Jumanji – The Next Level: déjà des signes d’essoufflement

La formule Jumanji commence déjà à montrer des signes d’essoufflement. Si, il y a deux ans, le remake du film original était une intéressante combinaison d’humour, d’action et d’émotions, sa suite (en salle depuis jeudi) manque énormément d’audace et d’originalité.

On ne change pas une recette gagnante, dit-on. On comprend donc qu’après que Jumanji: Welcome to the Jungle ait réalisé des recettes planétaires de près de 1 milliard $ en 2017, le réalisateur Jake Kasdan n’ait pas souhaité trop brasser la sauce pour la suite.

Le concept de base reste le même: les participants, transformés en avatar, doivent compléter toutes les missions d’un très réel jeu vidéo intitulé Jumanji sous peine d’en mourir.

Cette fois, Martha, Bethany et Fridge sont forcés de retourner dans le jeu après que Spencer (Alex Wolff) ait décidé de s’y aventurer seul.

Dans ce qui constitue à peu près la seule innovation du film, se joignent à eux deux aînés marabouts (Danny DeVito et Danny Glover).

Question de brasser un peu les cartes, les joueurs et les avatars sont encore plus mal assortis que dans le film précédent. C’est ainsi que, pour un, DeVito se retrouve dans le corps du beaucoup plus imposant Dwayne The Rock Johnson.

Comme dans le premier film, la petite bande doit se lancer sur la trace d’un sinistre personnage et de sa horde de barbares qui ont volé une pierre précieuse dotée de pouvoirs magiques.

Et c’est à ce moment que le film devient pratiquement identique à son prédécesseur. Les périls sont différents (des autruches affamées et des singes colériques, notamment), mais les enjeux sont exactement les mêmes (sauver Jumanji alors que chaque joueur n’a qu’une seule vie en réserve), tout comme la bataille finale.

Vous devinerez que l’ensemble devient extraordinairement prévisible. Un péché à moitié pardonné dans une suite destinée à un jeune public, mais il est difficile d’être aussi magnanime au sujet des nombreuses longueurs.

Pendant les deux heures du film, les joueurs ne font face à des dangers qu’à trois ou quatre reprises. Le reste du temps, on a droit à de très clichés dialogues qui ne font que ralentir, pour ne pas dire freiner, le rythme.

Sérieusement, personne ne va voir The Rock au cinéma pour l’entendre discourir encore et encore sur une vieille chicane qui l’a éloigné de son meilleur ami depuis 15 ans… C’est à la limite du supportable.

En fait, on ne voit pratiquement pas l’ancien lutteur en action. Un fait qui encapsule parfaitement ce qu’est Jumanji: The Next Level: une incroyable occasion ratée.

Humour

Malgré ses nombreux défauts, l’oeuvre de Kasdan n’est heureusement pas dénuée d’humour.

Comme dans le premier film, les gags reposent principalement sur les différences entre les joueurs et leurs avatars.

Le gros de l’humour tourne évidemment autour de The Rock. Contrôlé par un adolescent insécure dans le premier film, le culturiste est cette fois dirigé par un vieillard.

On sourit donc assez souvent de voir cette icône de la virilité se déplacer et parler comme un homme âgé de 75 ans totalement dépassé par les événements.

Malheureusement, les meilleures blagues étaient dans la bande-annonce du film et les talents de comédien de The Rock finissent par atteindre leur limite au bout d’une trentaine de minutes.

Très solide dans le premier film (alors qu’il était l’avatar d’une adolescente superficielle), Jack Black n’est plus aussi drôle, tout comme Kevin Hart – dont le seul trait d’humour consiste à parler très lentement.

Lors de la projection de jeudi soir à Caraquet, j’ai d’ailleurs remarqué que les éclats de rire étaient très très rares dans la salle, surtout dans l’assommante et beaucoup trop verbeuse deuxième heure.

Évolution

La grande force du film précédent, c’est qu’en plus d’être un très bon divertissement, il s’agissait d’une histoire d’une belle humanité.

Tout au long du film, quatre adolescents qui n’avaient absolument rien en commun apprenaient à voir outre leur apparence physique pour finalement accepter de travailler ensemble. À la fin de l’aventure, chacun des jeunes avait évolué et grandi en raison des périls qu’il venait d’affronter.

Il y avait là-dedans une intéressante leçon sur la nécessité de voir plus loin que la simple apparence d’une personne.

On n’a malheureusement rien de tout ça dans le nouveau Jumanji. La seule évolution perceptible est celle – extrêmement prévisible – des deux vieillards qui, en cours de route, finissent par se réconcilier.

La conclusion, assez touchante, nous rappelle toutefois que le jeu est un moyen universel pour rapprocher les gens, peu importe leur âge, leur sexe ou leurs différences.

Une bien faible consolation, j’en conviens, après avoir passé deux heures à en attendre davantage d’un film dont l’humour et l’action sont loin d’être à la hauteur de l’épisode précédent…

 

FICHE TECHNIQUE

En bref: Martha, Betany et Fridge sont forcés de replonger dans Jumanji afin d’aller sauver leur ami Spencer.

Appréciation: Cette suite est inférieure à tous points de vue à son prédecesseur, que ce soit au niveau de l’intelligence, de l’humour ou de l’action.

Version française: Jumanji: Le prochain niveau
Genre: Film d’action
Réalisateur: Jake Kasdan
Scénario: Collectif
Avec: Dwayne Johnson et Karen Gillan
Durée: 123 minutes
Budget: 125 millions $US
Une production des studios: Columbia Pictures

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 2
Qualités visuelles: 4
Jeu des comédiens: 3
Originalité: 2
Divertissement: 3
TOTAL: 14 sur 25 (trois étoiles)