Star Wars – The Rise of Skywalker: une conclusion explosive!

Mettez de côté l’avalanche de critiques négatives qui accompagnent, depuis mardi, le lancement du neuvième – et dernier – chapitre de la saga Star Wars, The Rise of Skywalker. Si vous êtes un des nombreux fanatiques de la franchise, cette touchante conclusion devrait vous satisfaire.

La façon de tourner un film de Star Wars a bien changé depuis 1977, quand un jeune cinéaste du nom de George Lucas a pris le monde par surprise en lançant un film de science-fiction indépendant qui est depuis devenu un des plus grands, sinon le plus grand, phénomène culturel de l’histoire de l’humanité.

Lucas avait alors travaillé dans l’anonymat le plus complet, loin des tentatives de contrôle des géants de l’industrie. Pour donner vie à l’histoire qu’il avait en tête, il avait dû créer sa propre firme d’effets spéciaux et puiser à même ses économies pour compléter le tournage.

À quelques jours du lancement, plusieurs artisans de Star Wars (depuis rebaptisé Episode IV: A New Hope) étaient convaincus que le film serait un cuisant échec critique et commercial.

Quarante-deux ans plus tard, c’est dans des conditions totalement différentes que le réalisateur J.J. Abrams a dû manoeuvrer pour mettre The Rise of Skywalker au monde.

Les droits de Star Wars appartiennent maintenant à la plus grande industrie de divertissement de la planète, Disney – qui ne se gêne vraiment pas pour imposer sa vision artistique et ses ambitieux objectifs financiers.

La saga est aussi un véritable trésor du patrimoine culturel mondial, qui a charmé trois générations d’enfants. Chacun des millions d’amateurs de Star Wars souhaitent que ce bijou soit préservé et n’hésitent pas à utiliser internet et les médias sociaux pour crier haut et fort ce qui doit être fait, ou non, pour que chaque nouveau film soit un succès.

Dire que les attentes étaient élevées envers J.J. Abrams tient donc de l’euphémisme.

Que les véritables admirateurs de la franchise, ceux qui sont encore capables d’écouter leur coeur d’enfant et qui comprennent que Star Wars est et demeurera pour toujours le théâtre du combat entre le Bien et le Mal, se rassurent: The Rise of Skywalker est une conclusion réussie et un tout aussi solide divertissement.

Un combat inégal

Environ un an après les événements de The Last Jedi (2017), les forces de la Résistance demeurent extrêmement réduites.

De son côté, le Premier Ordre est en contrôle et, grâce à un cadeau inespéré d’un sinistre personnage, s’apprête à lancer l’assaut ultime sur les planètes qui refusent de reconnaître son autorité.

Leia (Carrie Fisher), Rey (Daisy Ridley), Chewbacca, Poe (Oscar Isaac), Finn (John Boyega) et les autres n’ont donc que quelques heures pour empêcher que la galaxie se retrouve sous la botte du tyran Kylo Ren (Adam Driver).

Un hommage

À l’image de The Force Awakens (2015), également tourné par Abrams, ce neuvième épisode s’appuie largement sur la nostalgie et multiplie les petites surprises qui rappellent aux plus vieux de doux souvenirs d’enfance.

De nombreux critiques ont noté cette semaine que le nouveau Star Wars manquait énormément d’imagination. Permettez-moi de préciser que ce n’est qu’en partie vrai.

Plusieurs scènes de Rise of the Skywalker semblent en effet tout droit tirées d’un des huit épisodes précédents. On retrouve, par exemple, le désert de A New Hope, la séance de formation d’un Jedi de The Empire Strikes Back, le combat de sabres laser devant un trône de The Return of the Jedi et l’inévitable bataille aérienne qui est devenue la marque de commerce de la franchise.

En fait, pratiquement toutes les scènes du film semblent être un clin d’oeil ou un hommage à un des films précédents. On pourrait donc, en effet, accuser Abrams de manquer d’imagination.

La vérité, c’est qu’il a assurément fallu beaucoup de recherche, de réflexion et de remue-méninge pour être en mesure de créer un film qui se tienne et qui soit la succession de petits morceaux de miroir qui reflètent les huit épisodes précédents.

Il est vrai, toutefois, qu’en lui même, ce neuvième épisode n’est pas la plus grande des réussites.

Le scénario manque souvent de subtilité, certains éléments clés sont peu ou pas expliqués et les scènes mettant en vedette le grand méchant sont surprenamment ennuyeuses.

Je me doute aussi que les spectateurs qui n’ont pas vu les deux épisodes précédents (ceux tournés sous la houlette de Disney) vont avoir énormément de difficulté à suivre l’histoire.

Par contre, mis dans son contexte, The Rise of Skywalker est une formidable réussite.

Il s’agit d’un hommage colossal à la vision de George Lucas et d’une conclusion plus que potable à un gigantesque pan de l’histoire qui transcend la culture populaire.

 

FICHE TECHNIQUE

Version française: Star Wars: L’ascension de Skywalker
Genre: Film de science-fiction
Réalisateur: J.J. Abrams
Scénario: Collectif
Avec: Carrie Fisher et Daisy Ridley
Durée: 141 minutes
Budget: estimé à 275 millions $US
Une production des studios: Lucasfilm et Bad Robot

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 3
Qualités visuelles: 5
Jeu des comédiens: 3
Originalité: 3
Divertissement: 4

Total: 18 sur 25
(Trois étoiles et demi sur cinq)