Le meilleur de l’année cinématographique

Une autre année cinématographique tire à sa fin. Le moment est donc venu de faire le bilan de ce que 2019 nous a offert de mieux.

Je tiens tout d’abord à apporter une précision importante. Plusieurs des films pressentis pour l’Oscar de l’année n’ont pas encore été présentés en Acadie.

Majoritairement lancés dans un très petit nombre de salles aux États-Unis, les Bombshell, Little Women et 1917 devraient débarquer sur nos écrans au cours des prochaines semaines. Sans compter que le suspense coréen Parasite n’a pas, à ma connaissance, été présenté dans la province.

Puisque je ne les ai pas vues, ces oeuvres – dont on dit énormément de bien – ne peuvent donc pas faire partie de ce palmarès.

Qu’à cela ne tienne! Ce classement n’en est pas moins utile s’il vous donne le goût de voir ou de revoir ne serait-ce qu’un seul de ces films.

1) Avengers: Endgame
Je suis conscient que Endgame ne remportera pas l’Oscar du meilleur film de l’année. En fait, je serais même surpris s’il se retrouvait parmi les finalistes. Mais voyez-vous, mon classement tient compte, entre autres, de l’intelligence du scénario, de la qualité des effets visuels et du niveau de divertissement. Et cette année, aucun film n’a fait mieux que le dernier volet de la saga des Avengers si on tient compte de ces trois critères. Des adieux touchants et survoltant qui sont venus mettre la touche finale à un casse-tête débuté 21 films plus tôt!

2) The Irishman

La voici peut-être l’oeuvre qui va remporter l’Oscar du meilleur film. Diffusé exclusivement sur Netflix, ce film mafieux du grand Martin Scorsese est parfois dur à suivre et tourne les coins ronds par moment. Par contre, si vous connaissez un tant soit peu l’histoire américaine des années 1960 et 1970 (la disparition de Jimmy Hoffa, la crise cubaine, la mort de Kennedy, etc.), vous allez dévorer avec grand appétit chaque minute du film. Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci y sont absolument exceptionnels. Une reconstitution historique colossale.

3) Antigone

J’ai qualifié le bébé de Sophie Deraspe de meilleur film québécois depuis Incendies (2010) et je n’ai pas changé d’avis depuis. La cinéaste a rafraîchi une tragédie grecque vieille de 2500 ans et l’a adaptée au Montréal urbain contemporain avec un doigté absolument exceptionnel. Nahéma Ricci est sublime dans le rôle d’Antigone. Sortie de nulle part, la jeune femme est bouleversante dans sa capacité d’avoir les émotions à fleur de peau pendant presque tout le film.

4) Joker

Assurément la critique sociale «grand public» la plus acerbe de l’année à Hollywood. Joker aurait pu être un autre film d’action léger vite fait bien fait et il aurait probablement satisfait les attentes financières de DC Comics. Le réalisateur Todd Phillips avait toutefois d’autres plans et il nous a offert une oeuvre intelligente qui tire à boulets rouges sur la droite américaine. Joker n’aurait toutefois pas la même portée sans la magnifique prestation de Joaquin Phoenix dans le rôle-titre. Une performance qui pourrait lui valoir un Oscar.

5) Mariage Story

À l’instar de The Irishman, seuls les abonnés à Netflix ont pu découvrir cette triste histoire magnifiquement mise en scène par le réalisateur Noah Baumbach. Le comédien Adam Driver est tellement plus que l’interprète de Kylo Ren dans la saga Star Wars et il en fait la preuve avec brio dans ce récit où deux artistes new-yorkais se retrouvent coincés (presque malgré eux) dans un divorce très acrimonieux. Scarlett Johansson y offre ce qui est possiblement la meilleure performance de sa carrière. Une engueulade d’une dizaine de minutes, tournée sans coupure, et dans laquelle les émotions alternent sans cesse de l’amour à la haine vaut l’écoute à elle seule. Un film dur, presque déprimant, mais dont la valeur artistique est presque inégalée cette année.

6) Toy Story 4

Le quatrième épisode de la franchise multimilliardaire des studios Pixar m’a grandement impressionné pour sa capacité à évoluer en fonction de son auditoire. Plusieurs enfants qui ont fait la connaissance de Woody, Buzz et leurs amis en 1995 sont aujourd’hui parents et le réalisateur John Cooley parvient à les interpeller de façon très touchante tout en restant pertinent pour la nouvelle génération. Les effets visuels frôlent évidemment la perfection. Et la voix française du jouet canadien Duke Caboom (Mike Paterson) remporte la palme du personnage qui m’a fait le plus rigoler cette année!

7) Ad Astra

Ce film de science-fiction de James Gray a davantage à voir avec la contemplation de 2001: A Space Odyssey qu’avec l’action de Star Wars. Ça ne l’empêche pas de se faufiler dans mon Top 10, d’abord pour le jeu de Brad Pitt (que je n’ai jamais vu plus naturel) et la caméra si innovatrice de Gray. Le film est long par moment et une fois le visionnement terminé, on se demande un peu quoi en retenir. L’ensemble est toutefois si artistiquement réussi qu’on ne peut qu’être impressionné.

8) Once Upon a Time in Hollywood

Pratiquement tout ce que j’ai écrit au sujet d’Ad Astra pourrait s’appliquer au petit dernier de Quentin Tarantino! Dans ce film là aussi, Pitt est très bon (dans un rôle secondaire toutefois) et l’amour que porte Tarantino au cinéma hollywoodien de la fin des années 1960 est perceptible dans chaque prise de vue. Malheureusement, on sent que le film – très long et parfois ennuyeux – est plus un prétexte qu’autre chose afin que le réalisateur exprime cet amour sur pellicule. Cela étant dit, Once Upon a Time demeure une grande oeuvre qui devrait logiquement figurer parmi les finalistes à l’Oscar du meilleur film.

9) Five Feet Apart

Le film le plus léger de mon palmarès, pas tant en raison du sujet qu’il aborde (les adolescents atteints de fibrose kystique) que la façon dont il en parle. Haley Lu Richardson et Cole Sprouse ne remporteront jamais de prix d’interprétation, mais leur complicité est une des meilleures de l’année cinématographique dans cette oeuvre qui vous fera rire et pleurer. Un hymne à l’espoir qui ne fait jamais dans le mielleux et qui est un magnifique hommage à tous les enfants qui se battent courageusement contre la maladie.

10) Mirage

J’ai presque offert la 10e place de mon palmarès à Spiderman Far From Home, mais j’ai finalement opté pour cet intelligent petit film de science-fiction espagnol diffusé uniquement sur Netflix. Un choix discutable, certes, mais il faut avoir vu Mirage pour comprendre à quel point cette oeuvre traite de façon originale du voyage dans le temps. Un très beau film, tant dans sa facture visuelle que pour sa métaphore sur l’amour.