Réflexions hospitalières

Mon épouse et moi pourrions très facilement qualifier l’année qui vient de se terminer comme étant celle des hôpitaux! En tant qu’aidants naturels, nous visitons depuis le printemps dernier, sur une base presque quotidienne des membres de nos familles hospitalisés.

Premier constat, il faut reconnaître sans équivoque l’engagement de ces travailleuses et travailleurs de la santé, qui du concierge jusqu’aux médecins en passant par les infirmières et les préposées font un travail extraordinaire! Les mêmes qualificatifs doivent aussi s’appliquer aux travailleurs, travailleuses des foyers de soins.

Cependant en réfléchissant presque à voix haute en cette période des fêtes, je ne peux m’empêcher d’en arriver à la conclusion que ce système, ne fonctionne pas toujours à notre avantage. J’observe d’entrée de jeux que nos urgences sont efficaces, mais surutilisées et que des infirmières praticiennes pourraient régler une partie du problème. Le besoin pour la Péninsule acadienne de tenir ouverte trois urgences avec médecins, relève quelque part de l’impossible et tôt ou tard une grave crise nous attend.

Autre problème, c’est l’absence de médecins spécialistes, rendant parfois les diagnostics difficiles et forçant les patients à être déplacés, parfois dans la même journée de Caraquet à Tracadie à Bathurst et même jusqu’à Moncton. Pour des raisons que l’on ignore, la télémédecine semble pratiquement absente de nos institutions de santé et l’on pourrait libérer nos médecins de certaines tâches en les reléguant à d’autres professions.

Soyons réalistes; à part nous, résidents de la Péninsule acadienne, personne ne comprend vraiment la nécessité d’avoir trois hôpitaux dans un rayon de 40 km pour une population d’à peine 45 000 habitants. Foutaise, pour ceux qui prétendent que notre climat hivernal justifie toutes ces institutions. On a plus de chasse-neiges dans la Péninsule que la ville de Moncton et la fermeture des plaines n’arrive que deux ou trois fois par année.

Devant l’échec lamentable des politiciens dont je fus, pour régler ce problème, il faut maintenant reconnaître que c’est à la population d’agir. Dans la Péninsule acadienne, on est d’accord pour un hôpital régional quand on sait que ça ne se fera pas! Les hôpitaux de Tracadie et de Caraquet ont une trentaine d’années depuis la construction de la première et la rénovation de la deuxième, ce qui leur donne encore une dizaine d’années de vie utile avant qu’elles ne nécessitent des rénovations majeures ou encore un remplacement.

Je suggère que la Péninsule acadienne, se dotent immédiatement d’un groupe de travail, capable indépendamment de la politique de définir quels seront nos besoins en matière de santé dans dix ans. Ce groupe de travail aura comme mandat d’encadrer un débat serein et constructif quant à nos besoins en matière de santé, indépendamment du nombre d’hôpitaux et du lieu où elle doit être.

Avec une telle démarche, la région saura dire au gouvernement ce qu’elle veut plutôt que de se faire imposer des solutions. Au lieu de se battre pour ce que nous prétendons avoir perdue, battons-nous donc pour ce que nous avons besoin! Un système de santé ne se mesure pas par le nombre d’emplois qu’il crée.