Plus jamais pareil

En annonçant la semaine dernière que son gouvernement n’accorde plus de délais à la papetière Northern Pulp pour la construction d’un nouveau système d’épuration de ses affluents, le gouvernement de Stephen McNeil en Nouvelle-Écosse vient de poser le geste le plus courageux de tous les gouvernements au pays en 2019.

Cependant, il prive une région rurale de sa province d’au moins 500 emplois bien rémunérés et crée un vide économique dans une région déjà éprouvée par des fermetures d’aciérie au cours des dernières années.

Geste courageux où il fait passer la protection de l’environnement avant le développement économique.

Jusqu’à tout récemment, l’opinion publique n’aurait pas accepté une décision semblable et la population aurait préféré les emplois à des eaux propres et un air respirable. Par ce geste, le gouvernement néo-écossais prend une décision que le gouvernement fédéral n’a pas eu le courage de prendre devant le dilemme des Albertains qui cherchent par tous les moyens possibles d’exporter leur pétrole.

Ce courage politique est celui que nous souhaitons à nos gouvernements pour les années qui viennent. Qu’on se le tienne pour dit, des décisions difficiles devront être prises dans les années à venir et, soyons honnêtes, nos partis politiques, nos gouvernements et nous, simples citoyens, sommes loin d’être prêts à faire face à la musique.

Au Nouveau-Brunswick, faut-il se le rappeler, plus de la moitié de notre production électrique provient d’énergie fossile avec en tête de liste la centrale au charbon de Belledune, que l’on doit remplacer d’ici dix ans.

Saviez-vous qu’il ne s’est vendu que onze voitures électriques au premier trimestre de l’année 2019 au Nouveau-Brunswick contre près de 4000 au Québec pour la même période?

Les gros «quatre par quatre» sont encore les rois de cours des concessionnaires automobiles et il est très commun de voir à la marina de Caraquet ou encore à celle de Shédiac des bateaux de plaisance dépenser plus de quatre cents litres d’essence pendant une belle journée de juillet.

Les sondages confirment que malgré une sensibilisation de plus en plus grande des consommateurs envers l’environnement, nos comportements sont loin d’être conséquents avec l’urgence du problème. Pensons à la tonne de papier non recyclable utilisé pendant les fêtes, ou encore l’utilisation effrénée de lumières de Noël qui se convertit en milliers de tonnes de co2.

Nos politiciens tous partis confondus sont également très loin d’une approche réaliste et constructive. Encore la semaine dernière, les partis d’opposition n’ont pu s’entendre sur une motion condamnant l’utilisation du glyphosate, alors que l’on sait très bien que l’usage de ce produit doit disparaître de la province au plus vite. Dans ce cas-ci, même les verts n’ont pas osé demander la disparition totale du produit, évoquant seulement une interdiction sur les terres de la couronne.

En guise de conclusion, il convient de dire aux politiciens que ceux parmi eux qui réussiront à présenter aux électeurs des politiques environnementales claires et réalistes seront ceux qui nous gouverneront dans les prochaines années. Bonne et heureuse année à tous!