L’angoisse de Kris Austin

Le chef de l’Alliance des gens donne l’impression ces jours-ci d’en avoir un peu marre d’être le partenaire junior d’une coalition informelle avec le Parti progressiste-conservateur.

L’impatience de Kris Austin est notamment visible dans ses interventions plus virulentes qu’à l’habitude durant la période de questions à l’Assemblée législative. M. Austin s’en est pris entre autres cette semaine au vice-premier ministre Robert Gauvin qui reçoit selon lui un traitement de faveur puisqu’il est le seul député progressiste- conservateur au nord de Miramichi.

«À moins que nous déménagions tous à Shippagan pour utiliser le pont que le député de là-bas a besoin qu’on répare, je suppose qu’on n’a pas de chance», a-t-il décrié après la publication mardi d’un budget en capital sans aucun détail à l’exception de celui-là.

Kris Austin a aussi menacé cette semaine de retirer son soutien au gouvernement minoritaire de Blaine Higgs si celui-ci ne faisait pas des progrès substantiels dans le dossier de la reclassification des travailleurs paramédicaux avant Noël.

Il faut dire que le chef de l’Alliance a une bonne raison d’être de mauvaise humeur. Selon un coup de sondage de la firme Narrative Research, sa popularité est au plus bas en un an à seulement 3%, derrière le NPD qui n’a pas de chef permanent et qui n’a pas réussi à faire élire de député depuis 2003.

Heureusement pour M. Higgs, l’angoisse de Kris Austin n’est pas encore assez profonde pour l’inciter à jouer véritablement le trouble-fête. À en croire le premier ministre lui-même, l’Alliance s’apprête à sauver le gouvernement en votant pour le projet de loi sur les services essentiels dans les foyers de soins en échange d’un amendement mineur qui ne change rien aux éléments les plus controversés de la législation.

Il est vrai que l’Alliance semble avoir convaincu le gouvernement d’aller de l’avant avec la reclassification des paramédicaux. Ceux-ci devraient toutefois se croiser les doigts et espérer qu’ils ne se feront pas imposer à leur tour l’arbitrage exécutoire avec conditions le moment venu.