et chaque soir, au moment de refermer le livre, je me demande, où, quand et comment, nous avons tous et toutes perdu cette capacité à croire au merveilleux, au bon et au beau? Et je m’interroge sur ce que nous pourrions accomplir, collectivement, si nous décidions de croire: de croire qu’on peut s’attaquer à l’état de la planète et trouver une saine manière de vivre ensemble, de croire qu’on peut s’attaquer à l’injustice sociale et à réduire les inégalités, de croire qu’on peut efficacement combattre la méchanceté, la laideur et la haine. Pour ne nommer que ces quelques défis qui, parfois, me privent de sommeil.

Alors en ce moment de vœux, je nous souhaite de vaincre le défaitisme ambiant, de croire au succès face aux tâches qui nous attendent et de trouver une façon de travailler, ensemble, pour le bien de tous.