Le meilleur et le pire

De nos jours, on n’a pas loin à aller pour voir le pire de la nature humaine dans toute son horreur. Il suffit d’ouvrir la télé et de suivre pendant quelques minutes les discours de Trump durant un de ses épouvantables rallyes.

Au Michigan, il y a quelques jours, on a touché le fond au niveau méchanceté, petitesse et flagrante cruauté de la part d’un chef d’État. Plus affligeant encore, étaient les hommes, femmes et jeunes, placés en arrière-plan, qui se réjouissaient des attaques de leur « leader suprême » en ricanant sur commande. Dieu sait que j’ai les mots faciles d’habitude, mais là… on reste bouche bée!

Fort heureusement, il y des nouvelles qui réchauffent le cœur et qui laissent croire qu’il y a encore une chance pour l’humanité: ainsi, j’ai repris espoir en apprenant que Claudette Bradshaw se mettait au service de la Maison Nazareth à Moncton. Dieu sait que l’établissement en a besoin! Mais Claudette, elle, se remettant à peine d’un AVC, pourquoi remonter de nouveau sur les barricades à la défense des plus démunis?

Parce que. Parce que son impératif, à elle, c’est de protéger «d’abord le plus souffrant», comme disait l’abbé Pierre. Là où les impulsions des uns les mènent au rejet de l’autre, à la discrimination, Claudette Bradshaw s’est dit «si je peux aider, je vais y aller». Tout simplement. Parce que si elle pouvait aider, elle le devait.

C’est une leçon pour la saison des fêtes que ce devoir d’agir quand on peut, sans réfléchir, sans se demander ce qu’on pourra y gagner ou y perdre, sans penser aux remerciements, aux honneurs qu’on pourrait peut-être en tirer.

Est-ce à dire que l’ADN de Claudette Bradshaw est différent des partisans républicains du clown de la Maison-Blanche? Sans doute, mais c’est surtout qu’elle a nourri tout au long de sa vie une réflexion sur les injustices sociales, qu’elle a ouvert son esprit aux complexités du monde et qu’elle a vite compris que chacun avait à faire sa part pour que l’Humanité avance.

Alors, en cette veille de Noël, je choisis Claudette Bradshaw comme personnalité acadienne de l’année. Pour son courage tranquille et sans éclats et pour l’exemple qu’elle nous donne. Merci!