Un mélodrame inutile

Il n’y aura finalement pas d’élections à Noël au Nouveau-Brunswick ni de grève dans les foyers de soins pour le Nouvel An grâce à l’adoption du projet de loi 17 à la onzième heure, vendredi. Nous avons cependant eu droit à tout un mélodrame politique avant d’en arriver là. Ce cirque était pourtant tout à fait évitable.

L’énervement des derniers jours à l’Assemblée législative s’expliquait en partie par la nécessité d’adopter le projet de loi 17 avant le 2 janvier, date à laquelle la Loi sur les services essentiels dans les foyers de soins cessait d’être en vigueur en raison de la décision d’un tribunal. L’échéancier du 2 janvier était connu depuis le début juillet. Le premier ministre Blaine Higgs aurait donc pu rappeler les députés à Fredericton dans les semaines suivantes pour changer la loi au lieu d’attendre la reprise des travaux déjà prévue pour la fin novembre.

La nécessité d’adopter un nouveau mécanisme pour déterminer le niveau de services essentiels dans les foyers de soins en cas de grève faisait l’unanimité parmi les partis. Même en décembre, un projet de loi aurait pu être adopté rapidement et sans drame. M. Higgs a cependant insisté pour inclure dans son projet de loi des modifications très controversées à l’arbitrage exécutoire pour ajouter la capacité de payer de la province comme condition à être considérées par un arbitre.

Contrairement au vote sur budget ou sur le discours du trône, l’adoption du projet de loi 17 n’était pas automatiquement une question de confiance qui pouvait faire tomber le gouvernement. M. Higgs a néanmoins décidé de faire reposer l’avenir de son gouvernement sur cette initiative, rajoutant ainsi au risque de grève la possibilité d’une élection.

D’un point de vue politique, il est toutefois difficile d’en vouloir au premier ministre d’avoir causé toute cette incertitude puisqu’il a réussi en fin de compte à obtenir tout ce qu’il désirait, sans grève, sans élections et sans avoir à faire de compromis.