La fête ne serait pas complète sans eux! Ils arrivent alors qu’on se préparait à refermer la porte derrière soi. Ils sont en retard, mais ils nous font du bien. Ils nous apprennent des choses. Ils bousculent nos manières de voir. Merci, Melchior, Gaspard et Balthasar, pour votre visite.

«Vous n’aviez même pas besoin d’apporter des cadeaux!»

Votre simple présence nous en apprend beaucoup sur l’Enfant. Si vous n’étiez pas venus, nous aurions pu croire qu’Il venait uniquement pour le peuple choisi. À vous aussi, des étrangers et des inconnus, la paix est annoncée. Comme elle est promise aujourd’hui à ceux qu’on considère loin, ailleurs, en situation irrégulière. C’est dans leurs yeux à eux aussi qu’Il vient allumer des étoiles.

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Les Mages, c’est ce qui arrive à la fin. Après l’essentiel. Alors qu’on range les affaires pour rentrer à la maison. Avant de reprendre la route au terme d’une belle aventure.

Voici une visite qui survient, à l’improviste, sans s’annoncer. Elle nous surprend et nous déstabilise. Pour se rendre compte à la fin que sans elle, l’aventure n’aurait pas été complète.

Les Mages sont comme ces événements qui arrivent lorsqu’on croit que tout est terminé. La visite à la fin d’une soirée. Au moment de terminer un voyage. Parfois même à la fin d’une vie.

Voici de gens qui se préparaient une retraite méritée, alors qu’un événement inattendu survient. En voici d’autres qui avaient imaginé la tranquillité pour bercer leurs derniers jours, alors que des attitudes inconnues (l’inquiétude parfois, la peur souvent), cognent à leur porte. D’autres encore qui avaient planifié au quart de tour des années sans soucis, alors que tout s’écroule autour d’eux.

De la visite impromptue. Ça arrive: dans une vie comme dans une soirée. Parfois, ça passe comme une étoile filante. Parfois, ça reste. Il faut transiger avec des réalités que nous n’avons pas choisies. Et croire que c’est possible de faire briller ce qui semble terne en apparence.

C’est ainsi que Dieu est entré en scène: dans la vie de Marie et celle du monde.

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Quand Dieu est venu faire part à Marie de son projet, Il ne l’a pas emporté dans les bras d’un ange vers un monde merveilleux. Non, c’est Lui qui est venu visiter notre monde. Notre planète à préserver. À soigner. Dans ce monde-ci, certaines réalités doivent être éclairées davantage.

«L’astre d’en haut qui vient nous visiter» (Lc 2) fait briller ce qui est souvent obscurci: la solidarité, l’amour, la compassion.
Si Noël éclaire d’une lumière nouvelle la révélation divine, l’épiphanie jette un spectre de lumière sur notre mission à développer nos talents.

«Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’en voyant vos bonnes œuvres, ils rendent gloire à votre Père» (Mt 5).
Ce qui a le plus d’éclat, c’est l’amour. Cet élan du cœur propulse vers ce qui est petit et faible autour de nous et en nous. Il y a des personnes, des réalités ou des facettes de nos vies qui sont blessées et que nous pouvons mépriser.

Au lieu de chercher à rejeter ces réalités, il faut savoir s’éprendre d’elles avec tendresse. La puissance de l’amour donne ses preuves dans la patience et le pardon qui est un moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur.

Se défaire de la rancœur, de la colère et de la vengeance est la condition pour vivre heureux.

L’amour qui se vit à fleur de peau à Noël devrait se vivre toute l’année:

– Aimer passionnément. Aimer patiemment.

– Aimer l’enfant qui a déçu, le parent qui a démissionné, l’ami confiant qui a trahi, le collègue qui a dénoncé.

– Aimer malgré tout. En dépit de tout.

– Aimer pour rire avec l’autre. Pour souffrir et tomber avec lui.

– Pour se relever avec lui et recommencer à aimer.

L’amour revient toujours. Même si certains ont déserté l’amour. Ils finissent par revenir.

Des jeunes qui souffrent de leur première peine d’amour guérissent et se remettent à rechercher leur moitié. Des gens déçus en amour qui s’étaient pourtant promis de ne plus recommencer s’engagent à nouveau. D’autres voient leur grisaille s’illuminer par l’amour d’un enfant, d’un patient, d’un pauvre.

L’amour est la plus belle étoile pour illuminer nos vies de l’intérieur.

Je la souhaite brillante au firmament de vos vies en 2020.