Question hypothétique

À quelques jours du début de la nouvelle année, j’ai décidé de me permettre une suggestion à nos politiciens qui sont sans aucun doute à la recherche de bonnes résolutions pour entamer 2020 du bon pied. Mesdames et messieurs les élus, pourquoi ne pas renoncer à l’utilisation de la fameuse excuse de la «question hypothétique» pour vous soustraire à l’obligation de rendre des comptes à vos concitoyens.

Les politiciens de différentes allégeances politiques développent tous des tours de passe-passe pour éviter de répondre franchement et clairement aux questions des journalistes. Certains de ces trucs sont parfois de bonne guerre alors que d’autres sont tout simplement exaspérants, pour ne pas dire révoltants.

La défense de la «question hypothétique», c’est l’excuse à laquelle ont recours les politiciens pour ne pas répondre à la question d’un journaliste sous prétexte que la situation à laquelle il est fait référence ne s’est pas encore produite ou pourrait ne jamais se produire. Il est ainsi très courant qu’un élu refuse de répondre à une question «parce qu’il s’agit d’une question hypothétique».

Une réponse comme celle-là, c’est nier le caractère hypothétique de la politique elle-même. Une plateforme électorale est essentiellement une liste longue de souhaits tout à fait hypothétiques. Un projet de loi n’est aussi qu’une hypothèse tant qu’il n’a pas reçu la sanction royale. Une candidature aux élections est également on ne peut plus hypothétique tant qu’on n’a pas été élu.

Lorsqu’un premier ministre ou un ministre refuse de répondre à une «question hypothétique», il refuse de dire à la population jusqu’où il est prêt à aller. Il refuse de lui dire à quoi s’attendre. Il refuse de lui donner l’occasion de participer au processus de décision.

Lorsqu’un député de l’opposition refuse de dire ce qu’il ferait s’il était à la place du gouvernement, une question tout à fait hypothétique, il se cantonne dans le rôle stérile de simple critique.